Supposé courroux de Faure Gnassingbé sur le dossier pétrole : Agir plutôt que de se mettre en colère

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. Les manœuvres de diversion enclenchées

« Pétrole-gate : la colère de Faure Gnassingbé ». C’est le titre très flatteur d’un article publié hier par le site d’information Togobreakingnews.info. Le journal en ligne rapporte que suite aux révélations sur les fonds détournés par l’ancien coordinateur du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP), Francis Adjakly, Faure Gnassingbé se serait saisi du dossier. Une pure diversion.

Selon le confrère, des sources à la Présidence togolaise indiquent que le Chef de l’Etat serait sérieusement en colère et ne compterait pas laisser passer le dossier. « Les coupables devront répondre, aurait-il soufflé à l’un de ses conseillers. « Il a demandé la situation du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP). Il attend que le point soit fait rapidement par les ministères concernés dans les plus brefs délais pour aller de l’avant », nous précise notre source », écrit Togobreakingnews. « Actuellement, c’est la course contre la montre aux ministères en charge du commerce, des finances et des mines, les 3 ministères impliqués dans la gestion de l’importation des produits pétroliers. Les justificatifs doivent être réunis pour faire le point de la situation du CSFPPP », fait-il savoir.

L’information a de quoi faire sourire. Loin de nous l’intention de contredire le confrère qui n’a fait que rapporter ce qu’il a pu obtenir de ses sources. On comprend néanmoins par cet article que le gouvernement est embêté par les révélations qui se multiplient sur les scandales financiers. Surtout dans un domaine aussi sensible que l’or noir. Et puis les chiffres qui circulent font froid dans le dos puisqu’il est question de plus de 500 milliards de francs CFA détournés.

La réaction de la Présidence de la République, s’il y en a vraiment eu, ne viserait qu’à offrir aux populations un semblant de rigueur dans la gestion des ressources publiques. Ceci pour donner un argument aux « défenseurs » de Faure Gnassingbé qui ne vont pas manquer l’occasion pour chanter à longueur de journée et faire croire, dans les différentes émissions radiotélévisées et dans les colonnes de leurs journaux, que le chef de l’Etat va sévir.

En réalité, il est difficile de croire que Faure Gnassingbé se saisisse du dossier pour que la lumière se fasse, le Togo étant un bon élève en ce qui concerne les scandales financiers. Rien ne garantit une réaction efficace du fils de Gnassingbé Eyadéma, lui qui a toujours fermé les yeux sur les crimes financiers qui se commettent dans le pays. Dans l’histoire récente du Togo, il est resté inactif. Des 600 millions de francs CFA détournés sur les fonds de la CAN 2017 au Gabon, aux 26 milliards dilapidés dans le dossier de la construction de la route Lomé-Vogan-Anfoin, les Togolais ont vu un président indifférent. On peut même le soupçonner de complicité puisque dans le cas des rétro-commissions impliquant les ministres Adji Otèth Ayassor et Ninsao Gnofam, aucune action n’a été initiée par le ministère public. En d’autres termes, Faure Gnassingbé n’a donné aucune instruction ou s’est peut-être opposé à une action en justice. Ce n’est que récemment que la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) s’est intéressée à ces deux dossiers, sans toutefois convaincre sur la suite.

D’ailleurs, ce n’est pas Faure Gnassingbé qui depuis 2005 n’a pas fait la déclaration de ses biens, conformément à l’article 145 de la Constitution togolaise qui va s’acharner sur ceux qui l’imitent. On se rappelle le 26 avril 2012. Dans son discours à la nation, il confirme qu’une minorité accapare les richesses du pays au détriment du plus grand nombre. Il n’a rien fait pour corriger cela. Au contraire, les plus riches se sont enrichis et la majorité des Togolais croupissent dans la misère la plus insupportable.

Nous estimons que si Faure Gnassingbé n’est pas en train de berner l’opinion nationale et internationale, il doit prendre des mesures immédiates en ordonnant au Procureur de la République de se saisir du dossier. Et s’il veut que ces crimes financiers et la corruption endémique cessent dans le pays, il doit faire bouger la justice qui lui obéit comme un chien à son maître. Malheureusement, l’information véhiculée par le confrère ne serait que pure manipulation et une manœuvre de diversion. Il ne suffit pas d’être en colère, il faut agir. 

Géraud A. / Liberté Togo

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