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Ouverture d’enquêtes dans l’affaire des présumés braqueurs : Rompre avec l’impunité et la tradition des enquêtes interminables

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2 présumés braqueurs tués pas la police à Lomé, Togo | Photo : IE

Deux enquêtes ont été ouvertes dans la cadre de l’affaire des présumés braqueurs abattus par le Groupement d’intervention de la Police nationale (GIPN). L’une émane de la Police elle-même, l’autre de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH). Vivement que pour une fois, les enquêtes aboutissent.

L’affaire des présumés braqueurs abattus par les éléments du Groupement d’intervention de la police nationale (GIPN) le week-end dernier n’est qu’à ses débuts. Le mercredi 31 juillet, le président du Mouvement Martin Luther King (MMLK)-La Voix des Sans Voix, Pasteur Edoh Komi a été convoqué à la Direction Centrale de la Police Judiciaire pour être entendu sur l’affaire.

Dans un message publié après la rencontre avec les responsables de la DCPJ, le président du MMLK s’est réjoui du climat qui a marqué les échanges, estimant que les discussions ont été respectueuses et civilisées. Il a dit avoir été invité pour avoir rapporté la version des faits tels que décrits par les familles et les riverains des présumés braqueurs. Mais l’information la plus importante donnée par Pasteur Edoh Komi est que la Cellule d’investigation interne de la DCPJ a ouvert une enquête. « Pour cette cellule de la Police judiciaire chargée de l’enquête, l’objectif est d’œuvrer pour la manifestation de la vérité, du droit et de la justice. Et le MMLK est appelé à collaborer du début jusqu’à la fin », a-t-il écrit, ajoutant que « les familles et autres acteurs seront  très prochainement écoutés et entendus afin de concourir à l’objectif escompté ».

Dans cette affaire, on peut croire que la chance est du côté des victimes. Et pour cause, en dehors de l’enquête ouverte par la Cellule d’investigation interne de la Police judiciaire, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a annoncé une auto-saisine. « Suite à la polémique née autour des deux présumés malfaiteurs abattus par le Groupement d’Intervention de la Police Nationale (GIPN) dans la nuit du 27 au 28 juillet 2019 dans les environs de la société SOTOTOLES, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) s’est autosaisie et a mis en place un groupe de travail pour faire la lumière sur cette affaire », indique Nakpa Polo, présidente de la CNDH, dans un communiqué.

De bonnes nouvelles, disions-nous. Mais pour que le tableau soit complet, il urge que la DCPJ se prononce, elle-même, en annonçant par exemple la mise aux arrêts des agents impliqués dans cette affaire. C’est ce qu’il fallait faire après la sortie des proches de Dékpo et Sémékonawo, les deux présumés braqueurs.

Dans tous les cas, rien n’est encore joué puisque les proches des victimes, selon les informations, n’ont pas encore été écoutés. Sur ce point, nous ne pouvons que souhaiter que ces entretiens, d’une importance capitale, se fassent dans des conditions pouvant permettre à la Cellule d’investigation de la Police judiciaire et au groupe de travail de la CNDH de comprendre l’affaire et de parvenir à des conclusions justes. Ce qu’on peut craindre de pire, c’est que les proches des victimes changent de version et s’alignent sur celle du porte-parole de la Police nationale, Commissaire Tassa Agba.

L’autre manche déterminante dans cette affaire est la phase des conclusions. Le Togo, on le sait, a une réputation légendaire dans l’ouverture des enquêtes pour faire la lumière sur certaines affaires. Malheureusement, l’ombre qui s’abat sur les dossiers enquêtés est souvent plus épaisse qu’avant l’ouverture des enquêtes. Le ministre de la Sécurité Yark Damehame ne nous démentira pas puisqu’il a, lui-même, une pile d’enquêtes ouvertes et jamais terminées sur sa table.  Il ne reste plus qu’à espérer que pour une fois, cette enquête aille jusqu’au bout.

Pour rappel, deux jeunes hommes ont été abattus dans la nuit du 27 au 28 juillet 2019 par des éléments du GIPN et présentés comme des braqueurs filés depuis un moment et tués dans des échanges de tirs. Une version démontée par leurs proches qui ont révélé que les victimes ont été arrêtés à leurs domiciles quelques heures plutôt par la Police.  

G.A.

source : Liberté

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