Quand le ministère de la Santé se fout du corps médical

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Le secteur de la Santé constitue l’une des plaies du pouvoir Rpt/Unir et le leadership dans ce secteur est loin d’être à la hauteur des attentes. Attendu au lancement d’un atelier de validation d’une importante étude sur les conditions de travail dans le secteur de la santé au Togo, le ministre de la Santé, qui a d’abord fait poireauter les organisateurs pendant deux semaines, a préféré leur répondre finalement comme à un « imbécile ». Et l’homme n’est pas à son premier coup.

Les responsables du Syndicat national des Praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) et leur partenaire de l’ONG Solidarité et Action pour un Développement Durable (SADD) n’ ont pas cru à leurs yeux. Après avoir fait faire une étude diagnostique sur les conditions sociales des agents du secteur de la santé au Togo, ils ont cru avoir le ministre en charge du secteur, ne serait-ce qu’au lancement de l’atelier de validation de l’étude. Une façon pour ce dernier de marquer son engagement pour l’amélioration des conditions de travail exécrables dans son secteur.

« Cela fait deux semaines qu’on a envoyé une invitation au ministre, mais nous n’avons reçu aucun signe à ce jour », nous révélait un responsable du Synphot, à quelques minutes du lancement de l’atelier hier jeudi. On apprend même que les deux organisations ont dû reporter une première fois les travaux, après avoir espéré, en vain, une réponse du ministère à leur invitation. Pour une seconde fois, elles ont décidé de réaliser l’activité quand même. C’est ce qui fut fait hier matin, même si le ministère n’a pas été représenté, même pas par un planton. Une attitude qui n’a aucun autre nom que le mépris. Curieux quand même qu’un ministre décide délibérément de se mettre à dos le principal syndicat dans son secteur, en procédant de cette façon.

On sait que le volubile ministre ne porte pas forcément dans le cœur le Synphot, seulement son attitude vis-à-vis de ce syndicat avec lequel il est malheureusement obligé de composer, frise une puérilité. On le voit souvent très en verve lorsqu’il a l’occasion de se faire filmer au lancement de projets ou campagnes financés à coups de milliards par certains bailleurs. Mais quand il s’agit de faire face aux réalités du secteur placé sous ses responsabilités, l’homme est curieusement introuvable. Et pourtant, la santé au Togo nous révèle, chaque jour, son lot de scandales. En face, c’est une sournoiserie et une indifférence totale qu’affiche le gouvernement.

Il y a une semaine, le même ministre de la Santé avait menacé de ne pas assister à l’ouverture d’un congrès des pédiatres si ces derniers tenaient à l’organiser au siège du Synphot baptisé « Maison de la Santé ». Ne voulant pas prendre le risque de se faire boycotter, les pédiatres ont dû changer de cadre pour leurs activités. Ils ont compris qu’il faudra désormais faire avec les caprices de son Excellence Charles Kondi Agba.

Maxime Domegni

Etude sur les conditions sociales des agents de santé

Ces dernières années ont été très mouvementées dans le secteur de la santé. Et ce n’est pas fini. Malgré les différents accords intervenus entre le Gouvernement et le Syndicat National des Praticiens Hospitaliers du Togo (SYNPHOT), des chantiers sont toujours en vue. Les conditions de vie et de travail décentes, un statut particulier adéquat et d’autres dispositions sont des questions majeures qui nécessitent des réponses justes si on veut améliorer les prestations des agents de santé au Togo.

L’Ong Solidarité et Action pour le Développement Durable (SAAD) joue sa contribution. Pour promouvoir la qualité des soins et trouver des solutions idoines aux différentes crises qui frappent de plein fouet le secteur, l’Ong, en collaboration avec le cabinet d’étude Dynamique Sociale (DYS), a réalisé une étude. Elle prend en compte les données qualitatives sur les conditions de travail du personnel de la santé de tous les secteurs, leurs besoins spécifiques, la durée du travail, les questions de primes, de matériels de travail, de salaires et aussi la formation des agents. Depuis hier, un séminaire atelier de deux(02) jours qui s’achève ce vendredi, se tient à l’intention des praticiens hospitaliers du Togo pour restituer et valider les résultats de cette étude. Selon les responsables, la validation d’une telle étude répond à la mission du Plan National de Développement Sanitaire du Togo (PNDS) 2012-2015 : « Assurer à toute la population le niveau de santé le plus élevé possible en mettant tout en œuvre pour développer un système de santé performant basé sur des initiatives publiques et privées, individuelles et collectives, accessibles et équitables, capable de satisfaire le droit à la santé de tous en particulier les plus vulnérables ». « La santé est un droit fondamental au cœur de ceux qualifiés d’essentiels à la vie, notamment, le droit au travail, au logement, à la dignité humaine et de la solidarité, et doivent s’inscrire dans des traditions politiques émancipatrices », a souligné Yves Komlan Dossou, Coordinateur de SAAD.

Après sa validation, le rapport de synthèse de l’étude réalisée va servir de plaidoyer pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de santé des secteurs public, parapublic et privé du Togo.

Pierre-Claver K.

source : L’Alternative Togo