Togo : Jean-Pierre Fabre : « Obasanjo est disqualifié » dans la crise togolaise

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Resté très actif dans les recherches de solutions aux crises sur le continen depuis son départ du pouvoir en 2008, l’ancien président de la République du Nigeria, Olusegun Obasanjo , ne semble plus en odeur de sainteté auprès d’une partie de l’opposition togolaise.
En séjour au Togo la semaine dernière où il a rencontré le Chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé, l’ancien président du Nigeria s’est exprimé sur la situation politique qui prévaut au Togo. Olusegun Obasanjo a appelé la classe politique à privilégier le dialogue et à proscrire les coups d’Etat. Un invite à laquelle l’opposition n’a pas manquer de réagir.
«Obasanjo est disqualifié » pour conduire une facilitation dans la crise au Togo, a déclaré le leader de l’opposition Jean-Pierre Fabre, le samedi 08 mars 2013 devant des milliers de militants de l’opposition.
Le président du principal parti de l’opposition l’Alliance Nationale du Changement (ANC), issu de la scission de l’Union des Forces de Changement (UFC) de Gilchrist Olympio, a rappelé certaines rencontres qu’il avait eues par le passé avec l’ancien général de l’armée nigériane, sur la crise togolaise.
De Accra en passant par Lomé pour aboutir à Abuja dont les tractations secrètes ont débouché sur la signature d’un accord entre le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) ancien parti unique et l’UFC, Jean-Pierre Fabre garde de l’ancien putschiste nigérian, l’image d’un soutien au système qui se veut « monolithique » au Togo. « Il (Olusegun Obasanjo) est en affaires avec les tenants du pouvoir au Togo, il ne peut donc pas conduire des négociations dans la crise au Togo », a affirmé Jean-Pierre Fabre devant le militants de l’opposition. La presse togolaise évoque les intérêts des progénitures de l’ancien président nigérian dans les banques qui s’installent au Togo.
L’opposition togolaise pourrait appeler au boycott des banques et autres sociétés dans lesquelles le président Obasanjo et les siens détiennent des intérêts, si son soutien au maintien d’un régime illégitime et violateur des droits de l’homme, persistait. Un appel qui devrait avoir un écho favorable auprès des populations togolaises, qui gardent un mauvais souvenir de la gestion de la situation politique engendrée au Togo en 2005, par le décès du Gal. Gnassingbé Eyadéma. Dans un premier temps hostile au coup d’Etat perpétré en faveur de Faure Gnassingbé par des militaires, Oluségun Obasanjo, alors président en exercice de l’Union Africaine avait retourné sa veste soutenant la pantalonnade électorale destinée à cautionner la succession dynastique au pouvoir par un quarteron d’officiers de l’armée, qui n’ont pas hésité pour cela à massacrer les populations.
Les différents rapports ont chiffré entre 500 et 1. 500, les victimes de la stratégie de conservation du pouvoir, préalablement dénoncée par le Commandant François Boko, alors Ministre de la Sécurité, qui a démissionné de ses fonctions. « L’action appelle la réaction », avait en son temps déclaré Oluségun Obasanjo , justifiant ainsi les massacres des populations protestant contre les fraudes électorales. Une déclaration que n’a visiblement pas ignorée Jean-Pierre Fabre. « Quelqu’un qui a publiquement apporté sa caution à un génocide, ne peut plus prétendre vouloir apporter son concours à la recherche de solutions à la crise », a dit dans une langue nationale le leader de l’ANC.
Comme Jean-Pierre Fabre, le président du Mouvement des Républicains Centristes (MRC) Abass Kaboua, ancien partisan du pouvoir reconvertit à l’opposition, a déclaré qu’il en sait un peu sur le rôle joué par Oluségun Obasanjo, en 2005. Abass Kaboua faisait partie de la délégation du pouvoir qui avait été dépêchée à Abuja, pour rencontrer celle de l’opposition.
source : koaci