Accueil ECONOMIE Quand Agbéyomé Kodjo joue au Nelson Mandela togolais

Quand Agbéyomé Kodjo joue au Nelson Mandela togolais

- Advertisement -

agbeyome-k-500

Union de l’opposition, dialogue avec le pouvoir…

 

. Un air de récupération politicienne et d’escroquerie intellectuelle

 

Le siège de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (Obuts) a connu une ambiance toute particulière ce samedi 1er février 2014. Le patron de cette formation politique offrait à la presse un déjeuner servant également d’occasion de présentation de vœux aux professionnels de la communication. La nième sortie située dans la dynamique d’agitation enclenchée depuis les législatives du 25 juillet 2013 par Agbéyomé Kodjo. Mais c’était aussi une tribune pour l’homme de gaver son auditoire de ses nouvelles trouvailles, récupérer à son compte les idéaux d’union de l’opposition, de dialogue avec le pouvoir et se peindre à nouveau comme le Nelson Mandela togolais. Une escroquerie intellectuelle en somme.

 

Réorientation stratégique et tactique, vous avez dit ?

 

C’est un secret de Polichinelle que l’Obuts, à travers son patron, a annoncé depuis le 26 décembre 2013, une réorientation stratégique et tactique de son action politique. Ce déjeuner de presse a offert l’occasion d’en exposer les motifs. A en croire Agbéyomé Kodjo, trois axes structurent cette nouvelle orientation politique : le bilan d’échec de la lutte politique engagée depuis le 05 octobre 1990, l’impératif d’une réorientation stratégique et tactique mue par la nécessité de remise à plat devant l’impasse politique actuelle, et la déclinaison d’une dynamique cohérente et porteuse pour véritablement ouvrir le chemin de l’avènement du Togo « Or de l’Humanité ».

 

S’agissant du premier point, on retiendra essentiellement que c’est la faute aux autres. « L’aveuglement politique mû par la haine, la guerre des ego et les intérêts partisans a eu raison des nobles idéaux de liberté, de justice sociale, de démocratie et de prospérité partagée pour tous entraînant de fait l’échec de la lutte pour le changement au Togo », dresse l’Obuts. En clair, Agbéyomé Kodjo qui a passé le clair de son temps à consolider le pouvoir des Gnassingbé et la plus grande partie de l’ère démocratique à réprimer et entraver tous les efforts fournis par ses devanciers de l’opposition pour l’avènement de l’alternance, n’a aucune responsabilité dans cet échec. Pas plus avec son petit jeu d’intermittent du spectacle qui le fait mettre le pied dans le plat à chaque initiative de rassemblement de l’opposition (revirement suite à la réunion à Paris pour la gestation du Frac, réquisitoire contre le Cst…).

 

Pour l’Obuts, le constat d’échec de la lutte politique menée depuis 1990 commande « une prise de hauteur suffisante » en vue d’une réorientation stratégique et tactique de la lutte pour le changement démocratique au Togo devant se fonder dorénavant sur « une véritable approche systémique et multidimensionnelle de la crise sociopolitique togolaise, et convoquer en toute sincérité l’Amour et le Pardon au cœur de l’action politique ».

 

Et comme alternative pour faire aboutir la lutte, l’Obuts propose un « format politique simple et cohérent accessible à toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier » qui suppose la déclinaison d’une posture politique arrimée au cycle à 4 axes successifs suivant :
Cœur ouvert : impératif d’ouverture à l’autre et de sincérité dans la relation ;
Confiance : conséquence directe du « cœur ouvert » et moteur du vivre ensemble et de la véritable mutualisation des énergies pour le changement ; Solidarité partagée : fruit de la mutualisation confiante des énergies et préalable à la construction d’une Nation forte, juste et prospère et Prospérité partagée pour tous : conséquence directe de la solidarité partagée et finalité escomptée de notre lutte collective pour l’avènement du Togo « Or de l’Humanité ». Pour Agbéyomé Kodjo et ses disciples, c’est la seule alternative, la « réponse pragmatique et conséquente face à l’impasse politique et au cri de détresse de nos populations prises en étau par la cherté de la vie, la récurrente ébullition du front social et les stériles règlements de comptes politiques ». De bien jolis mots !

 

Agbéyomé Kodjo, le Nelson Mandela togolais !

 

Cette comparaison somme toute osée doit faire couler de la bile chez nombre d’admirateurs du chantre de la lutte antiapartheid décédé le 5 décembre 2013. Mais c’est sous cette posture que se présente désormais Agbéyomé Kodjo. Les quelques mois passés en détention à la Gendarmerie dans le cadre de l’affaire des incendies et le fameux rapprochement prôné depuis un moment avec le pouvoir lui suffisent pour réclamer ce manteau. Agbéyomé Kodjo vit désormais Mandela, respire Mandela, parle Mandela…« La meilleure arme, c’est de s’asseoir et de parler », c’est la citation de l’ex-président sud-africain qui barrait la banderole du parti au cours de cette rencontre de samedi avec la presse. Il ne lui manque peut-être que les accoutrements Zoulou et d’esquisser les pas de danse Zoulou lors de ses sorties publiques. Mais Agbéyomé Kodjo prouve-t-il vraiment de par ses comportements qu’il incarne Mandela ?

 

Le dialogue avec le pouvoir (ou plutôt le rapprochement pour un retour à son ancienne maison), c’est le refrain chanté depuis un moment par le patron de l’Obuts. Et il n’a pas manqué de fredonner le morceau samedi, et aussi de se présenter comme le chantre de l’union de l’opposition. « A nous leaders des forces de l’opposition républicaine en lutte pour l’alternance pacifique, je pense que le moment est enfin arrivé pour que courageusement et ensemble, nous fondions dans la sincérité et la confiance retrouvée notre démarche politique sur un paradigme nouveau. Cela suppose une véritable ouverture à l’autre pour un dialogue politique franc et constructif. (…) La sagesse voudrait que nous fassions preuve d’humilité et de courage pour repenser autrement notre approche stratégique et tactique pour l’avènement au Togo d’une société juste, solidaire et prospère », a déclaré Agbéyomé Kodjo qui a tenu à rendre hommage aux initiateurs de l’Appel des Patriotes dont l’objectif serait de « rassembler dans la sincérité l’opposition républicaine éparse en une Force Convergente, avec Un seul Programme, et Un Seul Candidat à la Présidentielle de 2015 ». Une démarche qui épouserait la vision (sic) de l’Obuts.

 

« (…) Au regard des prodromes actuels d’une résurgence des tensions politiques dans le pays, il faut ouvrir ici et maintenant un vrai dialogue politique sincère entre les forces de l’opposition républicaine et les pouvoirs publics (…) Les indicateurs sociopolitiques actuels commandent à l’opposition républicaine d’activer intelligemment sans délai les deux leviers sus déclinés pour crédibiliser de nouveau son action à travers une remise à plat courageuse et constructive. Le compte à rebours a déjà commencé, et nous avons l’impérieux devoir de taire nos divergences et les invectives stériles, pour décliner ensemble une offre politique cohérente, pragmatique et futuriste en écho aux attentes pressantes de nos populations pour un Togo réconcilié et meilleur digne de l’« Or de l’Humanité » », a-t-il à nouveau chanté, et de recommander de prendre exemple sur Mandela : « Tachons de mettre nos pas dans ceux de Mandela, et gardons à l’esprit que l’action que nous incarnons doit être exclusivement portée sur la pleine émancipation de notre peuple de façon à impacter dignement son quotidien, l’histoire de notre pays, celle de l’Afrique et du monde ».

 
Plus que jamais, Agbéyomé Kodjo se présente comme le chantre du dialogue, le Nelson Mandela togolais. Mais le hic ici, l’homme qui crie prôner l’union de l’opposition, qui demande des sacrifices comme l’acceptation de l’autre avec ses défauts ou le règlement des petites divergences, pour arracher l’alternance en 2015, est le tout premier à étaler quotidiennement sur la place publique les casseroles (sic) de sa famille politique, le Collectif « Sauvons le Togo ». Toute chose qui prouve qu’il est plutôt dans une logique secrète de destruction du mouvement. Et, parallèlement, des indiscrétions font état de tractations avec le Prince de la République pour un éventuel retour à la maison-mère. Quel crédit accorder alors à l’homme et à ces propositions ? La vertu et la transparence réclamée dans les rapports avec ses pairs de l’opposition sont loin d’être une réalité à son niveau. Tout donne l’air d’une escroquerie intellectuelle, d’une simple récupération politicienne pour se donner de l’importance. Car le dialogue, personne en tout cas n’est contre au sein de l’opposition.
 
Tino Kossi
 
Liberté Togo
 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

54 − 51 =

LES + LUS

Togo : La Théâtralisation de la République

Jouissance maladive du pouvoir, chaque jour est une humiliation pour Faure Gnassingbé Ils sont...

Togo : Togocel, un Réseau de Merde à la Limite de l’Escroquerie. Tel Pays, Telle Société d’État !

Le Réseau Togo Cellulaire, c’est la cynique histoire entre une société de téléphonie mobile et une population...

Togo, Malversations à l’INAM : Fragrant délit pour Myriam Dossou?

Myriam Dossou d’Almeida est Directrice Générale de l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) depuis 2012 Lorsqu’un pays...

Présidentielle 2020: Faure « ne peut plus briguer un 4e mandat présidentiel, sans créer un climat de tensions sociopolitiques », avertit Fabre

M.Fabre à l'ouverture du congrès. Le chef de l’État togolais Faure Gnassingbé « ne peut plus briguer...

Togo, Prostitution : Le mode opératoire des proxénètes de Bar à Lomé

Le phénomène de la prostitution à Lomé se repend du centre-ville aux quartiers périphériques où les bars...