Manifestations de demain et jeudi: Tikpi Atchadam : « Tout peuple debout arrive à bout de n’importe quel dictateur »


Les Togolais invités à jouer leur rôle pour la victoire

 
Les acteurs politiques de l’opposition togolaise regroupés au sein de la coalition CAP 2015-Groupe des 6-PNP-Santé du Peuple ont animé hier, une conférence de presse au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA). Cette rencontre a permis de faire le point des préparatifs pour les manifestations des 6 et 7 septembre 2017. Les responsables politiques ont assuré qu’il y a eu accord sur les itinéraires des manifestations. Pour Me Tikpi Atchadam du PNP, « on peut en finir le 6 et le 7, ce sera peut-être la fête ».
 
Selon Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, présidente de CAP 2015, une rencontre a eu lieu entre les organisateurs des manifestations et le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Payadowa Boukpessi. Cette réunion a permis aux deux parties de s’entendre sur les détails des manifestations, notamment les itinéraires tant à Lomé que dans les différents chefs-lieux de préfectures du Togo. Payadowa Boukpessi aurait également demandé aux organisateurs que les marches se déroulent seulement dans deux grandes villes des différentes régions du pays. Une proposition refusée par l’opposition qui s’est appuyée sur les textes qui lui donnent le droit de manifester dans autant de localités voulues.
 
La sortie avait fait grand bruit et continue d’ailleurs de susciter des interrogations. Il s’agit du communiqué rendu public par le ministre Boukpessi et dans lequel il exhortait les partis politiques à organiser les manifestations de préférence les weekends. A en croire Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, le sujet n’aurait pas été évoqué par le ministre. « Le gouvernement et les organisateurs se sont entendus sur les itinéraires », a fait savoir la Secrétaire générale de la CDPA et Présidente du CAP 2015.
 
Cette conférence de presse a été l’occasion pour le leader du Parti national panafricain (PNP), Me Tikpi Atchadam, de se prononcer sur cette question de l’organisation des manifestations les week-ends. Il a ainsi fait remarquer que les 19 et 20 août n’étaient pas des journées ouvrables ; pourtant il y a eu de la répression et son lot de décès.
 
Interpellé sur ses inquiétudes par rapport aux menaces dont il ferait l’objet, le président du PNP a fait savoir à l’assistance qu’il craint toujours pour sa vie, mais a tenu à être présent à la rencontre parce qu’il considère la presse comme une protection. « Je sais qu’en venant ici, j’ai été filé, mais on ne peut pas me prendre devant la presse. Nous sommes en lutte. Au Togo, on doit être courageux pour être opposant », a-t-il dit.
 
Me Tikpi Atchadam a également appelé le peuple à jouer son rôle pour assurer la victoire. « Aujourd’hui, l’unité de l’opposition s’est réalisée sous la forme d’une unité d’action. Peuple togolais, vous avez cette unité. Vous pouvez décider, demander tout ce que vous voulez et vous l’obtiendrez. Tout peuple debout arrive à bout de n’importe quel dictateur. Donc la balle est dans le camp du peuple. C’est à lui de décider ce qu’il veut les 6 et 7. Moi je pense qu’on peut en finir le 6 et le 7, ce sera peut-être la fête. La fête pour la majorité et la fête pour la minorité. Vivement que le Togo ne vive plus cette gouvernance d’orpailleurs », a-t-il dénoncé. Il a enfin rappelé qu’« en étant tous Togolais, nous n’avons pas le même droit devant la justice et ce n’est pas juste ».
 
Pour Nathanaël Olympio du Parti des Togolais, il s’agit de rendre la tâche facile au pouvoir en l’aidant, par les manifestations, à faire les réformes. « On va leur simplifier la tâche en leur demandant de revenir à la Constitution de 1992. Ils savent comment modifier une Constitution en une journée, et si cela ne se fait pas au bout de 11ans, c’est bien parce qu’il y a volonté de ne pas le faire », s’est-il indigné.
 
Dans une brève intervention, le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre a estimé qu’« une manifestation qui se déroule les jours ouvrables donne plus d’indications, une plus grande idée de la contestation. Je voudrais dire également que les arguments invoqués par le ministre pour appuyer sa réflexion ne sont pas recevables. Il parle des gens qui travaillent et vivent au jour le jour. Quand on dirige un pays pendant 50 ans, on a le devoir de gérer le pays de telle sorte que les gens puissent avoir des économies qui leur permettent de temps en temps de ne pas se préoccuper du travail d’un jour ».
 
Après la conférence de presse, les responsables politiques ont mis le cap sur la prison civile de Lomé pour rendre visite aux détenus du 19 août 2017. Malheureusement, l’accès leur a été refusé. Ce matin, ils iront à la rencontre des populations au Carrefour Déckon et dans les marchés d’Akodessewa, Nukafu, Hedzranawoé, Agoè-Assiyéyé et Adidogomé, en vue de les mobiliser pour les manifestations de demain et de mercredi.
 
Géraud A.
 
source : Liberté.