Togo, Covid-19 : Calvaire pour les rapatriés à l’Hôtel Oba

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La pandémie de la Covid-19 met de nombreux voyageurs dans une situation difficile. Certains se sont retrouvés bloqués dans des pays où ils étaient en voyage. C’est le cas de nombreux togolais qui ont été rapatriés par un vol spécial d’Air France au Togo. Mais cette mesure est loin de faire l’unanimité puisqu’elle représente un risque énorme de propagation de la maladie.

La crise sanitaire a bouleversé le programme de milliers de voyageurs, d’étudiants et de travailleurs togolais de l’étranger. Pour pallier ce soucis, des vols spéciaux sont organisés pour rapatrier ceux qui le désir et qui remplissent les critères définis. Dans cette optique, Les togolais bloqués en Europe depuis la fermeture de l’espace aérien et de l’aéroport de Lomé ont pu rejoindre le pays.

Le samedi 24 mai 2020, un vol spécial de la compagnie Air France a atterrie à l’aéroport de Lomé avec à son bord une centaine de togolais bloqués dans les pays européens principalement en France. Pour les familles de ces togolais bloqués à l’étranger, c’était une bonne nouvelle, une joie pour eux de savoir leurs proches de retour. Toutefois, en raison des menaces de propagation de la Covid-19, le rapatriement des togolais ayant séjourné à l’étranger est très mal perçu.

En effet, en considérant les dispositions mises en place pour éviter la propagation du virus, les personnes revenant de l’étranger sont contraint de rester en quarantaine dès leur arrivé sur le territoire. Toutefois, bon nombre de ces togolais revenus de l’étranger ont été testé positif au Covid-19. Pis, selon des sources dignes de foi certains ont eu des contacts avec leurs proches dans leur lieu de confinement. Une situation qui risque de contribuer à la propagation exponentielle du coronavirus au Togo. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux togolais s’indigne contre cette mesure de rapatriement en période de crise sanitaire.

Malgré les indignations et les risque de propagation, l’ambassade du Togo en France annonce une nouvelle programmation de vols spéciaux pour le rapatriement des citoyens qui souhaiterait encore regagner le Togo. Et pour se faire, un nouveau vol spécial est donc prévu le 10 juin prochain.

Mais l’autre paire de manche, c’est la façon dont ces cas des togolais rapatriés sont traités notamment ceux en quarantaine.

Quarantaine : le grand désordre.

Le mode opératoire de la gestion de la COVID 19 au Togo est l’une des questions qui revient toujours sue le tapis. Au Togo, depuis l’annonce de la pandémie, les mesures prises pour freiner la propagation de la maladie suscite des critiques. Pour preuve, l’histoire des citoyens mis en quarantaine.

Selon nos informations, parmi les 150 togolais rentrés de l’Europe le 24 mai dernier, il y a plus de 50% mis en quarantaine. Oui certains en raison de leur rang social ou encore de leur accointances avec les sommités de l’Etat sont tous simplement rentrés chez eux. D’où le fort risque de la propagation de la maladie. Mais revenons aux concitoyens mis en quarantaine.

Chez eux, c’est la catastrophe. Première faiblesse, selon notre source, il n’y a qu’une seule prise de température depuis leur descente de l’avion et ce, depuis plusieurs jours.

La restauration aux premiers jours, a été décriée par les mis en quarantaine. En ce qui concerne les chambres, on y découvre d’autres incommodités.

Notre source nous renseigne que tout d’abord, c’était l’hôtel Ibis qui était prévu. Aux derniers moments, le choix est mis sur l’hôtel Oba. Pour ceux qui connaissent cet hôtel, ils peuvent savoir que cet hôtel n’est plus opérationnel depuis un moment. Alors facile d’imaginer l’état dans lequel il peut se trouver. Certains dont notre informateur sont obligés de faire appel à leur famille afin de pouvoir se fournir en draps et couvertures.

L’autre problème à soulever et qui est assez dangereux, c’est l’aspect hygiène surtout de l’équipe devant être aux petits soins des mis en quarantaine. ‘’ Ceux qui sont chargés de nous faire à manger, ont les gants à la main 24 heures sur 24. Pire, il n’y a pas de désinfectant donc sont obligés de laver leurs bottes avec les gants à la main.

Aucun interlocuteur en face avec qui discuter pour savoir les conduites à tenir. Une situation qui a poussé un grand nombre à quitter le lieu de la mise en quarantaine pour rejoindre ainsi leur famille sans que le temps de la mise en quarantaine ne soit épuisé. C’est clair que cette façon de procéder représente un risque élevé de la propagation de la COVID 19.

Mais c’est de cette façon décrié que le coronavirus est traité au Togo. « Du cafouillage à longueur de journée, du désordre absolu en plein temps », nous a confié un praticien de la santé.

Le gouvernement doit nécessairement revoir sa copie et mieux préparer l’arrivée annoncée de la prochaine vague de togolais. Cela va dans l’intérêt de tous, surtout si les autorités togolaises ont cette envie de stopper la propagation de la COVID 19.

Éric Gagli

Source : Independant Express

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