Suicide au Togo : Prendre les taureaux par les cornes

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Le suicide se définit comme l’initiative personnelle de mettre fin à sa vie. À l’échelle mondiale, plus de 800 000 personnes se suicident chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le suicide apparait ainsi comme la treizième cause de mortalité dans le monde tous âges compris, et parmi les premières causes de mortalité chez les jeunes. En Afrique, selon les récents chiffres de l’OMS, ce phénomène est dangereusement en expansion en Afrique subsaharienne ; et pourtant le sujet reste encore tabou ce qui empêche de reconnaître ses symptômes et de le prévenir tant qu’il est encore tant Le dernier cas de suicide au Togo remonte à la récente proclamation du probatoire. Un adolescent qui n’a pas obtenu son BAC I dans un lycée technique a décidé de mettre un terme à sa vie. Ce cas rallonge la liste des personnes qui se donnent volontairement la mort au Togo : hommes, femmes, jeunes et adultes. Au Togo, l’on se suicide plus qu’on pourrait le croire.

Selon le rapport de l’OMS publié en septembre 2019 sur la situation mondiale du suicide, le Togo occupe la 8ème place des pays africains où l’on se suicide le plus. L’année dernière, entre août et novembre 2019, 28 cas de suicide ont été signalés selon les données du Ministère de la protection Civile. Cette année, au moins cinq cas de suicide ont été signalés en l’intervalle d’un mois dont le plus récent est celui d’un jeune homme qui s’est donné la mort parce que n’ayant pas réussi à son examen. Dans une société où évoquer le sujet de « la mort » est tabou, parler de « se donner la mort» l’est encore plus. Le suicide est perçu comme un acte de faiblesse, de lâcheté de déshon- bien réel et nécessite une attention particulière. Quand on se penche sur les cas de suicides relayés ces fiés est difficile. Aussi, d’autre part, le fait de consulter un psychologue ou un psychiatre en Afrique est synonyme de moquerie. On traite ces personnes facto, de malade mentale, de fou c’est pourquoi, les gens n’abstiennent de demander de l’aide quand il le faut. Et pourtant, l’on oublie parfois que tout le monde n’a pas cette capacité d’encaisser les épreuves sans faiblir.

Les plus forts mentalement résistent aux coups et les moins forts optent pour ce voyage sans retour. C’est une question d’état d’esprit et résistance face aux épreuves. Par ailleurs, on pense souvent à tort, qu’une personne qui a des tendances suicidaires veut forcément mourir, ce qui n’est pas forcément le cas. Une personne peut avoir ces tendances mais peut ne pas vouloir réellement mettre fin à sa vie, elle a juste besoin d’attention d’une oreille attentive et d’un soutien moral. C’est pourquoi, récemment dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le suicide, une campagne digitale a été lancée avec des slogans tels « tu es important » « parle-moi ».

Pour ainsi mettre l’accent sur l’importance de communiquer avec des personnes qui traversent des moments difficiles et qui sont désespérées. Ne diton souvent pas que partager ses problèmes, avec quelqu’un aide à se sentir mieux ? Les sociologues devront aussi se pencher sérieusement sur la question pour interpeller les pouvoirs publics. Le gouvernement devrait aussi prêter attention à ce phénomène qui semble se propager dans la société togolaise.

Source : Indépendant express

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