Pétrolegate :Où sont Cour des comptes et Inspection d’Etat?

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« La reddition de comptes n’est pas de la persécution politique, c’est une exigence démocratique et constitutionnelle » (Mireille Bertrand)

Les dénonciations sur la gestion opaque de l’importation des produits pétroliers par le Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP) demeureront-elles lettres mortes ? Il semble arrivée l’heure des comptes qui, depuis une vingtaine d’années, ont toujours échappé au contrôle de l’Etat alors que chaque année, on rebat les oreilles des consommateurs de tous horizons avec la sempiternelle ritournelle de subvention des produits pétroliers.

Mais il ne s’agira pas de contrôles ordinaires, la gangrène ayant poussé des tentacules jusque dans des recoins insoupçonnés.

D’abord, sur le mécanisme d’ajustement des prix des produits pétroliers, il y aura lieu de déterminer les quantités commandées, les périodes où la perception qui revient au CSFPPP était de 50 FCFA, jusqu’à arriver aujourd’hui à 200 FCFA sur chaque hectolitre. Les contrôleurs devront rétablir les dépenses effectuées avec ces milliards qui ne prennent jamais la direction du Trésor public. On s’attaquera ensuite à tous ceux qui ont pris part à la distribution du « gâteau pétrolier ». Le contribuable togolais risque l’inanition lorsqu’il comprendra mieux ce que Faure Gnassingbé voulait dire en avril 2012 par « une minorité accapare les richesses du pays ».

Dans un deuxième temps –et c’est là que plus de milliards ont été siphonnés-, les contrôleurs d’Etat devront déterminer avec exactitude comment, par des jeux de délais de commande, livraison et d’achat, un groupuscule a réussi à se faire des profits à neuf chiffres sur le dos des consommateurs pendant des années. Et lorsqu’à l’issue de ce qu’il convient d’appeler « audits méticuleux », on découvrirait que le président du CSFPPP ainsi que son entourage seraient blanc comme kaolin et n’auraient rien pris dans les caisses de ce comité, alors on pourra parler de plainte.

Il se murmure qu’un membre dudit comité rêverait de porter plainte contre les révélations de ces derniers jours sur le dossier du pétrole. Dans un pays normal, quoi de plus normal. Et dans un pays normal où des informations de détournements de milliards secouent la République, il serait tout aussi normal que les premiers responsables du pays se décident à fouiller, creuser, bêcher, sans laisser nulle place où passerait et repasserait une main frauduleuse.

Chaque année, il est toujours question de « subvention des produits pétroliers » dans les budgets successifs du Togo. Pour une dizaine de milliards ou plus. Mais jusqu’à quand ? Et dans le même temps, on apprend que ceux qui gèrent la manne pétrolière sont des milliardaires. La femme de ménage, le planton, le cultivateur, le mécanicien, l’infirmier, le journaliste, la vendeuse de beignets au bord de la route, chaque citoyen paie à sa façon les produits pétroliers et donc, c’est au nom de tous les citoyens togolais qu’il devient impératif de situer le peuple sur l’usage qui est fait depuis des lustres des fonds de la commande des produits pétroliers.

Godson KETOMAGNAN / Liberté Togo

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