Loïk Le Floch-Prigent : La diplomatie française «vraiment mobilisée pour faire avancer la situation au plus vite»

floch-prigent_500Loïk Le Floch-Prigent, détenu depuis quatre mois au Togo, demande à être soutenu par la France «comme n’importe quel Français» et regrette que son pays le considère comme un «présumé coupable» en raison de son passé judiciaire, dans un entretien écrit à l’AFP.
«Comment expliquer l’attitude de la France à mon égard, si ce n’est que je suis depuis le 14 septembre présumé coupable ?», estime l’ancien patron d’Elf dans des réponses, transmises par mail par sa famille, à des questions écrites de l’AFP.
«J’aimerais être, a minima, traité comme un citoyen, comme n’importe quel Français et bénéficier des droits de l’Homme signés par mon pays : présomption d’innocence, droit à la vie», ajoute t-il.
«Je demande la protection effective de mon pays, comme tout ressortissant en a le droit. Rien de plus, rien de moins», souligne M. Le Floch-Prigent.
Arrêté le 15 septembre à Abidjan puis extradé, il a été inculpé au Togo de «complicité d’escroquerie» et incarcéré, dans une enquête ouverte en mars 2011. L’ancien grand patron d’Elf, âgé de 69 ans, nie toute malversation.
Ses avocats et sa famille ont plusieurs fois demandé son évacuation sanitaire d’urgence vers la France en raison de son état de santé, appel relayé par le ministère des Affaires étrangères.
Selon ses proches, M. Le Floch-Prigent, souffre de carcinomes (une forme de cancer de la peau) à la jambe qui doivent être suivis pour éviter le développement d’un cancer généralisé.
Une source diplomatique française a assuré mercredi soir à l’AFP que le Quai d’Orsay était «totalement mobilisé depuis l’arrestation de M. Floch-Prigent» et espérait un rapatriement médical rapide de celui-ci.
«Nous réitérons notre demande pour qu’il puisse être évacué pour raisons sanitaires», a déclaré cette source, qui a jugé «plutôt encourageantes» les déclarations mardi à Paris du Premier ministre togolais, Kwesi Ahoomey-Zunu, selon lesquelles l’exécutif togolais ne serait «pas opposé» à un rapatriement médical si la justice donnait son feu vert.
«Nous sommes vraiment mobilisés pour faire avancer cette situation au plus vite», a assuré le diplomate français.
L’épouse de l’ex-grand patron d’Elf, Marlène Le Floch-Prigent, a elle aussi indiqué avoir pris acte des déclarations togolaises.
«Maintenant, nous demandons une date. Nous voulons savoir quand est-ce qu’il sort», a-t-elle déclaré mercredi soir à l’AFP en marge d’une manifestation de soutien à son mari qui a rassemblé une soixantaine de personnes près du Quai d’Orsay, où M. Ahoomey-Zunu était reçu par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.
Dans ses déclarations écrites à l’AFP, l’ancien patron d’Elf a déclaré aller «mal» et ne demander «qu’une chose, avoir la possibilité de me faire opérer, et cela depuis le 15 septembre, or cette opération ne peut avoir lieu en Afrique pour des raisons techniques, c’est-à-dire d’infrastructures».


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