Nathaniel Olympio : « Nous devons obtenir une alternance à la tête de l’Etat »

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Il était l’invité du journal sur Africa24 ce lundi. Le président du Parti des Togolais, Nathaniel Olympio est revenu sur la situation sociopolitique du Togo, marquée ces derniers jours par la volonté du régime de Faure Gnassingbé de foncer droit vers des élections sans lendemain. Lisez plutôt !
Africa24 : Quel regard portez-vous sur la modification des trois articles de la Constitution adoptés le 9

novembre en Conseil des ministres concernant les mandats présidentiels ?

Nathaniel Olympio : Alors ce que les téléspectateurs doivent d’abord savoir, c’est que le peuple togolais aujourd’hui se bat contre un régime qui est en place depuis 50 ans et qui se passe le pouvoir de père en fils. Donc c’est tout à fait légitimement que ce peuple cherche à avoir une alternance à la tête de l’Etat. La recherche de cette alternance passe par un certain nombre d’exigences, notamment en matière de réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, et les articles dont vous venez de parler font partie de la longue liste des réformes que les Togolais attendent.

Depuis août 2017, le Togo enregistre des tensions politiques. Qu’est-ce que la Coalition des 14 partis de l’opposition prévoit pour sortir de cette impasse ?

La Coalition a d’abord accepté de participer, contre l’avis des populations, à un dialogue qui est conduit par la CEDEAO. Ce dialogue a produit une feuille de route qui émane des chefs d’Etat de la CEDEAO. Malheureusement, on constate que le régime passe à côté des préconisations de la feuille de route et s’est engagé de manière unilatérale dans une organisation d’élections qui ne respectent aucunement les règles démocratiques.

Mais la date du 20 décembre avait été proposée par la CEDEAO

C’était une proposition. Et cette feuille de route comprenait également des dispositions de réformes à effectuer avant d’aller aux élections. Malheureusement, le régime a, comme à son habitude, botté en touche toutes les recommandations et s’engage dans une organisation d’élections que toute la population togolaise rejette. En tout état de cause, la Coalition se réserve aujourd’hui le droit de reprendre les pressions populaires sur ce régime, parce que notre acceptation de participer à ce dialogue se trouve être un jeu de dupe qui a permis au régime de faire baisser la pression. Il faut repartir sur les fondamentaux de la lutte, il faut exercer davantage de pression. Il faut que les partenaires, notamment la CEDEAO comprennent que l’aspiration profonde du peuple togolais aujourd’hui, c’est d’avoir une alternance.

Pensez-vous que les mouvements mis en place par la Coalition de l’opposition depuis août 2017 ont produit des fruits ?

Les fruits ne seront définitifs que lorsque nous aurons l’alternance. Il y a des étapes à passer.

Mais l’élection c’est en 2020

Il y a une démarche à mener, il y a des réformes à faire pour que l’élection présidentielle à venir se déroule dans de bonnes conditions et que ce ne soit pas surtout l’occasion d’une déflagration au Togo. Nous savons qu’au Togo, chaque élection produit des contestations, des violences et des répressions. Il faut sortir de ce cycle. Il faut produire une élection qui soit le régulateur de la vie démocratique.

Pour l’instant, ce n’est pas le cas, et nous devons absolument, nous Togolais d’abord, mais également la communauté sous-régionale doit comprendre que les aspirations du peuple togolais est telle que nous ne pouvons pas faire marche arrière dans la démarche qui est engagée. Le peuple togolais se bat, il est déterminé. Nous devons obtenir une alternance à la tête de l’Etat, de manière pacifique surtout.
Transcrit par la Rédaction
 
africa24
 

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