Manipulation grossière autour d’un voyage imaginaire

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« Tout l’art du canular est de rendre vrai ce qui est faux » (Serge Zeller)

Tout le monde savait que depuis son retour au pays après son accident vasculaire cérébral (AVC) dont il traine toujours les séquelles, Ali Ben Bongo Ondimba n’est pas au mieux de sa forme. Mais comme l’Africain est de nature méchante et ne pense qu’à ses intérêts égoïstes, au lieu de permettre à Ali Bongo de prendre un repos mérité et poursuivre sa convalescence pour mieux récupérer, son entourage et les caciques au pouvoir le soumettent à des tracas liés aux charges présidentielles. Il y a l’exemple du Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly malmené comme une bête de somme  pour démontrer aux Ivoiriens qu’il se porte comme un charme alors qu’il était gravement malade. La suite, on la connaît.

L’exercice de la fonction présidentielle n’est pas de tout repos. Il est épuisant. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle dans nombre de lois fondamentales, il est exigé de tout candidat à la magistrature suprême qu’il jouisse d’un bon état de santé physique et mental. C’est une lapalissade que Ali Bongo Ondimba, après son AVC n’a plus toutes ses capacités physiques, mentales et intellectuelles pour diriger le Gabon. Il sert juste d’objet d’art, de décoration au Palais du bord de mer juste pour les intérêts et privilèges du clan et des thuriféraires, mais aussi des Etats et investisseurs étrangers.

Si au Gabon la question de la santé du président est éludée, faisant croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, en France on n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat.Bruno Fuchs, député, membre de la majorité présidentielle est formel : Ali Bongo n’est pas en capacité de présider le Gabon. C’est ce qu’il a déclaré le 8 juillet dernier à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. « Au Gabon, le chef de l’Etat n’est plus en capacité de présider son pays depuis 18 mois, en raison de son état de santé », a-t-il révélé. Même si ce n’est pas un scoop.

Ali Bongo est de fait le prototype de ces présidents malades qui nous gouvernent. Il n’est pas seul. Si son cas est connu du monde entier, les autres autocrates font feu de tout bois pour cacher leur maladie pour pouvoir conserver longtemps le pouvoir.   

Certaines sources au Gabon indiquent que Bongo fils n’est pas au pays et séjournerait à Londres pour des raisons de santé. C’est curieusement en ce moment précis que Faure Gnassingbé est annoncé au Gabon pour une non moins curieuse « visite de travail et d’amitié » en pleine pandémie de Covid-19 où tous les chefs d’Etat de par le monde sont calfeutrés chez eux. D’autant plus étonnant encore que le Togo et le Gabon ont pris des mesures exceptionnelles, l’état d’urgence sanitaire, en vue de réduire le risque de propagation de la maladie.

Malgré tout le tintamarre médiatique fait au Togo pour ce voyage qui n’en était pas un, on ne sait d’ailleurs pas à quels desseins, Faure Gnassingbé ne sortira pas de son bunker. Trop de bruit pour rien. Il est rapporté que c’est depuis le Gabon qu’on a imaginé cette visite de Faure Gnassingbé appuyée à grand renfort médiatique au Togo, histoire de faire croire que l’autre fils du père est aux commandes. Cette manipulation grossière comme on le dénonce dans certains milieux au Gabon n’a malheureusement pas pris. Au grand désarroi de ses auteurs.

Médard AMETEPE / Liberté Togo

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