Togo : DSRP. SCAPE. PUDC. PND… Des sigles faiseurs de nouveaux riches autour de Faure Gnassingbé !

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photo@buzzdutogo.com


Les projets ou programmes pour sortir les Togolais de la pauvreté ne manquent pas. Depuis 2005, ils se succèdent, mais ne se ressemblent pas. A chaque fois, on vante les mérites de ces programmes qui ne se révèlent à la fin qu’un éléphant aux pieds d’argile. En réalité, ces programmes ne profitent qu’à leurs concepteurs qui les vendent bien aux bailleurs de fonds qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour les financer. Le peuple togolais, quant à lui, continue son chemin de croix dans une misère qui est devenue son quotidien.

Selon les différentes enquêtes, plus de 60% de la population togolaise vit en dessous du seuil de la pauvreté. « L’incidence de la pauvreté est très élevée en milieu rural où trois ménages sur quatre sont pauvres contre deux sur cinq en milieu urbain. Les régions les plus touchées par la pauvreté sont la Région des Savanes (90,5%), la Région Centrale (77,7%) et celle de la Kara (75%). Par ailleurs, la pauvreté est fortement corrélée avec la sous-alimentation dans la mesure où 64,2% de la population pauvre est sous-alimentée », lit-on dans le Document complet de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP-C). Mais ce document dont l’élaboration, les ateliers de validation, la mise en œuvre ont englouti des centaines de millions est-il arrivé à réduire la pauvreté au sein de la population togolaise ?

Ce DSRP piloté avec des milliards de nos francs par Gilbert Bawara, l’actuel ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme administrative ne s’est limité qu’à des ateliers de formation, de renforcement des capacités, de validation des plans stratégiques, sans pour autant contribuer à résoudre le problème pour lequel on dit l’avoir élaboré. Celui qui pilotait ce programme est devenu aujourd’hui un milliardaire alors que les Togolais, ceux des milieux ruraux surtout, continuent de tirer le diable par la queue. Finalement, le DSRP conduit au point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) en 2010.

Là encore, on avait commencé à miroiter un lendemain meilleur aux Togolais. A en croire le gouvernement, à l’époque dirigé par Gilbert Houngbo, c’est la fin de la misère des Togolais. Il avait précisément donné six (06) mois aux Togolais pour les conduire vers la « Terre promise ». Mais cette promesse s’est révélée une fois encore un marché de dupe, car en réalité, les dirigeants togolais, dans leur souci de s’enrichir et préoccupés par la conservation à tout prix du pouvoir, avec en toile de fond des investissements aux fins de propagandes électorales, n’ont réussi qu’à appauvrir davantage les populations et rendetter le pays.

« Les solutions miracles ne sont généralement pas viables à long terme. Il ne faut donc pas se laisser tenter par les calendriers politiques et l’attrait des victoires électorales. Le développement est un exercice d’endurance assorti d’avancées progressives », avait indiqué Mme Sri Mulyani, ancien ministres des Finances de l’Indonésie, Directrice à la Banque Mondiale. Et commentant le budget annuel de 2014 du Togo, l’ancien chef de la Délégation de l’Union européenne, Nicolàs Brelanga-Martinez déclarait : « Nous ne sommes pas arrivés à comprendre quelques choix en termes de recettes et de dépenses qui montrent que c’était trop expansionniste par rapport à la réalité. Mais sur cette base, on avait demandé un dialogue franc pour essayer de comprendre. C’est indispensable ! Nous, sur l’expansionnisme du budget, nous sommes demandé la durabilité, la soutenabilité de ce budget. Les gouvernants ont une envie d’investissements qui est très louable, mais qui doivent aller en parallèle avec les revenus. Sinon vous serez endettés. Et les dettes publiques sont payées par les générations futures ».

Et la supercherie se répète d’année en année. Ce qui explique le refus par l’opposition parlementaire de la législature précédente de voter les budgets.

Pour camoufler à son échec, le régime invente un autre programme, la Stratégie de croissance accélérée pour la promotion de l’emploi (SCAPE). Ce projet (2013-2017) piloté par un certain Djossou Sémondji, aujourd’hui Conseiller à la Présidence de la République, a aussi englouti des milliards sans régler le quotidien des Togolais que la pauvreté continue de broyer. Beaucoup de choses se sont passées avec ce projet qui, finalement, n’a aussi qu’enrichi ceux qui ont gravité autour du concept.

Puis vient le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC) et le Plan national de développement (PND). Aujourd’hui, c’est surtout le PND qui est vendu aux partenaires qui n’hésitent pas à ouvrir leurs mallettes. Sauf que pour Faure Gnassingbé qui, à l’orée de son troisième mandat, c’est une opération de charme envers les populations pour la présidentielle de 2020. En réalité, ce projet ne fait que reprendre ce qu’on a déjà essayé avec les autres sigles vendus aux bailleurs de fonds.

Des milliards engloutis par des sigles

En clair, ce sont des sigles inventés par le clan au pouvoir pour soutirer des milliards aux partenaires du Togo. DSRP, SCAPE, PUDC, PND, etc. ne sont que des sigles, mais génèrent des richesses pour ceux qui les pilotent. Ce sont ces programmes et projets qui créent les nouveaux riches qui gravitent autour de Faure Gnassingbé. C’est la minorité dont parle le Prince lui-même.

Quant aux populations togolaises, rien ne change dans leur quotidien. Les miettes créées pour, dit-on, les sortir de la pauvreté sont en fait des pièges pour les racketter. On en veut pour preuve ce machin de FNFI qui est devenu un casse-tête chinois pour les pauvres femmes obligés de fuir quand le moment vient de rembourser. En somme, ces programmes n’enrichissent que la minorité au pouvoir. Le peuple continue sa descente aux enfers.

 
Source : L’Alternative
 

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