Panama Papers : voici les 4 mesures que propose l’ANC au Premier Ministre


« Wacemgate » : Les 4 mesures que propose l’ANC
 
Le scandale de « Panama Papers » continue de défrayer la chronique au Togo à la suite des révélations faites par les médias locaux et français impliquant les hautes autorités de l’Etat dont le Premier ministre Selom Klassou. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) le parti de Jean-Pierre Fabre qui a été silencieux dans ce débat, un silence interprété à tort ou à raison comme le gêne du parti dans ce dossier, vient de rompre le silence. C’est à travers une correspondance que le chef de file de l’opposition vient d’adresser au Premier ministre.
Dans cette correspondance, Jean-Pierre Fabre tout en rappelant qu’une dernière lettre demandant des explications sur la gestion des sociétés d’Etat est demeurée sans suite, critique vertement les graves dérives et la mal gouvernance économique et politique au Togo du régime RPT/UNIR.
 
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Face à ces dérives, le parti « Orange » exige du gouvernement 4 mesures à savoir :
1)    une enquête indépendante sur les opérations off-shore de la société WACEM objet des publications des « Panama Papers » ;
 
2)    un audit institutionnel destiné à clarifier le statut juridique et légal de WACEM au Togo ;
 
3)    un audit comptable et fiscal de la société WACEM permettant de procéder, le cas échéant, à un redressement fiscal conséquent ;
 
4)    audit de la zone franche
 
Lire l’intégralité de la lettre de Jean Pierre Fabre au Premier ministre
 
Lomé, le 16 août 2016
 
Le Président National de l’ANC
Chef de file de l’opposition
 
 
 
N° 16-104 /ANC/ PN-SG
 
A
Monsieur le Premier Ministre
Lomé
 
 
Monsieur le Premier Ministre,
 
Par lettre 16-055/ANC/PN-SG, en date du 24 mai 2016, j’ai porté à votre connaissance des informations publiées par les journaux Liberté, l’Alternative et la Dépêche sur les prises d’intérêts du défunt Gnassingbé Eyadéma, des membres du gouvernement ainsi que de nombreux hauts fonctionnaires de l’Etat, actionnaires de la société Servair Togo aux côtés de l’Etat togolais.
 
Face à de si graves entorses aux règles républicaines et dans le but de connaître de l’étendue du phénomène en vue de contribuer à remédier à une telle situation, je vous ai demandé de me communiquer un certain nombre de renseignements concernant notamment les sociétés d’Etat, ainsi que l’actionnariat des sociétés dans lesquelles l’Etat détient une participation.
 
A ce jour, soit plus de deux mois après, je n’ai reçu aucune réponse.
 
Le 26 juillet 2016, dans le cadre du scandale « Panama Papers », les journaux togolais Liberté et l’Alternative, de même que le journal en ligne français, Le Monde Afrique, ont rendu publiques des informations sur l’entreprise togolaise WACEM qui figure sur la liste des entreprises au sujet desquelles je vous ai demandé des renseignements.
 
Ces informations et révélations, qui traduisent les graves dérives et la mal gouvernance économique et politique au Togo, suscitent des inquiétudes et soulèvent au moins trois problématiques.
 
1. L’évasion fiscale, pratiquée par les dirigeants de WACEM, par le biais de combinaisons sophistiquées, prive l’Etat togolais d’importantes recettes budgétaires.
 
Le gouvernement doit clarifier la situation aux populations togolaises qui attendent une mobilisation optimale des ressources nationales pour financer le développement du pays. En effet, au moment où les administrations fiscales mettent la pression sur les contribuables, notamment les petits contribuables, qui sont harcelés au quotidien pour s’acquitter de leurs impôts et taxes, au risque de voir leurs entreprises ou leurs boutiques fermées, leurs étalages emportés, confisqués, il est inadmissible que du fait de la présence du Chef du gouvernement, de ministres et de hauts fonctionnaires dans leurs actionnariats, des sociétés comme WACEM et tant d’autres aient toute latitude pour priver l’Etat de sommes colossales en recettes fiscales.
 
L’on comprend que, préoccupés par leurs propres intérêts en termes de dividendes et autres avantages pécuniaires et matériels, le Premier Ministre, les ministres et les hauts fonctionnaires actionnaires de la société, manifestement en conflits d’intérêts avec l’Etat, préfèrent aider WACEM à se soustraire à ses obligations fiscales pour maximiser la rémunération des actions.
 
 
lomévi (www.togoactualite.com)