Togo : Il a lancé le PND, « sa victoire » l’a Enterré !

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A partir d’une caricature de Donisen Donald / Liberté
A partir d’une caricature de Donisen Donald / Liberté

« La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite, car elle est momentanée »(Mahatma Gandhi).

L’argent n’aime pas le bruit, ont l’habitude de dire les banquiers. Chez les opérateurs économiques, l’argent n’aime pas les incertitudes. Le Togo et le Plan national de développement (PND) de Faure Gnassingbé devraient le savoir. Malheureusement, « aucun sacrifice n’est trop grand lorsqu’il s’agit de l’accaparement du fauteuil présidentiel ».

L’inénarrable président de la Cour Constitutionnelle, le vieux Aboudou Assouma n’a pas dérogé à la règle et a fait ce que le parti au pouvoir attend de lui : confirmer la fraude électorale en bottant en touche les recours à tous les niveaux lors de la présidentielle du 22 février 2020. Mais il est des « victoires » que le temps permet de regretter.

Des promesses électorales à redonner vie à un eunuque, Faure Gnassingbé en a fait. Au point qu’il lui est quasi impossible –lui qui aime tant faire le paon- d’admettre que tous ces moments passés à braver la poussière et l’haleine du bas peuple n’auraient pas convaincu les Togolais à se laisser gruger une énième fois. Alors même qu’il n’a pas eu la présence d’esprit de mettre en place le sénat où il devrait se réfugier pour le restant de sa vie.

Alors il ne reste qu’à arracher de nouveau ce qui ne lui revient pas. Même au point de sacrifier le Plan national de développement (PND).

Oui, osons le dire avec des arguments, la décision d’Aboudou Assouma & Co de tordre le cou à la vérité des urnes pour confirmer la forfaiture de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est un couteau planté au cœur du PND qui, selon Sélom Komi Klassou devrait permettre une croissance de 7,6% à terme.

Pour un petit rappel, sur les 4.622 milliards que nécessiterait la mise en forme dudit plan, près de 3.004 milliards FCFA, soit 65% devraient provenir du secteur privé. Et l’élection du 22 février constituait un test grandeur nature de l’état de la gouvernance du pays devant rassurer des opérateurs qui voudraient investir au Togo.

Dans tout pays, l’état de la gouvernance en général et de la justice en particulier constitue le jauge qui appâte le mieux tout opérateur privé qui « n’aime pas jeter son argent par la fenêtre », comme le dirait l’autre.

Les preuves écrites, en images et en vidéos continuent d’inonder la toile qui toutes indiquent que la présidentielle dernière était une foire aux fraudes où les rôles ont été partagés par un seul concurrent et son parti. Mais même avec ça, les autres n’ont pas exigé l’annulation du scrutin, mais tout juste un recomptage des voix, par bureau de vote. Ceci, pour s’assurer qu’effectivement le gagnant proclamé par la CENI et que confirme la Cour constitutionnelle, est vraiment celui proclamé. Mais ça aussi, le pouvoir dit niet. Aux investisseurs d’apprécier le pouvoir qui leur fait la cour pour qu’ils investissent dans un pays où c’est toujours une seule famille, un seul homme, un seul parti qui a et aura de tout temps raison.

Godson Ketomagnan

Source : Liberté N°3117 du 4 Mars 2020

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