Les fonctionnaires du Togo en cessation de travail les 4 et 5 avril prochains


Après le succès de son mouvement de grève des 5 et 6 mars derniers, la Synergie de Travailleurs du Togo (STT) réunie en Assemblée générale hier à Lomé, lance à nouveau un mot d’ordre de grève de 48 heures, les 4 et 5 avril prochains. Motif : le silence qu’observe le gouvernement par rapport à la plateforme revendicative des fonctionnaires.
Ce mouvement de grève fait suite au mutisme du gouvernement sur la plateforme revendicative de la STT à lui transmise depuis le 4 février 2013. En effet, dans une correspondance, la Synergie avait attiré l’attention du Ministre du Travail et de la Fonction publique, et par son biais, l’ensemble du gouvernement sur la nécessité de l’ouverture d’un dialogue social en vue de lever les ambiguïtés relatives à l’immobilisme de la valeur indiciaire, la non révision de la grille salariale, la non harmonisation de l’âge de départ à la retraite, et le flou sur les différentes primes et indemnités de service ; autant de points sombres qui sont contenus dans le nouveau statut de la Fonction publique adopté le 20 janvier 2013.
Suite à l’échec des premières tentatives de dialogue, l’ensemble des fonctionnaires du public avait observé une grève d’avertissement les 5 et 6 mars derniers. Cette grève qui a été largement observée, a été suivie d’une assemblée générale de la STT le 13 mars 2013, rencontre au cours de laquelle la Synergie a décidé d’accorder au gouvernement un moratoire de 10 jours. Ceci pour lui permettre de se prononcer sur les problèmes soulevés et ouvrir un dialogue sincère.
Mais jusqu’à ce jour, rien n’est fait, et pis, aucune perspective ne pointe à l’horizon. Les responsables de la STT constatent avec regret et amertume la mauvaise foi du gouvernement quant à l’amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires. C’est suite à ce constat que les travailleurs, réunis en assemblée générale hier au Centre Communautaire de Tokoin, ont à l’unanimité décidé d’observer à nouveau, en signe de protestation, une cessation de travail de 48 heures les jeudi 4 et vendredi 5 avril 2013. Ils entendent ainsi exiger la satisfaction totale de chacun des 8 points de la plateforme, à savoir le doublement de la valeur indiciaire ; l’adoption de la grille salariale redressée sur le SMIG avec ajout de 10 points à l’indice d’avancement des agents publics de la catégorie B ; la restauration du payement de l’indemnité de départ à la retraite à 12 mensualités sur le budget général et l’apurement des arriérés ; le relèvement de l’allocation familiale à 10 000 FCFA par enfant ; le payement d’une indemnité mensuelle de transport de 30 000 FCFA à tous les agents publics, parapublics et privés ; le payement des arriérés d’allocations familiales aux agents permanents ; l’harmonisation de l’âge de départ à la retraite ; et l’amendement de certains articles dont la formulation prête à confusion : les articles 221 (point 2 de l’alinéa 2), 244, 246 et 252 du nouveau statut.
Tout en réaffirmant au gouvernement leur entière disponibilité à rentrer en discussion pour le retour de la paix sociale, la Synergie des Travailleurs du Togo prévient qu’en cas d’insatisfaction, cette grève sera reconduite sans préavis jusqu’à l’obtention des droits des travailleurs qui ne sont que légitimes.
Des jours sombres en perspective pour la Fonction publique si le gouvernement ne se penche pas sérieusement sur la question.
 
Pascal Sewa (Stagiaire)
liberté togo