Tikpi Atchadam ou l’obsession d’une transition sans Faure Gnassingbé

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Comme annoncé par www.togoactualite.com Tikpi Atchadam a prononcé ce 27 août son discours tant entendu. A la lecture de cette sortie qui intervient après un long silence, le natif de Kparatao n’a pas manifestement changé de discours ni d’orientation. Il est resté fidèle à son triptyque Transition sans Faure – Réformes – Elections. Mais la question que se posent bon nombres de Togolais est de savoir si ce dernier a-t-il les moyens pour réaliser ce qu’il prône depuis son maquis

« Une lecture objective de l’histoire constitutionnelle, institutionnelle et socio-politique de notre pays, force tout esprit rationnel à conclure à une transition. Transition sans Faure ! Voilà l’urgence pour le Togo, le dénominateur commun qu’aucun patriote de bonne foi ne peut rejeter. Au moment où la vie de chacun de nous est menacée par le régime, tout le reste peut attendre. De n’importe quelle position partisane il n’y a aucun problème à défendre ce dénominateur commun non partisan. Partis politiques, universitaires, société civile associative purgée d’agents du régime et d’ambition politique, responsables religieux, organisations de femmes, organisations de jeunes, artistes de la chanson, citoyens togolais, convergeons-y, avec des actions précises, concrètes et effectives sur le terrain. La transition s’impose comme la seule issue. Elle sera chargée, après la libération de tous les détenus politiques, de la mise en œuvre de toutes les réformes indispensables pour la démocratisation du pays. L’œuvre de refondation du Togo achevée, les élections pourront être organisées. Voilà la voie de la normalisation pour notre pays. Pour y parvenir, un impératif : libérer le Togo de la dictature afin que le peuple recouvre sa souveraineté confisquée depuis plus d’un demi-siècle. D’où viendra alors le secours ? Qui sauvera le Togo ? Qui va libérer le Togo ? », a-t-il déclaré.

Pour lui, les Togolaises et les Togolais ne sont pas dupes. Ils n’ont que faire d’un chèque sans provision. Tout comme le quatrième mandat, ce serment, qui relève d’une comédie indigeste, est illégal et illusoire. Le serment que Faure vient de prêter est un non-événement. Pour nous il n’y a pas eu élection. Là aussi, c’est un non-événement. Par conséquent, nous ne parlons pas de démission de Faure. L’impératif que constitue la transition sans Faure est plus fort que tout.

Il continue : « Les acteurs politiques doivent ranger définitivement l’idée d’élection dans les tiroirs jusqu’à la fin de la refondation de l’Etat par la transition, après, bien évidemment, la chute de la dictature. Ce n’est qu’à partir de là que vont se confirmer ou naître les grands partis politiques appelés à animer le débat politique pour longtemps dans notre pays.  Loin de la situation actuelle, l’idéologie des partis politiques comptera à coup sûr. La lutte achevée, sans idéologie, sans discours politique et sans programme politique convaincant, il sera extrêmement difficile pour un parti politique de retenir l’attention d’une Togolaise ou d’un Togolais. L’ère des grands partis politiques aura sonné. S’ouvrira alors, entre ces grands partis politiques en nombre conséquent, un débat d’idées, dans un respect mutuel. […]Pour le Togo et pour l’Afrique, le moindre gain de temps du régime de Faure Gnassingbé est une perte énorme. Alors, renforcez les fora, les plateformes de citoyens, les groupes whatsApp et le porte-à-porte. Nourrissez le débat en recherchant, par la persuasion, un large consensus autour du constat sur le refus d’alternance par le régime, autour de l’objectif qui est la transition sans Faure en vue des réformes avant toute élection, et autour de la stratégie qui est la manifestation pacifique, avec pour force le nombre ».

Selon Tikpi Atchadam, la Nation en danger a besoin de chacun de nous pour contribuer à la densification et à la généralisation de la prise de conscience. Pour ce travail de conscientisation, sensibilisation et mobilisation tous azimuts, toute occasion, tout espace est propice et tout à fait convenable : le champ, le marché, les lieux de services, les universités, les ateliers, entre zémidjan et client, les églises, les mosquées, les couvents, les aires de sport et de jeux divers, la plage, au moulin, autour du puits, etc. Le pic de la phase de maturation produira conséquemment ce que nous appelons une société civile de masse, invincible dans la lutte pour une transition sans Faure Gnassingbé. 

« Contre un régime dont les tenants ont déjà un pied hors du pays, si la mobilisation est bien menée, et que la société gronde de partout, dans toutes les villes, dans tous les quartiers et dans tous les villages, nous n’aurons plus besoin de sortir que pour constater tout simplement la fin du système, et fêter la victoire de la souveraineté retrouvée par le peuple et pour le peuple.   La nouvelle Constitution tout-cousue, les villes et les quartiers assiégés, la loi anti-manifestations pacifiques, l’interdiction des réunions, les arrestations, les enlèvements et l’emprisonnement des patriotes engagés pour l’alternance, les mascarades électorales, le couvre-feu et le bouclage des villes sous prétexte du Covid-19, les exécutions à bout portant de citoyens en plein jour, etc., tout ceci prouve que Faure a peur du peuple. Il sait que seul le peuple togolais, et personne d’autre,  pourra mettre fin à son pouvoir tyrannique.  En ordre de bataille et en rangs serrés, soyons prêts à poursuivre la lutte pacifique pour une seule et même cause : la transition sans Faure. Chacun de nous, individuellement, doit prendre ses responsabilités, et se battre pour mettre fin à cette situation insupportable pour nous, individuellement et collectivement. Il est grand temps de dégager le genou de la famille Gnassingbé avant que celle-ci n’étouffe le peuple togolais en tant que personne collective. Au moment où dans notre pays, le droit à la vie, premier droit de l’homme, est rendu aléatoire par le régime, toute réflexion et action de patriote doit viser la transition sans Faure Gnassingbé. Ce qui manque au peuple en vue de la victoire se trouve en lui ; nous en sommes convaincus », a-t-il conclu.

La rédaction/togoacuatite

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