Présidentielle au Bénin: Multiplicité des candidatures des anciens ministres et proches déçus de YAYI

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A trois mois de la fin de son deuxième et dernier mandat à la tête de l’Etat béninois, Boni Yayi subit la furie de ses plus proches partisans dans la gestion du pouvoir d’Etat. Le foisonnement des candidatures d’anciens ministres et /ou proches collaborateurs du chef de l’Etat dans la course pour sa succession, en dépit de la désignation d’un candidat unique du camp présidentiel, cache mal une volonté de revanche politique contre celui-là même qui a porté l’espoir du changement le 06 avril 2006.
 
Près d’une quinzaine de candidats déclarés au scrutin présidentiel du 28 février 2016 sont issus du régime en place à moins de huit heures de la clôture du dépôt de candidature, ce mardi 12 janvier 2016. Positionnés pour une période donnée à divers niveaux de l’appareil d’Etat, au cours de cette dernière décennie, ces anciens partisans du régime Yayi ne partagent plus la vision du chef de l’Etat sortant. De ce fait, ils affichent désormais une volonté d’en découdre avec un système de gouvernance dont ils ont participé d’une manière ou d’une autre à ériger. Apparemment, ils ne se retrouvent pas dans l’édifice commun qu’ils ont contribué à construire. C’est la raison pour laquelle, ils sont décidés à acculer jusqu’au soir du 28 février 2016 le candidat unique désigné au sein de la majorité présidentielle en vue de la succession de Boni Yayi. Au nombre de ces anciens affidés du régime Yayi désormais remontés contre la gestion actuelle des affaires publiques, on dénombre des anciens ministres, des anciens et actuels députés, un ancien directeur du cabinet militaire du chef de l’Etat et de hauts commis de l’Etat.
 
Au rang des anciens ministres de Boni Yayi engagés dans la bataille successorale concurremment avec le candidat unique du camp présidentiel, Lionel Zinsou, on peut citer Issoufou Soumanou Moudjaïdou, ex- ministre de l’industrie et du commerce remplacé en 2007, Issifou Kogui N’Dourou, ex-ministre d’Etat chargé de la défense nationale devenu en 2012 ministre d’Etat chargé des affaires présidentielles avant sa sortie du gouvernement en 2013, l’ancien ministre de la santé Késsilé Tchalla dégommé du gouvernement en 2008, l’ancien premier ministre Pascal Irénée Koupaki rayé de l’équipe gouvernementale en 2013 tout comme l’ancienne ministre de l’industrie, du commerce, des petites et moyennes entreprises, Marie Elise Gbèdo. On ne saurait occulter au nombre de ces anciens ministres candidats à la présidentielle de 2016, Issa Azizou, ancien ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, l’ancien ministre des travaux publics et des transports, Aké Natondé, l’ancien chef de la diplomatie béninoise, Nassirou Bako-Arifari, l’ancien ministre du développement, de la prospective et de l’analyse économique, Alain Marcel de Souza, l’ancien ministre de l’économie maritime, des Transports et des Travaux publics , Issa Badarou Soulé et Alexandre Hountondji, ancien ministre chargé des relations avec les institutions et ancien conseiller spécial du Chef de l’Etat. Il convient de souligner la candidature de Karimou Chabi-Sika, ancien député et bras politique du régime Yayi jusqu’à la veille des législatives de 2015. Quant au général Robert Gbian et Abdou Saliou Youssao, ils ont été respectivement directeur de cabinet militaire du chef de l’Etat et directeur de l’exécution du budget au ministère de l’économie et des finances. Il y a lieu d’évoquer aussi la candidature du haut commissaire à la solidarité nationale sous le régime finissant, Gratien Houngbédji.
 
Cette multiplicité des candidatures issue de la majorité présidentielle traduit un malaise dans la gestion du pouvoir d’Etat ces dix dernières années. Au-delà du fait qu’on peut être amené à considérer cette situation comme l’expression de la démocratie, il faut y déceler la colère noire des anciens collaborateurs de Boni Yayi. Ils sont tous frustrés par le style de management de Boni Yayi malgré tous les efforts déployés en faveur du développement national. C’est un indicateur important que le successeur de Boni Yayi se doit de prendre en compte dans la future gestion du pays.
 
MDM Marc David Molli
 
source : http://beninmondeinfos.com
 

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