Nkurunziza victime de sa bouffonnerie ?

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Dans la plus grande surprise, les Burundais ont appris la brusque disparition de leur Président Pierre Nkurunziza. Le « Guide suprême du Patriotisme » est mort lundi 8 juin des suites d’une attaque cardiaque. « Le gouvernement de la République du Burundi annonce avec une très grande tristesse aux Burundais et à la communauté internationale le décès inopiné de son Excellence Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi, survenu à l’hôpital du Cinquantenaire de Karuzi, suite à un arrêt cardiaque », peut-on lire dans le communiqué. Le texte précise qu’après avoir assisté à un match de volley-ball samedi 6 juin, Pierre Nkurunziza a dans la nuit du 6 au 7 ressenti un malaise et « s’est vite rendu à l’hôpital ». « Le dimanche, son état de santé s’est amélioré et il s’est entretenu avec les personnes qui étaient à côté de lui. » « A la très grande surprise » de chacun, dans la matinée « du lundi 8 juin 2020, son état de santé a brusquement changé avec un arrêt cardiaque ». L’équipe médicale a tenté pendant « plusieurs heures » de le réanimer en vain.  L’ex-chef rebelle arrivé au pouvoir au terme d’un processus de paix jugé exemplaire en 2005, issu des accords de paix d’Arusha, a basculé son pays dans la violence par sa volonté de briguer un 3ème mandat en 2015. Cette candidature avait plongé le pays dans une crise politique majeure qui a fait plus de 1 200 morts et contraint 400 000 Burundais à l’exil.

Depuis lors, c’est un autre Nkurunziza que le Burundi, l’Afrique et le monde ont connu avec ses frasques, fantasmes et bouffonnerie. Un grand dictateur qui avait droit de vie et de mort sur ses concitoyens. Dans ces conditions, des Burundais pourraient même croire avoir affaire à un immortel.

Seulement, Nkurunziza est parti sans crier gare. Et une fois de plus, c’est l’Ecclésiaste qui a raison « Vanité des vanités, tout est vanité ».
Jusqu’alors, au-delà de l’officiel, de quoi le natif de Ngozi est-il réellement mort ? A seulement 55 ans et sans antécédents médicaux graves connus, son décès a de quoi surprendre. Dans certains milieux, la piste du décès par Covid-19 est fortement soutenue surtout que son chauffeur en est décédé quelques jours plus tôt et son épouse Denise Bucumi-Nkurunziza est hospitalisée au Kenya pour se soigner de la même pathologie depuis le 30 mai.

Celui qui est mort à Karuzi a longtemps nié l’existence même de la pandémie dans son pays dont « l’air est protégé par Dieu ».

Si l’Evangéliste et ancien professeur de sport est emporté en la réalité par cette pathologie, il serait bien victime de sa turlupinade. Au-demeurant, il convient de souligner de plusieurs traits qu’il avait entamé une intéressante métamorphose en renonçant à un 4ème mandat.

Des Burundais seraient disposés à lui pardonner ses graves écarts qui ont ravivé les vives douleurs des guerres civiles. Hélas, tout est désormais derrière lui.

Ce départ inopiné doit juste nous rappeler que l’éternité est seulement avec Dieu.

Honoré ADONTUI / Le Correcteur

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