Pétrolegate : un dossier qui sent le ‘’caca’’ et qui peut éclabousser

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Faure doit dissoudre le comité de fluctuation, retirer l’agrément à la société Phoenix et commettre un audit indépendamment de celui du ministre du commerce.

Après le  débarquement de  Francis SossaAdjakly (père), Coordonnateur du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPP) suite aux révélations du journal l’Alternative, par rapport au scandale financier dans l’importation des produits pétroliers, le ministère du commerce  décide de faire un audit. Compte tenu de la gravité de la situation, Faure doit dissoudre le comité de fluctuation, retirer l’agrément à la société Phoenix et commettre un audit indépendamment de celui du ministre du commerce. Selon Komlan Kondo, le nouveau coordonnateur du CSFPP, le ministre en charge du commerce « a donné des instructions » pour que des audits soient menés « afin de rétablir la vérité ». Ce dossier communément appelé « Pétrolegate » ou « Affaire Adjakly » révélée au grand jour par l’Alternative, porte sur des malversations financières  orchestrées par les Adjakly, père et fils, une famille qui, plusieurs années durant, contrôle les commandes extérieures de produits pétroliers, selon des sources proches du dossier. Le montant des sous détournés  oscille autour de  400 et  500 milliards FCFA. Dans ce dossier époustouflant, Vitol, leader mondial du trading de l’énergie, dont Fabrice Adjakly (fils) est un agent, est cité à plusieurs reprises, selon les mêmes sources.

Pour Komlan Kondo qui est impliqué dans les cas de détournement pour avoir été le troisième homme fort du système établi par les Adjakly, « si malversations il y a, les auteurs seront poursuivis conformément aux textes en vigueur » Quant à Fabrice Adjakly, face à ces accusations qu’il  réfute,  il croit devoir porter plainte contre notre confrère pour diffamation. Il réclame un dédommagement de 5 000 000 FCFA et la destruction des exemplaires du journal mis en vente ainsi que la suppression des articles sur les sites web. Avant l’ouverture du procès, le ministre du commerce, annonce la diligence d’un audit en vue de la manifestation de la vérité. La démarche du ministre parait floue dans la mesure où chaque année, tous les services administratifs, font l’objet d’un contrôle interne de gestion. Cela s’effectue généralement entre le mois d’octobre, novembre et décembre.

Pour les besoins de la cause, certains responsables exigent des contrôles ou audits externes. Si pendant de longues années couvertes par les révélations du confrère l’Alternative, les divers contrôles ou audits n’ont relevé la moindre trace de malversation, c’est que le circuit est excellemment huilé et qu’aucun audit initié par ce ministère ne saurait rétablir la vérité. Dans ce cas, il revient à Faure Gnassingbé d’user des pouvoirs qui lui sont conférés pour arrêter l’hémorragie. Il doit à cet effet dissoudre le comité de fluctuation, retirer l’agrément  à la société Phoenix imbibée jusqu’à la moelle dans ce dossier et commenditer un audit. Le procès intenté par le fils Adjakly contre notre confrère, risque de se retourner contre le régime. Nous en voulons pour preuve, la détermination des couches socio-professionnelles à assister au procès pour soutenir notre confrère qui lutte pour une cause légitime. Le drame, c’est que l’opposition, toujours à l’affût, aura vite fait de récupérer cette mobilisation pour créer une situation invivable dans le pays.

Quand on considère que le contentieux électoral tarde à se solder, la crainte est grande de voir les opposants de récupérer ce dossier pour en faire leurs oignons. Quand on se rappelle qu’au Soudan il a fallu brandir une augmentation du prix du pain pour réclamer la tête du président El Béchir, il y a lieu de s’interroger sur les conséquences des suites des révélations du confrère si le régime ne prend pas garde. Plus que jamais, Faure Gnassingbé doit prendre ce dossier à bras le corps pour initier les démarches qui conviennent. Entre autres, il doit dissoudre sans tarder le comité de fluctuation, retirer l’agrément à la société Phoenix et commettre un audit indépendamment de celui du ministre du commerce. C’est à ce prix qu’il pourra désamorcer la bombe à retardement susceptible de balayer le régime, qui se camoufle derrière cette révélation.

Ronaldo

Source : La Lanterne

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