Accueil TOGO ACTUALITÉ POLITIQUE Présidentielle de 2020 : L’autre équation à résoudre pour l’opposition…

Présidentielle de 2020 : L’autre équation à résoudre pour l’opposition…

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Le débat fait rage au sein de l’opposition, des forces démocratiques et de l’opinion en général. Il faut absolument se présenter à la présidentielle de l’année prochaine avec une candidature unique, sinon c’est perdu d’avance. Non, rétorquent certains qui priorisent plutôt la transparence du scrutin. D’autres formules que l’on qualifierait d’intermédiaires se font aussi jour. Mais il y a aussi une problématique non moins essentielle : l’intégrité des délégués de l’opposition dans les centres et bureaux de vote. Car ce n’est pas gagné d’avance.

Candidature unique, transparence…

Candidature unique de l’opposition, c’est le débat du moment au sein de l’opposition. Et il se fait avec beaucoup de passions. Pour certains, c’est la seule option pour maximiser les chances de l’opposition ou des forces démocratiques à ce scrutin dont elles ne partent pas avec la faveur des pronostics, face à un régime RPT/UNIR déjà en ordre de bataille autour de son « champion » de la boulimie du pouvoir. Au sein du sérail, on est déjà suffisamment mobilisé autour de Faure Gnassingbé qui, pour l’instant, fait semblant de ne pas être intéressé par une candidature à un 4e mandat, laissant ses missi dominici parler à sa place.

C’est une évidence que la candidature unique éviterait la dispersion des voix, souvent nuisible à l’opposition lors des joutes électorales. Surtout avec un électorat togolais pas trop mûr politiquement pour faire le choix de la raison, cette option apparaît la meilleure pour éviter la déperdition des voix qui, au demeurant, fait les affaires du candidat du régime. Mais c’est aussi une évidence que la candidature unique ne servirait à rien sans la transparence du scrutin. Un chantier que privilégient justement d’autres. Et ce n’est pas non plus farfelu, à y penser de plus près.

Une chose est manifeste, la candidature unique qui paraît pourtant comme l’option idéale, ne fait pas l’unanimité. Numériquement, ses opposants – si l’on peut les appeler ainsi – ou plutôt ceux qui n’en font pas la priorité absolue dans les rangs des partis politiques de l’opposition sont plus nombreux que ses partisans. Dans ce débat passionné, d’autres voix s’élèvent pour  proposer des recettes intermédiaires. Comme des candidatures stratégiques selon les régions, histoire d’émietter l’électorat du candidat du pouvoir.

En lieu et place de discussions de couloir pour définir le profil de ce candidat unique, tenter de trouver un compromis, le débat est plutôt porté sur la place publique. C’est l’occasion pour certains, au lieu de démontrer la légitimité ou plutôt l’urgence de la candidature unique, de s’en prendre aux autres pour leur position loin d’être farfelue. En certains propos, transparaît plus une envie de régler des comptes personnels.

Derrière l’argument-massue selon lequel cette option de candidature unique maximiserait les chances de l’opposition de réaliser l’alternance, se cachent des calculs politiciens. Même les leaders à l’audience confidentielle, en leur for intérieur, nourrissent des envies de se voir confier ce manteau de candidat unique. Difficile de présager une entente devant cette équation. En attendant que l’unanimité ne se fasse, le débat se poursuit avec passion, mais aussi avec le risque de semer dans les têtes que sans candidature unique, c’est perdu d’avance pour l’opposition et ainsi décourager les populations lorsque l’opposition ne parviendra pas à s’entendre sur ce candidat unique…

L’intégrité des délégués de l’opposition

Cette problématique n’a certainement pas effleuré l’esprit de beaucoup de leaders de l’opposition. Elle n’est sans doute pas prioritaire. Mais l’intégrité des délégués de l’opposition dans les centres et bureaux de vote relève d’une importance capitale dans la sauvegarde de la transparence du scrutin et du verdict des urnes. C’est un des paramètres qui a toujours joué en défaveur de l’opposition, loin des yeux et des oreilles indiscrets. Cette problématique a été quelque peu actualisée par la polémique au sein de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) sur le non respect des consignes de votes lors de l’élection de Kamal Adjayi comme maire dans le Golfe 3.

Des élus de l’opposition, notamment de l’ANC et de la C14 auraient voté pour l’élection d’un conseiller du parti au pouvoir comme maire dans cette commune. C’est ainsi que la chose a été présentée au sein de l’opinion et vécue légitimement comme un scandale. Mais on en saura plus avec un communiqué de l’ANC en date du 15 septembre 2019 et signé de son 1er Vice-président Patrick Lawson-Banku. En fait ces élus n’auraient pas respecté les consignes ou instructions à eux données par le parti dans le cadre de ce processus d’élection des maires.

« Le Bureau National de l’ANC est saisi de ce que des responsables du parti, au rang desquels des conseillers municipaux nouvellement élus, notamment dans les communes de Golfe 3 et Amou 2, ont manqué à leurs obligations de respect des consignes et directives régulièrement débattues et décidées par les instances dirigeantes (…) Ces responsables auraient, en dehors de leurs aires de compétence et sans aucun mandat à cet effet, pris des décisions contraires aux instructions du parti et à ses intérêts», relevait le communiqué. Et d’annoncer des sanctions disciplinaires contre les fautifs : « Une commission spéciale ad hoc est donc mise sur pied pour vérifier les faits, identifier les personnes concernées et proposer, le cas échéant, les sanctions disciplinaires subséquentes, qui seront prises après audition des intéressés, conformément aux statuts et au règlement intérieur de l’Alliance Nationale pour le Changement ».

Le communiqué ne l’a pas affirmé. Mais personne n’est dupe, ces élus auraient été soudoyés, au point d’aller à l’encontre des instructions de leur parti et voter pour le  régime qu’ils combattent. Mais au-delà  de ce cas spécifique de l’ANC, cette affaire remet au goût du jour la problématique de l’intégrité des délégués de l’opposition en général dans les centres et bureaux de vote au cours des élections. 

Ce n’est pas souvent révélé sur la place publique ; mais il arrive que les délégués des candidats ou partis de l’opposition en lice dans les centres et bureaux de vote ne fassent pas preuve d’intégrité. Ils sont censés ramener les procès-verbaux au terme des dépouillements, lesquels PV devraient  permettre à leurs partis de procéder à la compilation des résultats. Mais très souvent, beaucoup ou certains n’en ramènent pas, généralement à cause des manœuvres d’obscurantisme du pouvoir, des intimidations et menaces sur eux. Mais ce que l’on ne dit pas souvent,  c’est que des délégués se laissent mouiller (sic). Pour un billet de 10 000 F à peine, certains renoncent à leur devoir de sentinelle de la transparence, laissent les représentants du pouvoir travestir les résultats et ainsi ne ramènent pas de procès-verbaux à leurs mandants. Ce faisant, ils participent aussi à l’échec permanent de l’opposition. Plusieurs sources avancent cet état de fait pour justifier les hésitations ou difficultés du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) à justifier la victoire de Jean-Pierre Fabre à la présidentielle de 2010. L’assaut sur son QG au CESAL et la saisie des PV disponibles a complètement handicapé le regroupement.

Il urge, au demeurant, que cette problématique de l’intégrité des délégués de l’opposition dans les centres et bureaux de vote au cours de cette présidentielle cruciale de 2020 soit considérée. Dans cette perspective, certains suggèrent même des serments de ces délégués avant leur entrée en mission, d’autres vont jusqu’à proposer des pactes pour prévenir des trahisons…

Tino Kossi

source : Liberté

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