TOGO / ÉCONOMIE : Vampirisme d’État / Cina Lawson et Adji Otèth Ayassor.


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Pour la plupart des acteurs avertis de la politique et de l’économie du Togo, le tableau est sombre. Le dernier rapport d’audit de l’Autorité de Réglementation des Marchés Publics, les observations inquiétantes du Fonds Monétaire International, la situation globale d’austérité qui frappe les populations sont des signes avant coureurs d’une décrépitude dans la gouvernance à vau l’eau qui est organisée au Togo. Une gouvernance atypique incarnée par des personnalités qui excellent en toute impunité et qui entraîne le Togo vers le pire : une grave crise économique.
 
Le sommet de l’Etat semble incapable de mettre les pendules à l’heure, la débandade est observée au gouvernement, l’ennui et l’oisiveté pompeusement baptisés « vacance du gouvernement ». La chienlit est au top, le propriétaire de la maison est absent, les clés de la serrure sont rouillées. C’est un véritable génocide financier qui frappe le Togo….Dossier.
 
Voracité et caprice de Cina Lawson
 
Si les inventions aéronautiques réussissaient un jour à suspendre une planète vivable dans la galaxie en dehors de la Terre, c’est sûr, la ministre togolaise des télécommunications et de l’économie numérique s’en taillerait quelques hectares pour y résider. Cette analogie vient justement caricaturer le goût excessif et obsessionnel de cette dame du pouvoir pour les voyages dans les airs. Quelques illustrations apportent de l’eau au moulin à ceux qui pensent que Cina Lawson en fait un peu trop dans des exigences à effectuer de multiples pérégrinations.
 
Il y a environ deux ans, alors qu’elle était ministre, invitée à participer à une rencontre tripartite sur la fibre optique entre le Togo, le Ghana et le Burkina Faso à la frontière Togo-Burkina, la super dame de la république togolaise a exigé qu’on lui affecte un avion avant qu’elle n’effectue un seul pas vers ce rendez-vous qui devrait permettre au Togo d’améliorer son système de connexion internet. Après moult tractations, le gouvernement togolais a cédé à ses desiderata et a affecté un avion privé. Finalement, aussi méprisant et curieux que cela puisse paraître, pour le retard accusé dans la recherche de l’avion, Cina Lawson a boycotté la rencontre. Simple exemple.
 
Il y en a pire. Récemment, après l’élection présidentielle du 25 avril 2015, pour jouir d’une partie électorale bien réussie, certaines presses ont évoqué que la super ministre a passé ses vacances en compagnie de sa sœur en Afrique du sud, à bord d’un jet privé affecté sur le budget du contribuable. Des dizaines de millions de FCFA affectés, sans aucune forme de procès.
 
Cina Lawson, ministre des Télécommunications et de l’Économie numérique fait des sociétés d’Etat qui relèvent de son département, des épiceries personnelles, où toutes les dépenses les plus fallacieuses et onéreuses au Togo comme à l’étranger sont payées avec l’argent du contribuable qui ne bénéficie même pas de la qualité des prestations qu’elle est appelée à offrir.
 
La téléphonie au Togo est catastrophique, la connexion internet chaotique, les projets de connexion de câbles restent de véritables mirages. Plusieurs experts expriment une réelle crainte pour le sommet de novembre sur la sécurité maritime. La disponibilité d’une connexion de qualité pour les 4500 invités relèverait du miracle avec l’étape à laquelle sont les travaux.
 
Le plus inquiétant, écœurant à la limite, reste le fait qu’elle se donne le plaisir de s’imposer dans tous les voyages du Chef de l’Etat, de traîner continuellement dans les différentes délégations, alors que son vrai travail l’attend à Lomé, au pays. C’est le plus grand scandale offert par cette dame qui, selon l’entourage de Faure Gnassingbé, est arrivée à détrôner toutes les dames qui rôdent autour du président.
 
Cina Lawson a pris la situation en main. La dame de fer Ingrid Awadé aurait perdu ses griffes, la directrice de cabinet du président, Victoire Tomégah-Dogbé ne tient plus devant la carrure méprisante et « impolie » de cette dame, l’autre dame du riz, Julie Béguédou, peine à juguler ses lourdes dettes et n’a point l’occasion de bénéficier des facilités d’antan offertes par sa proximité concubine avec le Chef de l’Etat. Plusieurs courtisanes de la cour de Lomé 2 se sont vues radier, et écarter du locataire. Elle s’est imposée devant l’incapacité de ses rivales, nombreuses rivales.
 
Cina Lawson devient donc la bête noire de l’administration de Faure Gnassingbé. Aucun ministre n’ose lui exprimer une quelconque plaisanterie, les partenaires sont refoulés selon son humeur constamment sarcastique.
 
Les affaires, elle sait bien les faire. La campagne électorale qu’elle a pris le temps d’organiser avec son petit réseau de copains et de coquins a mis tous ceux qui ont contribué à la « victoire » frauduleuse de Faure Gnassingbé sur le carreau.
 
Pour tous les grands projets des télécoms, c’est elle qui choisit les cabinets d’expertise, les entreprises d’exécution et de contrôle et c’est elle qui marchande les budgets qui sont débloqués sans complexe par l’autre vampire…. Ministre des Finances et l’Économie, Adji Otèth Ayassor.
 
Il y a donc de quoi endetter lourdement le Togo, et il y a de la matière à nourrir le rapport d’audit de l’ARMP. C’est le Togo qui ploie sous le poids du génocide financier qui est incarné aussi par le ministre de l’économie et des finances.
 
Vampirisme organisé d’Ayassor
 
Le Tout puissant ministre d’Etat de l’Économie et des Finances, Adji Otheth Ayassor a coutume de dire qu’il est un bon gendarme de l’économie, c’est pourquoi tout le monde le déteste ou le critique. Cette façon de raccourcir la chose et de se donner raison est dangereuse, hypocrite et même méchante.
 
C’est vrai, certaines reformes effectuées depuis l’arrivée du Ministre Ayassor ont permis de réglementer certains secteurs de l’économie. Mais, cela ne dédouane pas le ministre de l’économie que d’aucuns, ceux qui l’ont vu à l’œuvre, présentent comme un grand corrompu, voleur à la limite.
 
Son histoire de construction de la route de Wacem de Tabligbo met à nu un homme qui se couvre de la peau d’un intègre. Il suffit de le soumettre à la danse de Zadig pour comprendre que le ministre est un serviteur indélicat, corrompu, malhonnête et hypocrite.
 
Les multiples plaintes des usagers de la voie Tabligbo-Tsévié, surtout les transporteurs ont obligé les responsables de Wacem à entrer en discussion avec les autorités togolaises en vue de construire la route Tabligbo –Tsévié.
 
Une première réunion tripartite composée du ministère des travaux publics (à l’époque avec Andjo Tchamdja), de Wacem et du ministère de l’Économie et des Finances a permis de trouver l’accord pour la réalisation.
 
Une semaine après la réunion, le ministre Adji Otèth Ayassor appelle de son téléphone les patrons de Wacem de poursuivre les discussions sans le chargé des travaux publics. Ce qui fut fait avec la déconnexion subtile d’Andjo Tchamdja suivi du versement à Ayassor d’une avance de 1,5 milliard FCFA pour démarrer les travaux.
 
Pour tromper la vigilance des Indiens de Wacem, le très rusé et malhonnête ministre a engagé quelques engins de travaux publics pour servir de trompe l’œil. Quelques engins qui ont donné dans un acharnement inédit, le démarrage des travaux. Le mobile caché du ministre était de se voir verser le reste du milliard et demi de FCFA, ce qui fut fait dans les semaines à suivre. La même semaine, après encaissement des fonds, les engins ont été rapatriés, et les 3 milliards FCFA des Indiens volatilisés ou versés dans le coffre-fort qui se trouve sur le toit d’Adji Otèth Ayassor dans sa résidence de Défalé dans le nord du pays.
 
Invité à s’explique sur l’arrêt brusque des travaux, le ministre Ayassor n’a rien dit d’autre que de convertir les 3 milliards FCFA encaissés en taxes fiscales à venir, ce qui fut fait. La trace, nul ne la maîtrise.
 
Voilà donc pourquoi, le Ministre Ayassor est accroché à cette histoire folle de l’Office Togolais des Recettes qui devrait commencer par l’interpeller lui-même avant les autres qui doivent à l’Etat.
 
Le Ministre Ayassor est présenté comme indélicat. Travaux publics, banques et assurances, opérations aéroportuaires et maritimes, impôts et douanes sont à la solde de ce ministre qui finira tôt ou tard par se faire rattraper par ces crimes économiques commis constamment dans une allégresse sans pareille.
 
Le génocide financier
 
L’hyperbole de génocide financier a bel bien sa place dans un contexte économique togolais miné par des vampires qui sucent le sang de cette économie et la mettent en genou. Une situation qui interpelle les institutions de Brettonwood qui présentent un tableau inquiétant du Togo. Ce tableau macroéconomique n’a pas ses effets qu’au sommet de la gouvernance. Le bas-peuple en souffre cruellement avec une austérité socioéconomique qui frappe les foyers, les familles et les activités économique menées par les PMI/PME.
 
La systématique asphyxie des activités économiques par des mesures draconiennes et insensées, à la limites illégales prônées par l’Officie Togolais des recettes, instrument privé d’Adji Otèth Ayassor ( et son proxy le Rwandais unilingue anglophone Henry Gapéri ), et l’approximation dans la fourniture des prestations en téléphonie et en Internet, le tout couronné par l’amassement incontrôlé de richesses par des individus constituent un précédent dangereux, non seulement pour la stabilité, face à des millions de victimes, mais reste préjudiciables aux vampires qui incarnent ces crimes économiques.
 
Comme pour leur dire que le régime de Faure Gnassingbé n’est pas éternel, et dans un État, on finit par se faire rattraper par ses actes protégés et encouragés dans le présent par un système d’impunité et de tolérance aveugle et injustifié.
 
Oh Marie conçue sans péchés, Priez pour nous qui avons recours à Vous !
  
Source : [26/08/2015] Carlos Ketohou, L’Indépendant Express
 

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