Oui : Nous en sommes ici car nous n’aurions pas pu être ailleurs

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Nous avons vu des délégués de l’opposition violentés et chassés dans les bureaux de vote au nord et au centre par les miliciens du RPT-UNIR. Mais on accuse l’opposition de ne pas avoir déployé des observateurs dans les bureaux.

Nous avons partagé des dizaines de vidéos montrant des bourrages d’urnes. Mais on accuse l’opposition de ne pas avoir de stratégies gagnantes.

Nous avons partagé des vidéos de sauvages s’attaquant aux convois de l’ANC à Bassar, Sotouboua… Mais on accuse Jean-Pierre Fabre d’attendre cinq ans pour aller mobiliser au nord.

Mission Tové, mon village natal, est juste à une vingtaine de kilomètres de Lomé. Presque un quartier de Lomé donc. Mais des urnes y ont été bourrées en faveur de Faure Gnassingbé, et les jeunes militants de l’opposition qui s’y sont opposés sont jusqu’aujourd’hui persécutés et intimidés. Mais on accuse l’opposition de ne pas avoir des moyens financiers pour battre le RPT-UNIR.

Non : nous n’en sommes pas ici parce que l’opposition a boycotté les législatives de 2018, parce que l’opposition n’a pas présenté un seul candidat, parce que l’opposition n’a pas de moyens financiers, parce que l’opposition n’a pas de stratégie, parce que l’opposition est divisée, parce que la C14 a pris 30 000 000, parce que Jean-Pierre Fabre est orgueilleux, parce que Agbéyomé est un roublard…

Assez ! Quelle que soit la stratégie adoptée, la décision prise par notre opposition, nous en serions toujours ici. On aurait présenté Jean-Pierre Fabre seul. On aurait présenté Agbéyomé seul. On aurait présenté Tikpi Atchadam. On aurait présenté les os blanchis de Sylvanus Olympio. On aurait débloqué 1000 milliards. Nous en serions ici. On aurait boycotté ces élections. Nous en serions ici. Que n’a-t-elle pas encore essayé dans ce pays, notre opposition ?

Parce que la vérité est simple : nous devons toujours en être ici avec ce régime. C’est-à-dire face à des gens sans foi ni loi qui utilisent la violence d’Etat à travers des corps habillés et les institutions de l’Etat pour garder un pouvoir que le peuple ne leur a jamais donné.

Si une solution doit être trouvée, le point de départ doit être là où nous sommes aujourd’hui. Notre pouvoir entre les mains de militaires qui pointent sur nous des armes. Parce que quelle que soit la stratégie utilisée, nous nous retrouverons toujours à ce point de départ.

Nous aurons beau le déplacer en 2025, 2030, 3000, à coups d’analyses, d’estimations, d’hypothèses… Il est là, ce point de départ. Depuis 1963. Depuis que celui qui a donné naissance à ce pays a été assassiné par des soudards. Les mêmes soudards qui tiennent aujourd’hui notre pouvoir. A nous cette année de l’affronter, enfin. Ou d’essayer encore de le déplacer dans le temps.

David Kpelly

KPELLY David

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