Les dictateurs africains lorgnent une reconnaissance de Washington

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« Soutenir des dirigeants sanguinaires et kleptocrates, est un acte de complicité par rapport aux tourments infligés aux citoyens » (Ayayi Togoata Apedoh-Amah)

La victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine a déchainé les passions au sein du syndicat des dictateurs africains. Paul Biya, Faure Gnassingbé, Alpha Condé, Alassane Ouattara, Ali Bongo, Denis Sassou Nguesso, Idriss Déby Itno, etc. ont fait exploser l’applaudimètre dès la victoire annoncée du Démocrate à la Maison Blanche. Tous autant qu’ils sont, ont félicité chaleureusement le président démocratiquement élu pendant qu’eux-mêmes décrètent que leur pays ne peut se passer d’eux et se donnent tous les moyens pour rester à vie au pouvoir. En rusant avec les lois de leur pays, en gommant la Constitution, en truquant les élections, en instrumentalisant les institutions, en violentant et en emprisonnant les opposants.

« Mes sincères et chaleureuses félicitations à Joe Biden et Kamala Harris portés à la tête des Etats-Unis par le peuple américain. Nous continuerons à renforcer notre coopération multiforme au bénéfice de nos deux nations », écrit le vieil homme de la Guinée, Alpha Condé. Comme s’ils se sont passé les mots, le contenu de leurs messages est pratiquement le même. 

Le contraste, ce sont ces imposteurs et usurpateurs qui célèbrent la démocratie aux Etats-Unis en pâmant d’admiration sur la victoire de Joe Biden et en lui jetant des torrents de fleurs. Le dessein inavoué de ces despotes impénitents qui tirent le continent africain vers le bas, est d’entrer dans les bonnes grâces du nouveau locataire de la Maison Blanche. Surtout que celui-ci a annoncé son intention de se démarquer de son prédécesseur dans les relations avec l’Afrique.

Selon RFI, bien que la politique extérieure de Joe Biden ne soit pas encore connue, son équipe annonce une rupture de ton et de méthode avec l’administration sortante, qui avait fini par prendre ses distances avec le continent. « Joe Biden assure vouloir restaurer les liens diplomatiques avec les institutions (telle que l’Union africaine) et les gouvernements africains. Il promet de maintenir le Yali, un programme qui fait la promotion des jeunes leaders africains », rapporte le journal. Plus affriolant, le tombeur de Donald Trump promet d’organiser un sommet de chefs d’États africains à l’instar de celui déjà fait par Barack Obama en 2014, histoire de nouer des liens concrets avec ses homologues africains. De quoi mettre de l’eau à la bouche du syndicat des dictateurs. Toutes ces manifestations de spontanéité, ces multitudes d’éloges à l’endroit de Joe Biden s’expliquent par le fait pour ces autocrates de faire bonne figure auprès de la future administration Biden et ainsi pouvoir se faire dérouler le tapis rouge à la Maison Blanche comme sous Obama et s’assurer d’une légitimité auprès de Washington, à défaut de celles de leurs peuples qui les rejettent massivement.

Une reconnaissance que ces dirigeants des « shit-hole countries » n’ont pas eue avec Donald Trump qui les a royalement snobés durant tout son mandat. Malgré tous les griefs portés contre Donald Trump, de n’avoir pas montré plus d’intérêt à l’Afrique, d’avoir tenu des déclarations irrespectueuses, restreint des visas pour des musulmans, etc. le seul fait d’avoir durant ces quatre années, malmené et tenus éloignés comme des pestiférés les dictateurs africains qui oppriment leurs peuples et s’accrochent frénétiquement au pouvoir, a été une « victoire » pour les peuples africains.

Médard AMETEPE

Source : Liberté

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