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Sécurité routière : Adidogomé-Sanguera, un tronçon de tous les risques

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Vendredi 02 mars. Cette fin d’après-midi de début de week-end, quelques jeunes du quartier Apédokoé Gbomamé transportent du sable pour venir boucher les trous sur le goudron au carrefour Atigangomé. Un peu plus à deux cent mètres, un autre groupe, leurs frères écoliers moins jeunes, s’occupent des mêmes travaux.

En effet, malgré la « politique des grands travaux » entrepris par Faure Gnassingbé, l’état de cette route est alarmant. Les innombrables nids- de-poule qui s’y trouvent ne sont pas de nature à rendre la circulation aisée aux passagers des engins à deux roues et des voitures venants de Kpalimé avec des marchandises. Durant tout le trajet, les propriétaires de ces voitures ou de ces marchandises retiennent leur souffle et ne retrouve le sourire que lorsqu’ ils arrivent à destination. Car très souvent, des accidents surviennent, entrainant des pertes en vies humaines.

Ce vendredi après-midi, c’est un Justin (notre guide) remonté contre l’état désastreux de cette voie qui nous montre les nids-de-poule le long du goudron. « Bon, ça va, on peut retourner maintenant », lui avons-nous dit à un moment de notre trajet. Difficile de continuer. Les étangs sur la route sont visibles partout de part et d’autre de la piste de Sanguera. Parfois c’est déjà séché sous l’effet du soleil. Ce vendredi avec la pluie, pour avancer, il fallait en traverser. La route est aussi gravement touchée, d’où la fin de notre « promenade ».
« Regardez là-bas », indique le guide. Devant nous, deux motocyclistes sont tombés dans un étang. Impossible de sortir. Un véhicule derrière eux, lance le phare, réclamant le passage.

« Vous voyez ces jeunes qui remplissent les trous avec le sable, c’est contre les miettes que les chauffeurs leur donnent. Et chaque soir, ils sont sur la voie pour apporter cette aide », raconte Justin qui ajoute que « cette voie de Sanguera est abandonnée sur le dos des populations malgré leurs cris de détresse ». Un conducteur de taxi-moto d’ajouter : « Nous sommes fatigués dans ce pays. Ce ne sont pas seulement des petits taxis qui passent sur cette voie, les camions chargés de marchandises en provenance de Kpalimé empruntent cette même route. Certains se renversent, d’autres bloquent la circulation des heures durant. Nous restons des heures dans les embouteillages alors que le prix de l’essence a monté ces temps-ci. Tout ceci nous embête. Pour parcourir dix kilomètres, c’est la croix et la bannière », peste-t-il tout furieux.

« Il y a quelques années, le salut aux passagers est assuré par des jeunes courageux qui mettent un dispositif de sauvetage aux voitures pour les circonstances. Pour les automobilistes, il s’agit d’un parcours du combattant et malheur si en pleine eau, le démarreur lâche… De nos jours, les risques d’insécurité sont encore inévitables et la situation inquiète toujours », peste Kader, un riverain du quartier Sanguera.

La route de Sanguera, un axe de la mort

Le phénomène d’accident de circulation connaît depuis quelques années une inquiétante augmentation dans la ville de Lomé. Sur certains axes routiers comme celui de Sanguera, qui relie le centre-ville à la banlieue Nord-ouest de la ville, très étroit, chaque jour se lève avec son cortège de drame.

La nouvelle avait fait le tour des réseaux sociaux. Un véhicule ghanéen avec à son bord 15 personnes a violemment heurté une voiture garée sur le trottoir sur la route de Sanguera, à la hauteur d’Atila Monou. Trois personnes auraient rendu l’âme, sur place, ce beau matin du mercredi 20 février. Les autres sont tombées en syncope et évacuées à l’hôpital.

Dans le cas de ces passagers ghanéens, selon les témoignages, la voiture garée était mal positionnée. Quoi qu’il en soit, cette route est l’une des plus ensanglantées de la capitale togolaise. Le même endroit de l’axe autour d’Atigangomé enregistre fréquemment des accidents. Le mercredi dernier, une semaine jour pour jour après le drame de ces jeunes, le même endroit a enregistré de nouveaux accidents. Le même jour, un peu plus au nord du même axe, d’autres accidents ont été signalés.

De toute évidence, la route de Sanguera connaît une flambée d’accidents de circulation, c’est parce qu’elle fait partie des routes les plus sollicitées. Avec l’urbanisation de la banlieue Nord-ouest (Sanguera, Amadahomé, Segbé, Awatamé…), cet axe connait un trafic particulièrement dense depuis quelques années… Et la tendance est quotidiennement à la hausse.

L’étroitesse et l’état piteux de la voie, cause principale des accidents
En dehors de la densité du trafic sur cette avenue, le facteur le plus indexé par les usagers comme cause principale des accidents est son étroitesse. Avec la densité du trafic qu’il connaît, l’axe de Sanguera est malheureusement l’un des plus étroits de Lomé, surtout à partir de Carrefour Atikoumé- Djidjolé, où la route en deux voies est restreinte en une seule.

Pire, plus loin, au niveau du CEG Adidogomé, la route en une voie est de nouveau restreinte, ce qui oblige les usagers à se dépasser (et se croiser) de très près, créant des risques de collision et de frottement. Et pourtant, c’est la même route qu’empruntent de gros camions de sable qui vont s’approvisionner vers Sanguera, et aussi des camions qui chargent du charbon et des produits agricoles de commerçantes qui vont s’approvisionner dans les préfectures de l’Avé et du Kloto.

Face au drame qui se joue sur cette voie, la réaction des autorités publiques se fait désirer. Le plus grand chantier ouvert sur cette voie ces dernières années est un rond-point créé et aménagé à la hauteur de l’intercession de cette route avec une autre en double voie qui descend du quartier Agoè et se prolonge vers Ségbé et le Ghana. Par contre, il n’est de secret pour personne que d’autres routes moins pratiquées de la capitale sont en chantier dans des quartiers où se concentrent certaines autorités et où le pouvoir prétend avoir plus de militants. Et le sort des Togolais qui laissent leur vie sur des routes du fait de leur état passe pour un fait divers.

Ces genres d’accidents qui continuent de se produire sur cette voie laissent indifférentes les autorités qui, au lieu de réhabiliter cette voie, ne trouvent mieux que de multiplier des postes de péage pour se faire fortune.

Pourtant, il y a plusieurs années, des maisons ont été rasées aux abords de cette route avec pour objectif de l’élargir à 70 m et de la réaménager. Des panneaux sur lesquels on pouvait lire «Elargissement de la route à 70 m. Attention, ne pas construire aux abords. Note de la Préfecture du Golfe », sont implantés tout au long de la voie. Depuis, rien n’est fait et malgré les cris d’alarme des riverains, rien ne présage que cette route sera aménagée de si tôt étant donné que le premier coup de pioche en vue du démarrage des travaux tarde à être donné par le premier responsable du pays.

Mauvais éclairage de la voie

Il convient de noter qu’en dehors des nids-de-poules sur cette route, elle n’est pas éclairée. En effet, à partir du CEG Adidogome, le reste de la voie (jusqu’à Sanguera) est plongé de 18h à l’aube dans l’obscurité. De 18h à 22h, l’on ne peut rouler facilement à cause des embouteillages. C’est à ces moments que de nombreux accidents se produisent, entraînant des pertes en vies humaines. C’est sur cette route délabrée que Faure Gnassingbé a roulé, il y a quelques semaines, pour se rendre à Agou pour les cérémonies funéraires de son oncle. Il est indéniable que lui et ses ministres qui avaient effectué ce déplacement ne sentiraient pas la présence des nids-de-poule sur cette route parce que leurs voitures de commandement sont munies d’amortisseurs solides. Cependant, on espère qu’ils ont dû se rendre compte de l’étroitesse de la route et des accidents que cela peut causer aux riverains.

Les habitants de ces localités osent croire que Faure Gnassingbé et ses collabos seraient en train de prendre des mesures idoines pour que cette route soit réaménagée dans les meilleurs délais afin qu’elle ne soit plus un « boulevard » de la mort.

Au demeurant, le gouvernement est interpellé pour réduire les cas d’accidents sur cette route. Pour ce faire, il doit réhabiliter, lutter contre les surcharges et aussi prendre des mesures pénales contre des chauffeurs qui conduisent en état d’ivresse. Le gouvernement vient de publier le vendredi dernier, le rapport sur la sécurité routière et ferroviaire du 2è semestre de l’année 2018. Le rapport indique que de juin à décembre 2018, « 2974 accidents ont été enregistrés sur les routes togolaises occasionnant 4134 blessés et 306 morts », un résultat plus inquiétant, selon le ministre de la Sécurité et de la protection civile qui affirme que le bilan sur la sécurité routière et ferroviaire de l’année 2018 est donc pire que celui des 4 dernières années.
 
source : L’Alternative
 

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