Dr. Kossi Sama (secrétaire général du PNP).


Les manifestations de samedi à Lomé et dans certaines villes du pays, se sont soldées par un « lourd bilan », selon le Parti national panafricain (PNP/opposition, qui a appelé à manifester).
 
« Le bilan est lourd: officiellement un mort. Monsieur Ziedhine Traoré, militant PNP résidant dans la ville de Bafilo, battu à mort par des militaires, des dizaines de blessés, des arrestations », dresse le PNP dans un communiqué rendu public.

« A Bafilo où la manifestation n’était pas recommandée, un regroupement de manifestants a été dispersé par les forces de l’ordre. Au cours de la dispersion, un manifestant est tombé et a été aussitôt évacué au centre hospitalier préfectoral par les forces de l’ordre où il a malheureusement succombé quelques instants plus tard », a pour sa part, relaté le ministre de la sécurité, le général Yark Damehame, dans un communiqué.

Ce dernier « déplore cet incident malheureux » et présente au nom du gouvernement, « ses condoléances les plus attristées à la famille éplorée ».

Samedi après-midi, « la résidence de Monsieur Tikpi Atchadam, Président du PNP, a été vandalisée par des militaires. Trois jeunes chargés de la sécurité à son domicile (les sieurs Moumouni Ganiou, Ali Sadikou et Kpamkpama Ilyassou) ont été enlevés et conduits vers une destination jusqu’ici inconnue », souligne le PNP, dans le communiqué signé de Dr. Kossi Sama (secrétaire général du parti).

Cette formation politique « condamne avec la dernière énergie la violation de la liberté de manifestation et autres droits de l’homme et les libertés publiques ».

Les responsables « exhortent le peuple togolais à rester vigilant et à ne pas renoncer à son objectif noble de libération du Togo du joug du régime dictatorial cinquantenaire ».

Le PNP a prévu samedi, des marches à Lomé et dans 10 villes à l’intérieur du pays. Selon le ministre de l’administration territoriale Payadowa Boukpessi, les manifestations ne se dérouleront que dans la capitale et dans deux villes : Sokodé et Afagnan.

A Lomé, deux itinéraires sont notifiés aux responsables du PNP et tout est confiné dans la zone de Togblékopé. Ce qui n’est pas du goût des responsables du PNP. Aucun rassemblement à Lomé, les points de départ étant très tôt bouclés par des forces de l’ordre. Certains ont dressé des barricades dans la zone d’Agoè, mais ils ont été dispersés aux gaz lacrymogènes.

Les forces de l’ordre ont lancé à plusieurs reprises, des gaz lacrymogènes pour disperser les jeunes. Sokodé a été également théâtre d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

« De plus, des manifestants ont perturbé le Tour cycliste du Togo, au niveau de Sokodé, en lançant des projectiles aux éléments de tête qui venaient de Kara pour se rendre à Tchamba », a souligné le ministre de la sécurité dans un communiqué.

Cette situation a poussé les organisateurs à annuler la quatrième étape courue samedi.

Pour le général Yark, les manifestations de samedi, « se sont déroulées au mépris total des recommandations faites non seulement dans les villes recommandées, mais aussi dans les localités qui n’étaient pas concernées ».

Il invite les organisateurs des manifestations » au strict respect des lois et règlements en vigueur et à faire preuve de civisme dans l’exercice des libertés publiques ».

Le PNP exige notamment « l’application » de la feuille de route de la Cédéao, notamment les réformes constitutionnelles et institutionnelles, la libération des personnes toujours en détention dans le cadre des manifestations. Selon des responsables de l’opposition, une soixantaine de personnes seraient encore dans les prisons du pays.

Précisons que le PNP fait cavalier seul, après avoir tourné dos à la coalition de l’opposition qui s’est effritée, car minée par des querelles internes et une affaire de corruption sur une somme de 30 millions de francs CFA, don d’un chef d’État de la sous-région. FIN

Junior AUREL
 
source : savoir news
 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

55 − = 45