Pegasusgate : les libertés publiques en danger au Togo

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« La recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices » (Pape François)

Le scandale de Pegasusgate, souffrez qu’on en parle encore. Pour pouvoir garder ad vitam aeternam le pouvoir usurpé, telle a toujours été son ambition de  mourir au trône comme son géniteur, Faure Gnassingbé eut recours à un logiciel ultra sophistiqué israélien, Pegasus, acquis à prix d’or pour espionner les Togolais. Certaines révèlent même qu’après les mouvements de rue déclenchés le 19 août 2017 qui ont donné des sueurs froides à Faure Gnassingbé et sa minorité, des anciens espions du Mossad, des services secrets israéliens, des barbouzes et cyber-mercenaires français, mais aussi des prostituées opéreraient depuis lors à Lomé. C’est dire combien les Togolais sont surveillés comme du lait sur le feu, surtout ceux qui représenteraient une menace pour le pouvoir. On comprend alors le triomphalisme de ce ministre qui jurait qu’il n’y aurait plus jamais du 19 août au Togo.

«Ce scandale sur le fond pose également la question de l’hypocrisie de certaines puissances occidentales qui, connaissant bien la nature du pouvoir togolais, lui livre toutefois des technologies et des matériels pouvant être facilement détournés à des fins de surveillance et de répression politiques », s’indigne un compatriote.

Ceci étant, un scandale d’espionnage similaire aux Etats-Unis en 1974 a coûté la présidence à Richard Nixon. Le scandale du Watergate démarre en fait en 1972. Une équipe de faux plombiers téléguidés par des hommes liés au président Nixon est prise sur le vif en train de placer des micros au siège du comité national du Parti démocrate. Le président parle de cambriolage, mais ordonne secrètement à son staff de couvrir le scandale. Mais les traces des faux plombiers vont être suivies sans répit par deux reporters d’investigation du Washington Post qui feront finalement tomber Richard Nixon. Il quitte officiellement ses fonctions le 9 août 1974, une semaine après qu’une procédure d’impeachment fut enclenchée contre lui suite au scandale du Watergate.

En France, des écoutes téléphoniques à l’Elysée ont fait condamner plusieurs proches du président François Mitterrand. En effet, entre 1982 et 1986, « une cellule antiterroriste» composée d’un petit groupe d’anciens gendarmes d’élites et d’agents des services de renseignements met en place un système d’écoute et de fichage hors du commun.  Installée dans l’ombre du Palais de l’Élysée à Paris, cette unité va procéder dans le plus grand secret à des écoutes téléphoniques clandestines. Au total, on dénombre plus de 2.000 personnes -responsables politiques, journalistes, comédiens, hommes d’affaires, éditeurs, écrivains, personnalités de la vie publique, agents des services de renseignements, anciens barbouzes ou encore simples anonymes- victimes d’espionnage. Poursuivies pour atteinte à l’intimité de la vie privée, cinq personnes -deux hauts fonctionnaires, deux militaires et un policier- ont été condamnées.

Pegasusgate est une violation grave des libertés publiques au Togo. La loi fondamentale garantit le secret de la communication et de la correspondance dans notre pays. Idem pour la loi du 29 octobre 2019 relative à la protection des données à caractère personnel. Mais les institutions au Togo n’ayant jamais brillé par leur crédibilité et solidité, le pouvoir judiciaire et le pouvoir législatif qui sont censés protéger les citoyens sont aux abonnés absents. Dans un pays normal, l’Assemblée nationale devrait interpeller les membres du gouvernement à s’expliquer sur ce scandale ou diligenter une enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.

Mais on connaît le refrain, le Togo n’est pas les Etats-Unis, encore moins la France. Ainsi va le Togo sous les Gnassingbé !

source : Médard AMETEPE / Liberté Togo

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