Promouvoir davantage le secteur agricole !

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Si la pauvreté est une insuffisance, la faim est un manque. Cette distinction peut paraître superflue et inutile mais elle se justifie car la faim n’est pas un aspect de la pauvreté mais une conséquence qu’en fait la pauvreté n’a pas été accompagnée pour y trouver les solutions mais attaquée avec des ‘‘armes’’ inadéquates qui sans vaincre la faim, ont fait d’autres dégâts qui aggravent même la faim.

La faim n’est pas la conséquence de la crise de pauvreté des terres à la suite d’un essor démographique, mais à la mise en œuvre de techniques inadéquates pour résoudre la pauvreté des terres. Si on avait traité la crise de pauvreté des terres, en connaissance de cause selon les normes de la nature et selon des stratégies inventées par de soi-disant experts, il n’y aurait pas la faim, mais des crises ayant chacune une solution naturelle.

Donc nos dirigeants ont comme première arme de la lutte pour l’élimination de la pauvreté, le développement de l’agriculture durable qui fera disparaître la faim ! Voilà qui montre combien il est important de promouvoir le secteur agricole qui non seulement mérite d’être modernisé mais surtout nécessite un fort investissement de nos dirigeants pour assurer la production en quantité et nourrir suffisamment les populations. C’est une illusion qui joue avec les mots lorsqu’on se refuse à le comprendre. L’on a maintes fois montré que ces mots sont une prestidigitation pour camoufler l’incompétence ou la non volonté d’accompagner la pauvreté rurale issue de l’essor démographique.

Ensuite l’on veut vaincre la faim en améliorant la distribution et le stockage. Nos dirigeants ne se rendent compte même pas que pour stocker et distribuer, il faut d’abord produire sur quantité et c’est là que se pose le problème puisque les terres sont « fatiguées et pauvres » ! D’où la nécessité de revaloriser les terres en investissant plus dans les produits chimiques que le spectacle qu’on produit vis-à-vis des pauvres paysans.

D’autre part, « distribuer » n’est pas une arme efficace pour l’élimination ni de la faim, ni de la pauvreté parce qu’il faudra distribuer toujours et toujours ! C’est pourquoi l’investissement et la production sur quantité sont incontournables dans ce processus.

Enfin l’on veut pour l’élimination de la pauvreté, faciliter des populations à faible revenu aux produits alimentaires. Comment un faible revenu peut avoir accès à des produits quels qu’ils soient sinon par le don ? Or la distribution n’est absolument pas une bonne arme sinon qu’en cas de catastrophes.

En plus de cette panoplie d’armes inadéquates, les grands stratèges oublient que la faim, en soi, est aussi une arme réellement stratégique pour un « autre combat », celui de s’assurer la dépendance des peuples. C’est un combat qui mène loin. Tout cela montre simplement que l’élimination de la pauvreté par la disparition de la faim n’est qu’un leurre à l’usage justement des pauvres, mais qui profite aux « chasseurs » ! De toute façon, il faut constater que les pays nantis ont en principe éliminé la faim puisqu’ils se font une guerre commerciale à coups de surplus agricoles et pourtant, ils n’ont pas éliminé la pauvreté !

 T.E.

Source : Le Triangle des Enjeux n°415 du Mercredi 03 Juin 2020

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