S’achemine-t-on vers la fin de la coexistence pacifique entre Losso et Kabyè ?

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La tragique disparition du colonel madjoulbaBitalava-telle sonner le glas de la coexistence pacifique entreleslosso en général et les nawdeba en particulier et les Kabyè ? Les Togolais ont suivi avec surprise la spontanéité de la manifestion grandiose de nos frères nawda le 04 mai 2020 au lendemain de la disparition du colonel madjoulba. Partie tôt le matin, la population de siou, à laquelle se sont jointes les populations de Ténéga, Baga, Koka et niamtougou, a organisé une gigantesque manifestation qui l’a conduite jusqu’au chef-lieu de la préfecture à niamtougou. Cette manifestation à laquellese sont ralliés tous les fils de la préfecture de doufelgou est de mémoire, la première grande sortie d’une telleampleur des lossos contre le gouvernement togolais après l’indépendance.

ti-eribékatiba ? (on a fait quoi aux Kabyè ?)

C’est très tôt que les manifestants sont sortis aux sons de cors. Chez la plupart des populations du nord-Togo, on sonne la corne pour appeler à la guerre quand la communauté est menacée dans son existence par une menace extérieure. Aux sons de cors, les jeunes et adultes sont sortis munis de leurs instruments de guerre. Maisc’à quoi bon nombre de compatriotes n’ont pas fait attention ce sont les déclarations qui accompagnent les cris de désolation. Suivez-en : « Ti-eribekatiba ? » (On a fait quoi aux Kabyè), « Ti tagdniyim ? » (On va vous suivre seulement ?) « niinfadimerbi » (Vous allez tous payer), « ti bag’li ti Kwala » : « nous cherchons notre fils » ; « ba’kourow’bé, bâmim bé, ba’afa’adi » : « tous ceux qui l’ont tué, vont tous payer » ; « aï  l’yalg’n » : « trop, c’est trop » ; « Katiba, ti diraba’nfom’rindideem ? » : « nous avons une dette envers les kabyè ? » jamais dans l’histoire, on ne voit les traces d’une telle hostilité entre deux peuples connus pour leur coexistence pacifique. Est-ce à dire que nos frères losso nourrissaient des ressentiments envers leurs voisins Kabyè ? Il n’y a rien sans rien. En remontant notre tumultueuse histoire, il semble que nos frères nawda n’auraient pas digérer le sort réservé à leur frère colonel Kléber dadjo au lendemain du coup d’etat du 13 janvier 1967. Mais ce qui aurait marqué le plus les lossos, c’est la disparition du colonel mba, ancien chef d’etat-major de l’armée de terre. Lui aussi natif de siou. Autre grief de nos frères nawda, ils ne comprennent pas pourquoi aucun des leurs n’a été nommé au grade de général alors qu’ils estiment que leurs frères officiers supérieurs sont les meilleurs des FaT ! La tragique disparition du colonel madjoulba qui commandait le corps d’élite des FaT sonne donc comme une goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous partageons la douleur de nos frères losso. Comme vous, tout le pays a été ému et indigné. Nous espérons que le chef de l’etat a compris la colère de nos frères nawda. Nous saluonsla mise en place de la mission d’enquête composée d’officiers supérieurs de la gendarmerie que préside le général Yark  qui quoi qu’on dise reste un général de valeur. Ce qui peut calmer la douleur de nos frères nawda, c’est que l’enquête aboutisse et que les résultats ne soient pas rangés dans les tiroirs comme il est de coutume.

L’opinion nationale et internationale attend de voir. Rappelons que politiquement les fils de la préfecture de doufelgou sont acquis au parti au pouvoir. À chaque échéance électorale, ils expriment des votes staliniens.

Kao Victoire

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