Le PAIPJA, un instrument de propagande UNIR et de dilapidation des fonds alloués pour aider les jeunes artisans en fin de formation


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Echos du ministère du Développement à la Base avec ses « projets »

La semaine dernière, nous vous relations les dérives du Directeur de Cabinet au ministère du Développement à la Base et vous avions promis d’autres crus sitôt que nous en aurions contrôlé la véracité. Le Projet d’Appui à l’Insertion Professionnelle des Jeunes Artisans (PAIPJA) constitue un gouffre financier et un instrument de propagande de par les méthodes de gestion qui y ont cours. Entre amateurisme, improvisation et gestion à vue, la ministre Victoire Tomégah-Dogbé donne l’absolution à son directeur de Cabinet pour « foutre le bordel » avec la certitude de ne devoir rendre de compte à personne. Et pourtant, le PAIPJA était au départ un bon projet.

Juste un mot sur le bâtiment au sein du ministère dont la dalle coule en temps de pluie. Nous apprenons que l’architecte aurait pesté contre le plan et les prescriptions qui diffèrent de ce qu’il a conçu. Mais M. Yawotse Vovor aurait fait pression pour que la réception se fasse malgré les réserves de l’architecte, autrement, « nous allons perdre beaucoup d’argent », aurait prévenu le directeur de Cabinet (DC). Etant aussi PCA du PROVONAT, le DC aurait recruté un jeune sans concours, mais l’aurait intégré au ministère par le biais du programme. Lors de ses sorties, M. Yawotse Vovor, Inspecteur des Finances de son état, dit à qui veut l’entendre que « seuls les comptables publics peuvent détenir les fonds du ministère ». Mais curieusement, c’est à une volontaire, sociologue de formation, que le DC et la ministre confient la caisse du ministère. Allez-y comprendre !

Au commencement était le PAIPJA dont l’objectif, selon la vision du chef de l’Etat Faure Gnassingbé, était d’aider à l’installation des jeunes artisans nouvellement sortis de formation. Mais chemin faisant, le projet s’apparente de plus en plus à une institution de propagande du régime et coûte très cher aux caisses de l’Etat. Parce que le PAIPJA est mal exécuté et la ministre en charge du ministère semble être atteinte de cécité puisque n’ayant plus de vision pour booster le projet. Ainsi, pour des cérémonies de remise de matériels à Niamtougou par exemple, l’Etat rassemble aux frais du contribuable des jeunes artisans de Kpalimé, Lomé, Atakpamé et Notsé à Niamtougou. Leurs frais de déplacement sont pris en charge et à la fin de la cérémonie, les frais de retour et de transport du matériel pour chaque artisan sont payés par le projet. Simplement amorale comme initiative !

A voir la facilité avec laquelle les fonds sont dépensés, on est tenté de dire que les responsables créent des dépenses pour justifier et cacher des détournements. Tenez par exemple, le 17 février dernier à Aného, 1000 jeunes artisans sur l’étendue du territoire ont été regroupés pour une prétendue formation en entrepreneuriat. Et pendant 6 jours, ces jeunes ont été déplacés, nourris, logés avec en prime 5.000 FCFA par jour comme bonus. Le comble a été que chaque jeune artisan n’ayant pas encore son entreprise, a bénéficié d’un cahier journal pour la durée de la formation alors que ce cahier n’est utile que pour quelqu’un déjà installé. Or, un cahier de ce genre coûte près de 2.000 FCFA. A vos calculatrices !

La question qui brûle certaines lèvres est de savoir les critères de sélection de ces jeunes artisans. Nous sommes allés aux informations et il en ressort que la sélection des bénéficiaires réunit tous les critères sauf celui de la clarté. Puisque le comité de sélection dans les préfectures est composé d’un président préfectoral de la chambre des métiers et d’un représentant du ministère. Et dans ce dernier cas, c’est soit le préfet ou son obligé qui représente le ministère. Lorsqu’on connaît tout l’amour que les préfets vouent aux jeunes dont la tendance politique ne rime pas avec Unir, on devine aisément la coloration politique des jeunes sélectionnés dans les préfectures.

Le PAIPJA est un projet lancé depuis 2011 à Tsévié par le ministère du Développement à la Base suite à des financements de bailleurs. Chaque année, on rebat les oreilles des citoyens avec des cérémonies de remise par-ci par-là. Que sont les artisans de 2011 et 2012 devenus ? Comment la population saura-t-elle que l’impact de ces projets dont le nombre risque de dépasser l’effectif du personnel au ministère du Développement à la Base, est réel et quantifiable ? Pas une fois l’initiative n’a été prise par les gestionnaires de ces projets de faire un bilan au vu et au su des citoyens dubitatifs sur leur qualité de conception et d’exécution, histoire de montrer que l’argent du contribuable n’est pas jeté par la fenêtre.

Des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer le caractère partisan des procédures de recrutement instaurées par la ministre et son DC. Et si rien n’est fait pour rassurer la population, celle-ci risque d’enlever le peu de crédibilité qui reste encore à l’actif des projets pilotés par ce ministère.

 
Abbé Faria
 
Liberté Togo
 

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