Togo, Front social, Le retour de la tempête : Les enseignants-chercheurs en grève, les magistrats s’y préparent…

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Nommé président de l’Université de Lomé en 2016, le jeune universitaire agrégé Dodzi Komla Kokoroko, après quelques réalisations, devient très arrogant. Ses décisions impopulaires créent des frustrations. Ce ne sont pas seulement les étudiants qui en sont mécontents mais aussi ses collègues enseignants qu’il nargue souvent. Après avoir augmenté imprévisiblement les frais d’inscription en Master et en Doctorat, on s’attendait qu’au moins les infrastructures pour faciliter les recherches connaissent quelques améliorations. Mais « Pied à terre ».

Les laboratoires n’ont pas de locaux. Leurs sièges se trouvent dans le sac de leurs directeurs scientifiques. Des amphis pour mener des activités au sein de laboratoires, du moins pour quelques heures, sont difficilement acquis. Sans équipement, sans fonds de fonctionnement, la recherche n’est pas chose facile dans le temple du savoir. C’est un véritable calvaire pour les étudiants et les universitaires.

Fidèlement soutenu par une confrérie des anciens de Poitiers qu’il promeut à loisir, le conseiller juridique de Lomé II, est accusé et critiqué pour sa politisation à outrance de l’Université qu’il utilise pour régler ses comptes et faire taire la pensée libre. Sa récente gestion scandaleuse des notes des examens en est une illustration édifiante. Sous l’inspiration du prince, il s’embourbe dans des initiatives (de l’organisation du Forum présidentiel de la jeunes à celle des FORAS) qui finalement ont fait l’objet de plusieurs reports. Par son positionnement, Dodzi Kokoroko a peut-être oublié qu’il a sur la table des doléances et des reliquats des accords à mettre en œuvre.

Eh oui, les enseignants-chercheurs sont vent debout « pour le rayonnement de l’enseignement supérieur et la recherche au Togo ». C’est ainsi qu’ils sont en grève depuis hier lundi 4 juin pour 6 jours. Avec pour précision que le mouvement est « reconductible si aucune solution n’est trouvée » à leurs revendications. Leur plateforme revendicative porte notamment sur la prise en compte des augmentations obtenues depuis 2011 dans le calcul des pensions des retraités, le remboursement des cotisations faites par les enseignants-chercheurs contractuels intégrés dans la Fonction publique à la Caisse nationale de sécurité sociale, le reliquat de l’accord de novembre 2011, l’intégration systématique dans la fonction publique des enseignants inscrits sur une liste d’aptitude du CAMES, les moyens pour la recherche (bureaux, laboratoire, équipements et les fonds de fonctionnement, voyages d’études pour tout enseignant-chercheur…).

Les grévistes réclament aussi et surtout l’élection des Doyens des Facultés par tous les enseignants, la programmation d’effectifs raisonnables d’étudiants dans les salles de cours et travaux dirigés, la suspension des devoirs de dimanche. Autres points qui font l’objet de colère au sein du corps enseignant et du personnel de l’Université de Lomé concernent la garantie de leur sécurité et le respect de leur intégrité physique. Aussi exigent-ils des mesures de leur protection et celle de leurs biens lors des manifestations des étudiants et des garanties de dédommagements conséquents, le remboursement des soins de santé, la mise en œuvre du tiers payant et la non intervention du SRI dans la gestion des notes des examens au mépris des dispositions universitaires.

Chez le confrère en ligne togobreakingnews, le président de l’Université de Lomé brandit des menaces. Dodzi Kokoroko a laissé entendre que « ces enseignants sont libres de faire grève avec le risque de se faire défalquer les jours de dérayages », rapporte le confrère. Et de le citer : « Pour honorer son engagement, le gouvernement a décidé de faire un collectif budgétaire. Reste que le projet passe à l’Assemblée nationale pour que l’argent soit versé aux enseignants. Mais certains de nos collègues ne peuvent rien entendre et veulent être satisfaits ici et maintenant. Moi-même, je suis enseignant et si les salaires sont augmentés, j’en bénéficierai. Mais on ne peut pas inverser l’agenda parlementaire ». Loin d’arranger les choses, il a plutôt, à travers cette réaction, soufflé sur des braises. Le bras de fer ne fait que commencer.

Pendant ce temps, dans l’appareil judiciaire, la tension monte. Les magistrats lancent un préavis de grève de 04 jours du 12 au 15 juin prochains, pour réclamer les meilleures conditions de vie et de travail. Pendant le débrayage, les audiences civiles, correctionnelles, commerciales, administratives…seront suspendues. Les actes d’instructions aussi.
 
Source : L’Alternative
 

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