Silence des occidentaux, méthode gestapo, recours en annulation de la présidentielle : Faure s’est pris le pied dans le tapis

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Lomé, lundi 09 Mars 2020. L’ambiance dans la capitale togolaise est toujours éparse. Des citoyens le regard hagard et perdu dans l’attente d’un éventuel Zorro ne se sont pas encore remis de la scène que la Commission électorale nationale « indépendante » leur a servi il y a deux semaines au titre des résultats de la présidentielle du 22 février dernier. Celle que leur offrira une semaine plus  tard, la Cour Constitutionnelle n’est que la confirmation que le même toutes les lumières du monde ne pourront rien changé à la souche rude du clan régent du Togo. On en était là quand les professionnelles du retors ont commencé par publier les « félicitations » envoyés au néo Staline du 22 février 2020. Et dans le cheking rien de crédible à se mettre sous la dent. Mais,… pire…

En effet, les messages de félicitations ont commencé par tomber au compte-gouttes. Mais jusqu’à présent, à part la Chine, aucune autre puissance mondiale n’a félicité le Chef de l’Etat. Ceci n’est autre l’expression d’une victoire acquise au forceps grâce des combines  décriées par l’opposition.

A ce jour, ils sont environ une dizaine de dirigeants, en majorité africains, à avoir envoyé leurs messages de félicitations à Faure Gnassingbé après sa réélection dès le premier tour de l’élection présidentielle du 22 février dernier. Une victoire qui aurait été brillante sans les accusations de fraudes de la classe opposante notamment de Agbéyomé Kodjo arrivé deuxième selon la Cour Constitutionnelle.

Agbeyomé debout

En effet, l’ancien Premier Ministre conteste vigoureusement les résultats de ce scrutin qu’il qualifie de « truqué ». Agbéyomé Kodjo a même poussé le bouchon loin en nommant un Premier Ministre. Après avoir vu ses recours rejetés par la Haute juridiction pour « défaut de preuve », le candidat soutenu par Mgr Kpodrzro appelle désormais les Togolais à rester à l’écoute. « Je conteste ces chiffres depuis la CENI jusqu’à la Cour Constitutionnelle. Je continue de les contester. Les Américains ont reconnu ma victoire, ils m’ont envoyé des félicitations et ils ont estimé que les chiffres publiés par la CENI relèvent de la fraude. J’ai eu plus de 67% du suffrage. Le vrai vainqueur du scrutin du 22 février, c’est Agbéyomé Kodjo », a laissé entendre samedi dernier M. Kodjo. Et de poursuivre, « Nous utilisons tous les moyens légaux à notre disposition pour faire échec à cet énième hold-up. Je demande aux Togolais d’être sereins et à l’écoute de notre mot d’ordre ».

Recours à la méthode gestapo

On n’en était là quand les Togolais ont appris l’enlèvement tôt le lundi 09 mars 2020 du sieur Ottoh Apedo, responsable de la sécurité du Président «élu»  Agbéyomé Kodjo ainsi que de l’un de ses amis Akato Dodji qui pourtant, n’a lui aucune connotation politique. Sa seule faute est d’avoir mis son véhicule à disposition du sieur Ottoh. De la chasse aux membres du Pnp à laquelle on assiste depuis un temps à l’enlèvement de ces deux citoyens  juste pour cause politique, il s’instaure au Togo depuis les évènements du 19 août 2017, une méthode de la gestapo du temps du régime hitlérien et ceci autour d’un homme qu’on dit avoir gagné la dernière présidentielle avec une large victoire.

4ème mandat, un cadeau empoisonné…

La contestation des résultats de cette élection a jeté du discrédit sur la victoire de Faure Gnassingbé. Et tout cela était prévisible. En effet, pour éviter une crise post-électorale et donner plus de crédibilité à ce scrutin, l’Ambassade des Etats dans un communiqué avait demandé expressément aux organes en charges de l’organisation  du scrutin  de proclamer les résultats bureau de vote par bureau. Les Etats-Unis seront suivis dans cette requête par la Conférence des Evêques du Togo qui, dans un message solennel, a aussi appelé la CENI et la Cour Constitutionnelle à publier les résultats bureau de vote par bureau de vote. Mais que nenni.

La conséquence, les pays ne se bousculent pas au portillon pour présenter leurs félicitations à Faure Gnassingbé pour son quatrième mandat. Aujourd’hui, en tout, ils sont seulement une dizaine de pays à se sacrifier à cette tradition. L’appréhension des interprétations étant réelle, certains chefs d’Etats ne veulent pas, sans aucun doute, s’afficher comme les soutiens d’un régime de plus en plus esseulé sur le plan international.

A ce jour, parmi les pays ayant transmis leurs félicitations, seule la Chine fait figure de puissance mondiale. Les Etats-Unis qui ont déjà porté des réserves sur les résultats ne se dédiront pas en adressant un message au fils du feu Gal Gnassingbé. L’ancienne métropole, la France, n’a pas non plus adressé le fameux message de félicitation. Selon le confrère « Médiapart », lors d’un point de presse, un conseiller de l’Elysée a indiqué que la France « a pris note » de la victoire de Faure Gnassingbé. Et comme un pouvoir à la recherche de légitimé, le site du gouvernement a pris cet article comme un acquis. 

Mais c’est plutôt l’effet contraire. En effet, la réticence des grandes puissances à féliciter Faure Gnassingbé est plutôt un message clair envoyé au jeune monarque. Ceci sous-entend explicitement que la victoire proclamée de Faure est loin d’être un laurier tranquile pour lui. 

Et comme si cela ne suffisait pas, l’un des grands soutiens de Faure Gnassingbé en l’occurrence le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé le jeudi 5 mars 2020 qu’il « ne sera pas candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et et transfèrera le pouvoir à une jeune génération ». Pourtant, tout laissait présager le contraire. Cette annonce surprise contraste avec la situation au Togo.

Aujourd’hui, le protocole additionnel de la Cedeao sur la démocratie et l’Etat de droit recommande qu’après deux mandats que les Chefs d’Etats libèrent le plancher. Mais le prince togolais ne semble pas s’inscrire dans cette dynamique salutaire pour la promotion de la démocratie sur le continent.

En définitive, ce quatrième mandat se présente comme un cadeau empoisonné mieux une patate chaude dans les mains de Faure Gnassingbé. Contesté à l’intérieur et mal vu à l’extérieur, le régime de Faure Gnassingbé est plus que jamais à la croisé des chemins. Et ce quatrième mandat comme prédit par plusieurs observateurs risque d’être celui de trop pour le fils d’Eyadéma qui, on le rappelle, est arrivé au pouvoir en 2005 à la suite d’une élection suivie de violence post-électorale. Ces violences ont fait plus de 500 morts selon un rapport officiel des Nations Unies.

source : Fraternité

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