Mettre fin au complot du pouvoir contre l’opposition


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“Lénine, au Xe Congrès du Parti en 1921, a “mis le couvercle sur l’opposition”, c’est-à-dire aboli toute liberté de critique entre communistes, toute démocratie intérieure, il a soumis le Parti à l’état de siège déjà imposé au pays” (Boris Souvarine – 1895-1984 – Le stalinisme)
 
En faisant son entrée au gouvernement suite à l’accord de mai 2010, l’Union des forces de changement (UFC) avait clairement dit qu’il s’était agi d’un partage de pouvoir avec le RPT. Dans ce sens, les amis de Gilchrist Olympio avaient eu droit à sept portefeuilles ministériels. Devaient suivre les nominations à d’autres postes de responsabilité comme ceux de directeurs de cabinet, directeurs généraux de société, ambassadeurs, préfets, etc. Dorénavant, l’UFC, la coquille vide de Gilchrist Olympio, et le RPT de Faure Gnassingbé sont devenus un. Et, c’est au nom de cet amour que les députés UFC ont toujours accordé leur confiance aux différents gouvernements qui se sont succédé après la trahison de 2010. Cette alliance s’est d’ailleurs poursuivie et renforcée au lendemain des législatives de juillet 2013 qui ont complètement anéanti cette formation politique. Depuis, le fils du premier président du Togo et son groupe ont compris que leur survie politique dépend du RPT-UNIR et de son chef. De fait, ils sont devenus plus royalistes que le roi, des lèche-bottes qui s’égosillent quand les vrais tenants de la “dictature héréditaire” refusent de parler.
 
De tout ce qui précède, il est insensé de continuer à dire que l’UFC est un parti de l’opposition. On ne peut pas se partager le pouvoir et l’exercer tout en martelant qu’on est de l’opposition. Cette vue de la chose est contraire à la définition même de l’opposition qui, selon le dictionnaire Larousse, signifie: “parti ou ensemble de personnes opposés au gouvernement, au régime politique en place, une majorité“. Pour faire simple, Gilchrist Olympio et ses acolytes ne peuvent pas être dans la chambre et se voir passer dans la rue. Que nenni! Il n’y a que Dieu qui a ce pouvoir d’ubiquité. Il est donc anormal que l’UFC soit encore classée parmi les partis de l’opposition lorsqu’il est question de répartir des places de la Commission électorale indépendante (CENI). Si ce parti veut siéger au sein de cette commission, il lui appartient de s’entendre avec le RPT-UNIR, son allié naturel. Il n’a pas le droit de venir partager avec l’opposition des places qui doivent lui revenir. Il faut mettre fin à cette balourdise politique qui tend à devenir la norme sous Faure Gnassingbé pourtant formé dans les universités occidentales.
 
Mais dans cette affaire, ce sont les journalistes proches du pouvoir qui étonnent leur monde. Pour ce débat terre à terre, ceux qui sont partis parler du “pari du professionnalisme” à Kpalimé, se plantent en voulant défendre l’indéfendable. Comment des gens censés peuvent-ils continuer à soutenir que l’UFC reste un parti de l’opposition tout en exerçant le pouvoir? Et l’écrivain et journaliste hongrois Sándor Márai a bien vu quand il se demandait: “Comment espérer, comment croire que de grandes nations puissent se comprendre, et vivre en paix sur terre les unes à côté des autres alors que certains individus se sacrifient d’une façon aussi désespérée et irrationnelle à des passions et des émotions insensées?“
 
Zeus AZIADOUVO
 
 
LIBERTE N° 1743 du Lundi 21 Juillet 2014
 

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