Les avocats de M. Amah et Abass dénoncent une « violation du droit de la défense » et promettent d’utiliser les voies judiciaires pour leur libération


 
Les avocats de l’ex-commandant de la gendarmerie nationale Olivier Poko Amah et du président du Mouvement des républicains centristes (MRC) emprisonnés lundi et mercredi, ont dénoncé jeudi après-midi, une « violation flagrante du droit de la défense », affirmant qu’ils utiliseront toutes les voies judiciaires pour la libération de leurs clients.
 
Maîtres Dodji Apévon et Djovi Gally (avocats de M.Kaboua) et Maîtres Jil-Benoît Afangbédji, Zeus Ajavon et Claude Amégan (avocats de M.Amah), étaient tour à tour face aux professionnels des médias, conférences de presse qui ont pour cadre la grande salle de réunion du Centre communautaire de Bè.
Olivier Poko Amah a été incarcéré à la prison civile de Lomé, puis transféré à Mango, selon ses avocats. Il est reproché à ce dernier d’avoir tenu des « propos ayant appelé les forces armées togolaises et les forces de l’ordre à se détourner de leurs devoirs », lors d’une interview à la radio privée légende Fm mardi dernier.
Quant à M.Kaboua arrêté mercredi, il a été emprisonné à la prison civile de Lomé, puis transféré à Notsé. Le juge reproche à ce dernier d’avoir abordé le dossier des incendies qui ont ravagé des marchés de Lomé et de Kara, sur une radio privée. M.Kaboua est inculpé dans ce dossier pour « complicité de destruction de biens publics et de groupement de malfaiteurs ». Il lui est interdit de se prononcer publiquement sur ce dossier.
Les avocats de MM.Amah et Kaboua ont tous dénoncé une « violation flagrante du droit de la défense » : « on ne peut les transférer dans ces conditions. En plus, l’avocat doit être en communication constante avec son client. Pire encore, les ordonnances n’ont pas été notifiés aux avocats, pour qu’ils puissent relever appel », a souligné Me Zeus Ajavon.
« Notre client n’a jamais enfreint au code pénal pour qu’on viole ses droits en le transférant nuitamment à Mango. Nous allons utiliser tous les moyens pour sa libération », a-t-il martelé.
« Nous avons assisté mercredi à une scène rocambolesque qui nous a prouvé que notre justice n’a plus de réserve pour montrer son inféodation au régime politique », a pour sa part affirmé Me Dodji Apévon.
« Nous avons déjà relevé appel des deux ordonnances : celle relative au mandat de dépôt de M.Kaboua et l’autre à son transfèrement », a-t-il indiqué.
« Les affaires politiques se règlent par des jugements judiciaires. La bataille judiciaire a commencé. On ira au fond du dossier pour montrer qu’il est vide », a averti Me Djovi Gally.
Rappelons que M. Amah fait partie des personnes qui ont été incarcérées dans l’affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat en avril 2009, puis relâchées après le procès. Il est le président de l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO). MM.Kaboua et Amah sont tous membres du Collectif « Sauvons le Togo », un regroupement de partis politiques de l’opposition et d’associations et organisations de défense des droits de l’Homme. FIN
En Photo : Les trois avocats d’Olivier Amah dont Me Zeus Ajavon (au milieu) lors de la conférence de presse
Nicolas KOFFIGAN / Junior AUREL
Savoir News

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