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Togo : Face à un pouvoir qui dégamme à volonté, de la nécessité pour l’opposition d’aller à l’essentiel

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L’élection présidentielle de 2020 est une nouvelle étape de la longue et douloureuse vie des Togolais sous les Gnassingbé. Comme une écharpe de plomb, la plupart des Togolais vit le bail prolongé des Gnassingbé à la tête de leur pays comme un véritable chemin de croix. Pour beaucoup, 2020 devait en principe consacré l’arrivée à Canaan, l’épilogue de ce calvaire qui n’a que trop duré. Comment y parvenir ? Les débats enflent.

Candidature unique ou plurielle

Dans l’opinion, la candidature unique des forces démocratiques l’emporte. Certains estiment que c’est la condition sine qua non pour remobiliser le peuple apparemment lassé de courir après l’alternance alors même que la plupart des pays voisins, n’ont pas lutté tout autant avant de l’arracher. Mais dans la réalité des faits, la candidature unique s’est toujours révélée une gageure qui divise plus. D’année en année, la problématique revient. A ce jour, plusieurs voix de l’opposition démocratique, se fondant sur l’élection uninominale majoritaire à deux tours, trouvent inopportun d’imposer une candidature unique.

Le Président du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) Me Yawovi Agboyibo avance que c’est un « débat stérile ». Selon l’ancien premier ministre, la polémique sur la question de savoir si l’opposition doit aller au scrutin présidentiel avec une candidature unique ou non est un « débat stérile » dès lors qu’il est évident que sans un préalable déverrouillage approprié des institutions en place, le résultat sera pareil à celui des élections locales. Me Agboyibo considère que l’organisation des élections équitables et la promotion d’une prospérité générale profitable à tous, continueront à être entravées aussi longtemps que seront maintenues des « institutions incapables, de par leurs règles de composition et de fonctionnement, à éradiquer le mensonge, la terreur et le favoritisme dont souffre notre pays. Si une concertation vaut la peine d’être menée aujourd’hui entre le pouvoir et l’opposition dans l’intérêt du pays, c’est celle visant à déverrouiller les institutions pour les rendre aptes à promouvoir le respect de la vérité, de la liberté et de l’équité ».

De son côté, le Secrétaire Général du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR) Professeur Wolou Komi « C’est une erreur de penser que la seule option pour remporter l’élection est la candidature unique. Donner l’impression que sans cette candidature unique, on va forcément à l’échec, n’est pas judicieux. Quand on fait de mauvais diagnostics, on aboutit toujours à de mauvaises solutions».

Avant même que ce débat ne refasse jour, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et l’Alliance des Démocrates pour un Développement Intégral (ADDI) avaient préconisé lors des journées de réflexion de la C14, la candidature plurielle. Le Président de l’ANC Jean-Pierre Fabre continue de soutenir cette position. Selon M. Fabre, « subordonner tout à la candidature unique, c’est chercher la solution à un problème qui n’existe pas ». « Le problème aurait existé et la candidature unique aurait été une nécessité si on constate qu’au cours de toutes ces élections de 1998 à 2015, les voix qui sont portées sur l’opposition lui donnent la majorité absolue et que le pouvoir l’emporte par la majorité relative.

Ce qui n’est pas le cas », a indiqué le leader de l’ANC. Pour lui, il faut s’attaquer à la fraude, régler les questions de transparence des élections et non rechercher la solution d’un problème qui n’existe pas ». Le premier Vice-Président de la DSA, Richard Tindjo soutenant aussi la pluralité de candidats de l’opposition, évoque l’idée de trois candidats géopolitiques concertés. « La candidature unique sera suicidaire, car il suffit qu’il soit éliminé de la course par le régime avec la complicité de ses institutions et c’est fini pour l’opposition.

C’est pourquoi nous proposons un positionnement géostratégique: 3 candidats pour l’opposition démocratique. Un candidat qui va mobiliser le Grand Nord c’est-à-dire la Région Savanes et une partie de la Kara, un candidat au centre qui va mobiliser une partie de l’autre moitié de la Région Kara, la Région Centrale et la Région des Plateaux, un candidat vers le sud qui va mobiliser la Région Maritime et le Grand Lomé.

Avec ce positionnement géostratégique, l’opposition a la chance de contraindre par le vote stratégique le candidat du pouvoir d’aller au second tour. Au deuxième tour, les trois candidats dans un accord de gouvernance, s’organisent pour soutenir le premier parmi eux pour remporter au second tour », écrit Dr Tindjo.

A ce jour, il n’y a que la Convention Démocratiques des Peuples Africains (CDPA) et les Forces Démocratiques pour la République (FDR) qui maintiennent l’idée de candidature unique de l’opposition. S’agissant toujours de la candidature unique de l’opposition face au parti au pouvoir, certains partis politiques, notamment ‘SANTE DU PEUPLE’ a proposé que l’opposition tout entière s’aligne derrière un candidat apolitique contre le régime en 2020. Mais, cet aspect du débat n’a pas vraiment été nourri par les opposants togolais.

A y regarder de près, l’unanimité ne pourra se faire autour de la candidature unique. De là, de deux choses, l’une. Si l’idée ne prospère pas, il est alors plutôt utile de s’organiser le plus tôt autour des conditions d’organisation de ce scrutin. Il ne sert à rien de se mentir soi-même. Le réalisme et l’engagement sincère des forces démocratiques constituent dans le contexte actuel, les premiers paliers pour redonner à la lutte démocratique sa quintessence.

Kokou Agbemebio

Source : Le Correcteur

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