Des membres de l’UNIR en mission « intimidation » / Le colonel Nadjindo Djato : « Si quelqu’un s’amuse à dire qu’il est de l’opposition, il sera écrasé »

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Le colonel Nadjindo Djato Dana en conciliabule avec Ibrahima Mémounatou


Tensions politiques à Dankpen
 
Chef canton de Kidjaboun : « Si quelqu’un s’amuse à dire qu’il est de l’opposition, il sera écrasé »
 
Les membres de l’Union pour la République (UNIR) poursuivent leur tournée d’intimidation dans les localités du nord du pays. Il y a quelques semaines, nous vous faisions état des intimidations et menaces exercées contre les représentants et militants des partis politiques de l’opposition dans le Dankpen. Mais ce ne sont pas que les militants qui sont victimes de ces actes dignes d’un autre siècle. Toute personne qui ne s’affiche pas comme étant du pouvoir est taxée d’opposant, et donc « un ennemi » par les autorités locales.
 
Pour préparer le terrain aux fraudes électorales, des tournées sont organisées dans la localité. Et déjà en août dernier, une délégation du parti UNIR conduite par le Colonel Nadjindo Djato Dana, préfet du Moyen-Mono, a encore effectué ce que les populations appellent le « second round ». Pendant une semaine, la délégation que composent Ibrahima Ango, neveu de la ministre Ibrahima Mémounatou, et Libouel Oudjatchan alias « l’homme est malin » a parcouru la localité, mais le message apporté aux populations n’a rien d’une mobilisation en vue de remporter les joutes électorales qui s’annoncent. C’est plutôt un langage d’intimidations et de menaces qui est entretenu. « Nous prendrons le pouvoir une fois de plus avec les armes et écraserons tous ceux qui vont se mettre au travers de notre route. Si vous répétez l’erreur des législatives de 2013 en ne votant pas à 100% le régime, ce sera votre fin », se plaisait à affirmer avec énergie et insistance le Colonel Nadjindo Djato Dana.
 
Lors de ses interventions, le préfet de l’Est-Mono n’a pas manqué de tenir des propos tribalistes, accusant les Konkomba de vouloir renverser les Kabyès « qui voteront leur frère Faure Gnassingbé ». Des propos qui révèlent que les messagers de l’UNIR, au lieu d’œuvrer pour des élections apaisées, sèment d’ores et déjà la méfiance entre les populations d’une même localité alors qu’elles sont appelées à vivre ensemble. « Combien êtes-vous ici à Kouka pour dire que vous n’allez pas voter pour Faure ? Les Kabyès vont voter pour leur frère et vous vous amusez à vous opposer ? », n’a-t-il pas cessé de questionner.
 
Cette délégation conduite par le Colonel Nadjindo Djato Dana et vue par le pouvoir comme une intervention de sauvetage, avait aussi un autre objectif, salir l’image de l’opposition auprès des populations. Les attaques à l’endroit des leaders de l’opposition n’ont donc pas manqué dans leurs propos. L’une de leurs cibles préférées était le président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et candidat investi du parti pour la présidentielle de 2015, Jean-Pierre Fabre, qu’ils traitent d’imposteur. Le député Targone Sambiri Nwakin n’échappe pas non plus aux attaques et tout est fait pour le discréditer aux yeux des électeurs puisqu’il a été élu dans une localité que le pouvoir a toujours considérée, à tort, comme son fief.
 
Pour un ressortissant de Dankpen qui a assisté aux tournées des « messagers de l’UNIR », les rencontres sont à l’image d’une montagne qui accouche d’une souris. Et pour cause, les objectifs assignés à cette mission qui étaient, entre autres, de conquérir l’électorat en faveur du régime n’ont pas été atteints. Pis, les propos menaçants du Colonel Nadjindo Djato Dana et ses compagnons ont été ressentis comme des injures par les populations. Les échanges se sont transformés en procès contre le pouvoir qu’elles accusent de ne jamais tenir ses promesses. « Il faut voter et si ce n’est pas fait, le président Faure sera en situation de dette envers vous », leur ont conseillé les visiteurs. Mais les populations ont vite rappelé les promesses à elles faites depuis des années par le Gnassingbé Eyadema. « Durant les années du père, ce brave peuple a toujours voté pour le parti unique, et en retour n’a connu que les brimades et l’exclusion. Faure Gnassingbé avait juré la main sur le cœur en 2010 que s’il était élu, il construirait un grand centre hospitalier pour la deuxième préfecture la plus peuplée de la région de la Kara. Mais depuis, rien. Pas même une pierre n’a été mise en terre pour le démarrage de ce projet », a rappelé un natif du milieu.
 
Il nous revient que c’est surtout à Kidjaboun, l’un des cantons de la préfecture de Dankpen que les débats ont été les plus houleux. En effet, en moins d’une semaine, ce sont deux rencontres qui ont été organisées dans cette localité. La première n’ayant pas été satisfaisante, les représentants de la Coalition Arc-En-Ciel ont été convoqués deux par village pour la deuxième. « Il faut taper fort sur ceux-là qui animent l’opposition dans les villages », s’est exclamé un cacique du système. Mais la rencontre s’est rapidement transformée en un piège d’acier qui s’est refermé sur notre petit colonel et sa bande. Il a eu droit à des interventions musclées de son auditoire qui lui a expliqué que son geste était préjudiciable à son parti.
 
Il nous revient aussi que le chef canton de Kidjaboun a convoqué les populations et a été très menaçant à leur endroit. « Si quelqu’un s’amuse à dire qu’il est de l’opposition, il sera écrasé », a-t-il affirmé. Pour l’heure, l’ambiance dans la localité serait assez tendue.
 
G.A.
 
Liberté Togo
 

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