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Rapport Inseed (Acte I) : L’accès à l’internet au Togo fait du surplace !

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Cina Lawson
Cina Lawson

L’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED) a publié le mercredi 17 juillet 2019, les résultats de l’enquête par Grappes à Indications Multiples (MICS6-2017). Cette enquête que nous allons disséquer en plusieurs points, porte sur la santé maternelle et infantile, l’éducation l’assainissement, l’accès à l’eau, et à l’internet au Togo. Pour cette première partie, nous nous sommes intéressés à la problématique de l’accès à l’internet au Togo.

Les conclusions de l’enquête de l’Inseed montrent clairement que le Togo a du pain sur la planche dans ce domaine. Selon les résultats, en 2017, seulement 26% de Togolais ont accès à internet. Un chiffre qui vient corroborer le surplace du Togo dans ce domaine depuis quelques années. Selon un rapport publié par la GSMA, qui représente les intérêts des opérateurs de téléphonie mobile dans le monde entier, et qui rassemble plus de 750 opérateurs et près de 400 entreprises de l’écosystème mobile, il y a quelques mois, 20% de la population seulement avait accès à Internet mobile au Togo.

Si le pays est à la traine, c’est non seulement à cause du réseau devenu vieillissant mais aussi du prix proposé par les différents opérateurs. Par conséquent, les populations rechignent à souscrire à une connexion dont la qualité laisse à désirer et pour laquelle elles doivent payer cher. Pour ne rien arranger, le ministre en charge du secteur montre un certain laxisme.

Nommé à la tête du département de l’économie numérique depuis presqu’une décennie, Cina Lawson n’a pas fait grande chose pour permettre aux deux opérateurs étatiques (Togocel et Togotélécom, aujourd’hui Togocom) de renouveler leurs installations pour se mettre aux diapasons des autres opérateurs internet de la sous-région.

Et pour cause, depuis son arrivée au gouvernement cette diplômée d’Havard s’est illustrée par des pratiques décriées dans la nouvelle gouvernance et orientation que le président de la République a voulu donner aux secteurs de la télécommunication, à travers la mise en place au Togo d’un hub logistique d’excellence et d’un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région, notamment par une amélioration des infrastructures existantes, de la connectivité multimodale et des technologies de l’information et de la communication TIC. S’entourant d’un réseau composé essentiellement de ses proches, Dame Cina a participé à l’affaiblissement des deux opérateurs étatiques. Pour arriver à ces fins, la ministre Cina a usé de son autorité pour retarder les investissements qui devraient être faits par les premiers responsables notamment du « Réseau leader » Togocel. Des investissements qui devraient lui permettre de renforcer son monopole sur le secteur. En effet, face à l’exiguïté du marché togolais, les réseaux privés doivent s’appuyer sur les installations de Togotelecom la société mère de Togocel, pour desservir leurs clients.

La résultante de ce blocage est que le Togo occupe depuis quelques années les dernières places des classements et étude d’accès à l’internet. Aujourd’hui, le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication imprime une nouvelle vitesse au développement socio-économique. De ce fait, un pays qui aspire au développement doit faire du secteur de la télécommunication, l’un de ses piliers.

Longtemps critiquées pour son laxisme face à la détérioration de la connexion internet au Togo, les autorités togolaises ont semblé vouloir changer la donne pour hisser le pays au rang des autres nations de l’Afrique de l’ouest pionnière en la matière à l’instar d’un Ghana, voisin du Togo, qui rivalise avec les pays émergents. Mais force est de constater que cette volonté clairement affichée par le Président de la République est malmenée par certaines personnes qui sont pourtant dans son entourage immédiat. « Nous souhaitons que l’expansion de l’internet et la démocratisation de ses usages bénéficient pleinement aux togolais en les encourageant à développer des solutions innovantes pour faire rayonner notre pays au sein de la société de l’information grandissante », a indiqué, Cina Lawson dans l’une de ses interventions. Mais comment peut-on développer un secteur en affaiblissant les opérateurs étatiques qui ont déjà l’avantage du terrain ?

En 2017, deux licences d’opérateurs ont respectivement été attribuées à des fournisseurs d’accès internet (FAI) à savoir la société TEOLIS SA et le Groupe Vivendi Africa (GVA) Togo. Mais ces deux fournisseurs peinent à se déployer entièrement sur le terrain. Même à Lomé, la fibre n’est présente que dans certains quartiers.

Certes, l’arrivée de ces deux fournisseurs, aux côtés de Togocom et CAFE Informatique, fait émerger de nouvelles offres commerciales sur le marché de l’internet. A titre d’exemple, GVA Togo avec sa « Canal box » offre les 30 Mbps au prix de 30 000 FCFA par mois. Mais pour certains consommateurs «ce prix est encore élevé. «Nous sommes dans un pays où le développement économique ne profite pas à tout le monde », a souligné Syva, un abonné du réseau Togocel.

Source : Fraternité No.322 du 24 juillet 2019

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