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TOGO : Grands travaux de réfection sur les contournements Alédjo-Défalé, l’impunité sera-t-elle encore garantie aux responsables du scandale?

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A peine ouverts à la circulation, les contournements d’Alédjo et Bafilo sont déjà, de nouveau, en chantier. Les travaux initiaux sont manifestement mal réalisés, et décision a été prise de les refaire. Alors que les travaux sont en cours, aucun mot sur les responsabilités dans ce nième scandale. L’impunité sera-t-elle, cette-fois encore, garantie aux responsables ?
 
Mars 2014. Sur le site manationtogo.com, un point est fait sur les grands travaux publics en cours dans le pays. Les contournements aussi sont évoqués. « La traversée de la faille d’Alédjo est une section critique de la RN1. Constituée par un tronçon d’une pente de plus de 10 pour cent sur une longueur d’environ 20km, elle est la cause principale de graves accidents des camions gros porteurs sur la RN1. La correction de cette section noire et critique de la RN1 permettra à ces poids lourds d’éviter définitivement les fortes déclivités du tronçon entre les localités d’Aléhéridé, Alédjo et Bafilo. Il en est de même des monts Défalé constitués par un tronçon d’une pente de plus de 13 % sur une longueur d’environ 7km.
 
Les travaux réalisés sur ces tronçons comprennent notamment la construction de la chaussée, d’ouvrage d’assainissement et de drainage, d’ouvrages d’art (ponts) ; des travaux de signalisation et de sécurité routière ; des prestations environnementales et érection de postes de péage. Les travaux sont financés par EXIM BANK de la République populaire de Chine avec la participation du gouvernement togolais, et sont exécutés par la Société Nationale Chinoise des Travaux de Ponts et Chaussées (SNCTPC).
 
Les prestations de contrôle et de surveillance des travaux qui sont financées par la BOAD à hauteur de 100 pour cent, sont réalisées par le bureau de consultants CIRA SA. Le montant des travaux est estimé à 62031391,99 Dollars US (HTT) pour un délai d’exécution de 28 mois prorogé de 13 mois. A l’heure actuelle, les travaux sont exécutés à 95%. Restent les travaux de construction des péages dont la fin est prévue pour le mois de mars », y lit-on.
 
Déjà, il faut noter le retard dans l’exécution des travaux. Le délai a dû être prorogé de 13 mois. En janvier 2013, Faure Gnassingbé se déplace sur le chantier qui peine à finir pour constater l’avancement des travaux. Son ministre des Travaux publics se justifie, dédouane les entreprises et s’engage sur un nouveau délai. « Un chantier de cette nature comporte toujours des difficultés. Il s’agit de tailler la montagne pour faire passer une route.
 
Donc, vu l’état d’avancement des travaux, nous pourrons dire d’ici fin novembre de cette année que le chantier sera prêt », a déclaré Ninsao Gnofam. Le nouveau délai du ministre n’est pas non plus très respecté. En mars 2014, les travaux étaient toujours en cours. Mais le site de propagande du gouvernement publiait ceci, en janvier de la même année 2014 : « le ministre s’est félicité de la rapidité avec laquelle le contournement des Monts Alédjo et de Défalé a été réalisé, en dépit de la complexité du terrain. Une prouesse technique à mettre au crédit de l’entreprise Chinoise des Ponts et Chaussées. Les travaux ont été achevés en moins de 3 ans ».
 
Décembre 2015, le gouvernement ferme les contournements dit Alédjo 1 et Alédjo 2. « Des travaux de maintenance doivent être réalisés pendant plusieurs semaines. Voitures et camions devront emprunter les anciennes voies, le temps pour l’entreprise chinoise de TP SNCPC de sécuriser les ouvrages (…) le ministre des Transports, Ninsao Gnofam, a indiqué mercredi que seuls les contournements d’Alédjo 1 (Aléhéridè – Kpéwa ) et d’Alédjo 2 (Koumondè –Bafilo) étaient concernés par une fermeture pour travaux. Le contournement de Défalé est, lui, ouvert au trafic automobile. La Société Nationale Chinoise des Travaux de Ponts et Chaussées (SNCTPC) va procéder à la correction de malfaçons constatées sur Alédjo 1 et 2. Des travaux entièrement supportés par l’entreprise de TP qui avait la responsabilité du chantier, a précisé M. Gnofam », lit-on sur la page du site de propagande du pouvoir republicoftogo.com.
 
Ce qui au départ est présenté comme une merveille, un coup de génie réalisé avec « rapidité » (malgré la prolongation du délai de plusieurs mois) devient un scandale. Un château de carte qui s’écroule en quelques mois, alors qu’il est supposé durer au moins dix ans. Et pour toute excuse, le ministre avance que les travaux seront refaits aux frais de l’entreprise. Encore faut-il pouvoir vérifier l’origine des fonds destinés à la réfection.
 
Mais qu’à cela ne tienne, un chantier de travaux ne se réalise pas comme on construit la cage de son chien à la maison. Dans le cas des travaux publics, qui plus est, un chantier situé dans une région montagneuse devant aboutir à la construction d’une route internationale destinée à supporter un flux important de camions gros porteurs, des études préliminaires sont commanditées.
 
La réalisation des travaux est soumise à une surveillance stricte d’un cabinet de contrôle indépendant (financée dans le cas présent par la BOAD) et supervisée par les services techniques du ministère. Comment a-t-il été possible que les travaux ont été conduits jusqu’à la fin sans que personne n’ait pu voir venir le danger et arrêter les travaux à temps pour des corrections ? Faure Gnassingbé a visité le chantier au moins une fois, son ministre Ninsao Gnofam et les services techniques à maintes reprises.
 
Aujourd’hui il n’est plus question de se contenter des arguments du genre « l’entreprise va refaire les travaux à ses frais ». Pour une fois, l’Exécutif doit pouvoir diligenter ou faire diligenter une enquête sérieuse et indépendante de sorte à situer les responsabilités et exposer chaque acteur à ses responsabilités. Dans un pays normal ou l’impunité n’est pas érigée en mode de gouvernance, le ministre en charge de ce département devrait soit de lui-même rendre le tablier ou, à défaut, démis, en attendant les résultats des enquêtes. Mais sous Faure Gnassingbé, les auteurs de graves scandales sont plutôt promus. Les exemples sont légions. Les députés aussi, toute tendance confondue, doivent ouvrir une enquête parlementaire pour connaître les tenants et les aboutissants de ce scandale. Le contrôle de l’action gouvernementale ne saurait être limité à de simple interpellations des ministres.
 
Le fameux projet BIDC, réalisé sur un prêt de la banque avec un fond indien, est aujourd’hui un symbole de l’impunité qui caractérise le régime de Faure Gnassingbé. L’Homme qui a piloté ce projet, un véritable fiasco, est un conseiller de Faure Gnassingbé qui s’est enrichi sur un projet destiné à améliorer les équipements des hôpitaux. Dix milliards empruntés à l’Inde ont ainsi disparu dans la nature ou fini dans les poches des amis de Faure Gnassingbé. Dans le cas de ce projet précisément, Faure lui-même a touché du doigt la gabegie. Et pourtant personne n’est sanctionné. Au contraire, les coupables se sont vu confier des missions plus prestigieuses au nom de la République. Dans ces conditions, rien ne dissuade ceux qui sont tentés par le détournement et la corruption de faire prospérer leur business. Puisque la tête du pays est elle-même déjà pourrie.
 
Mensah K.
 
source : L’ALTERNATIVE
 

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