Togo : Des distractions chroniques d’un rĂ©gime malade de lui-mĂȘme

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« Qui a ses aises dans le vice, trouvera agitation dans la vertu ». Dans les Tranches de savoir, Henri MICHAUX ne s’étonne guĂšre sur l’histoire des brutes et des pervers, incapables de se redresser Ă  un brin de noblesse. Ils sont si longtemps cousus de mĂ©diocritĂ© ronflante, d’impolitesses incorrigibles, d’escroqueries invĂ©tĂ©rĂ©es, de faussetĂ©s flamboyantes, de fĂ©rocitĂ©s crues, de sottises fumantes, d’éthique chiffonnĂ©e dans leur monde excentrique qui exclut l’ordre, le bon sens et les innovations salutaires.
Le moule d’évolution du Rpt/Unir est d’une piteuse lĂ©gĂšretĂ© avec des coups de gravitĂ© qui tordent le cou Ă  toutes les normes de la raison, de la morale et de l’humanitĂ©. Cet esprit corrosif pour l’épanouissement du citoyen se double d’une corruption saillante, d’une spoliation des populations, du repli identitaire, de la gabegie pour susciter un conflit frontal avec la grande majoritĂ© de notre peuple qui ne peut accepter les ruines de la RĂ©publique et leurs auteurs aux serres de vautours et qui rĂȘvent d’une Ă©ternitĂ© au pouvoir. Les points cardinaux des rapaces qui font office de gouvernants au Togo sont bien connus : les armes de la criminalitĂ©, le parjure, le tripatouillage et l’achat de conscience.
Ils sont malades de ce virus Ă  quatre tĂȘtes et leur prĂ©sence Ă  la tĂȘte du Togo donne Ă  ce pays un visage hideux. Ils forment un clan oĂč l’esprit retors fait l’identitĂ© de leur fabrique aux exploits standardisĂ©s de la mĂ©chancetĂ©. Ce cercle de la terreur vit en permanence une idĂ©ologie du soupçon parce qu’il dissimule mal la peur panique qui le tĂ©tanise au moindre sursaut national.
Il ne comprend pas que le chagrin des peuples est le venin de la tyrannie. Le chagrin est le vecteur imparable de l’éveil de la conscience des populations. Il explore au trĂ©fonds des peuples les ressources de la rĂ©sistance incisive et de leur libĂ©ration. Quand les Togolais ont pris conscience de leur propre force dans l’action unitaire, leur puissance a Ă©chappĂ© Ă  l’étreinte de la tyrannie.
Le rebond mordant de la rĂ©sistance des Togolais qui reçoit l’appui de la CEDEAO pour une sortie de crise peut-il inflĂ©chir la morbiditĂ© de l’esprit d’un rĂ©gime pour le forcer Ă  un pli Ă  l’ordre des Recommandations de l’Organisme sous-rĂ©gional ?
Les signes d’un refoulement autoritaire des mesures de la CEDEAO ne sont-ils pas perceptibles chez les hommes et le prince ?
La nature pervertie des hommes endure-t-elle des mutations soudaines sans contrainte, sans grande violence ?
1) Le fil de la mauvaise conscience
Ceux qui ont bĂąti leur empire sur le crime, les transgressions agressives, le viol, le vol avec l’illusion de puissance et qui se couvrent d’une propagande tapageuse sur la vertu de la paix sans la moindre Ă©lĂ©vation Ă  la noblesse de l’acte sont vite ravagĂ©s par le spectre d’un rĂ©veil populaire sur les droits des citoyens. Ce sont eux qui ont appelĂ© les Togolais au dialogue avec le secret espoir de se dĂ©barrasser de conclusions qui en sortiront comme ils en ont l’habitude.
Mais, le torrent de la contestation qui traĂźnait Faure GNASSINGBE sur ses rotules a mis un Ă©tau sur les conditionnalitĂ©s du dialogue. L’exigence d’une mĂ©diation ou d’une facilitation internationale avec un droit de suivi des phases exĂ©cutives des infĂ©rences du dialogue. Le brouillard Ă  semer l’Opposition est devenu un leurre et le flagrant dĂ©lit de transgression des Recommandations de la CEDEAO est Ă©tincelant pour tous les observateurs qui ont une lecture propre de la feuille de route originelle de la puissance communautaire au secours de la RĂ©publique en vrac.
Quand les hommes sont moulĂ©s Ă  la perversitĂ©, la routine de leurs manƓuvres ne peut les libĂ©rer Ă  la droiture. Nous sommes toujours servis et bien servis par les effrontĂ©s aux cantiques de la paix et du civisme qui ont Ă©tĂ© si gĂ©nĂ©reux Ă  faire Ă©diter pour nous des manuels sur l’éducation civique et morale sans une pointe d’exemplaritĂ© qui crĂ©e la confiance, l’admiration et le principe d’identitĂ©. Ils sont encore sous le projecteur universel qui les voit traficoter et expurger le rapport final d’un sommet, celui de la CEDEAO le 31 juillet 2018 Ă  LomĂ©. Le communiquĂ© final Ă©viscĂ©rĂ© dont la lecture tronquĂ©e par la prestidigitation du ministre togolais des affaires Ă©trangĂšres, Robert DUSSEY n’est qu’un avant-goĂ»t de l’interprĂ©tation oiseuse que le clan GNASSINGBE est prĂȘt Ă  faire du plan de sortie de crise dĂ©gagĂ© par la CEDEAO. L’officine d’outrecuidance dans le faux au palais de KĂ©guĂ© veut se donner un souffle d’air et reprendre la main sur le dĂ©roulement des Ă©vĂ©nements.
Le malheur des gens de certains esprits, c’est de confondre la supercherie avec l’intelligence. Ils pensent que leur platitude Ă  des hauteurs et qu’elle a la force d’aveugler le bon sens et la vigilance naturelle des lucides. VAUVENARGUES s’adresse Ă  ces esprits en ces termes : « C’est ĂȘtre mĂ©diocrement habile que de vouloir faire des dupes ».
A la trajectoire de sortie de crise tracĂ©e par la CommunautĂ©, la dynastie tyrannique, sans vergogne, au nez et Ă  la barbe des chefs d’Etat et des dĂ©lĂ©gations de la sous-rĂ©gion, s’illustre Ă  une dĂ©molition au sabre. Qu’en serait-elle en l’absence d’un Ɠil transcendant ou d’une autoritĂ© de surveillance des mesures acquises pour rĂ©inventer la RĂ©publique en rebut ? Les badigeons de tromperie affleurent de nouveau sur cette feuille de route et le rĂ©gime du faux ne finira pas de nous rĂ©vĂ©ler les distorsions de sens et les renversements de l’objectif visĂ© par des assises sur le Togo.
Toutefois, notre soleil, c’est nous-mĂȘmes ! L’engagement solidaire qui nous a permis de contraindre le « Timoniertricule » au dialogue doit conserver sa rigiditĂ©, sa force incisive, sa rectitude pour conduire Ă  terme chaque point dĂ©battu et conclu qui ouvre le champ de l’alternance dĂ©mocratique. La ferveur incroyablement brĂ»lante pour les urnes Ă  laquelle nous assistons du cĂŽtĂ© du Rpt/Unir ne doit pas nous inquiĂ©ter, parce que nous connaissons notre force, la vision que nous avons des Ă©lections et les conditions apodictiques que nous devons avoir pour toutes les consultations populaires. Plus jamais nous ne serons complices des conditions solitaires d’une Ă©lection.
Les agitations d’une Ă©volution Ă©lectorale Ă  la CENI est une simple recrĂ©ation. Plus personne n’organisera au Togo, de façon solitaire, des Ă©lections. Le contenu de la feuille de route nous en donne la garantie et le comitĂ© de suivi et l’appui technique de la CommunautĂ© sous-rĂ©gionale nous mettent les garde-fous. Ceux qui courent aprĂšs la sottise en voulant prendre de court l’Opposition se mentent Ă  eux-mĂȘmes. Nous savons qu’ils n’ont pas assez d’étoffe pour comprendre ce qui leur arrive. Leur principe de rĂȘve les embrouille. La nouvelle CEDEAO ne conçoit pas perdre pied dans le redressement Ă  l’alternance politique au Togo. Les injonctions des leaders de la rĂ©gion nous le prouvent.
2) Devoir d’exercice de la force
Toutes grandes organisations, toutes les structures communautaires qui intĂšgrent dans leur Ă©volution le processus de redressement et de correction dans leur zone ne peuvent se priver de la puissance de la sanction contre les rĂ©calcitrants membres, les rĂ©cidivistes et tous ceux qui sont prompts aux distractions pour s’écarter des ordonnances communautaires.
Dans chaque collectivitĂ©, on ne peut laisser faire les perturbateurs, les imperfectibles insolences et les dĂ©fiances folles de nocivitĂ© des licencieux qui ne font qu’à leur tĂȘte. Le mĂ©pris des normes de la collectivitĂ© et le rappel Ă  l’ordre sous des prescriptions, des ordonnances ou des recommandations sont de l’ordre logique de la fonctionnalitĂ© du groupe. En revanche, la tolĂ©rance des Ă©carts et des travestissements des ordres et des recommandations sont d’une provocation intolĂ©rable et d’un pĂ©ril qui appellent Ă  la puissance de l’autoritĂ© communautaire. L’exigence de la force pour contraindre ceux qui affichent une bouffonnerie d’intelligence Ă  contourner ou Ă  fouler au pied les dispositions et les correctifs Ă  eux imposĂ©s pour remettre Ă  l’endroit des normes acquises d’évolution de la communautĂ© est absolument nĂ©cessaire voire, inĂ©vitable.
A l’instar du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU qui ne plaisante pas avec ses rĂ©solutions, le droit d’exercice de la force de la CEDEAO s’avĂšre comme une primautĂ© au Togo. La crĂ©dibilitĂ© et la respectabilitĂ© de la nouvelle CEDEAO sont mises en jeu par la tyrannie dynastique du rejeton d’Eyadema qui croit toujours Ă  la supercherie et au parjure comme des marchepieds politiques.
Depuis six mois, le Palais de KĂ©guĂ© oppose Ă  la CEDEAO une volontĂ© manifeste de maintenir en prison tous ceux qui sont dĂ©crĂ©tĂ©s inculpĂ©s par les forces de la rĂ©pression qui tuent, qui violent les domiciles privĂ©s et qui passent Ă  tabac de façon indiffĂ©renciĂ©e la maisonnĂ©e. Si Faure ne peut pas se rĂ©soudre Ă  libĂ©rer les prisonniers politiques sans ressentir une dĂ©termination forte de la puissance communautaire de la CEDEAO, l’empressement Ă  travestir la forme et le contenu de la feuille de route de sortie de crise va croĂźtre en lui.
Un rĂ©gime qui vit de crises et qui se maintient par l’inspiration au dĂ©sordre ne peut, de lui-mĂȘme, choisir de sortir de cette spirale. Il tente de faire de la CENI le nouvel Ă©picentre du cramponnement de la crise parce qu’il nage toujours en eau trouble. A chaque instant, l’inspiration tyrannique se dĂ©partit des clauses les plus simples et n’a de vĂ©ritĂ© que dans la rĂ©sidence du superflu. Elle est promptement fĂ©conde dans l’intelligence du faux et de la rapine.
Aucune tyrannie au monde qui dispose d’une main libre ne se soumet aux injonctions et recommandations qui la privent de sa volontĂ© de puissance qui, du reste, rĂ©side essentiellement dans la transgression. Faure ne respecte rien dans sa vie. Ni la Constitution, ni l’APG, ni l’accord dit historique RPT/UFC, ni les recommandations de la CVJR, ni les normes dĂ©mocratiques de l’UEMOA, ni le Protocole additionnel de la CEDEAO sur la dĂ©mocratie et l’alternance politique, des chiffons que surpassent la valeur de ses rĂȘveries solitaires.
La communautĂ© sous rĂ©gionale doit comprendre comment Faure et son rĂ©gime fonctionnent pour mieux orienter ses actions de coercition. Elle aurait Ă©tĂ© d’une Ă©norme naĂŻvetĂ© sans l’utilisation des armes de la dynastie : La force militaire.
 
source :L’Alternative
 

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