Togo: Koffi Annan montre à Faure Gnassingbé les dangers du refus de quitter le pouvoir


En marge du forum sur la paix et la sécurité qui s’est tenu les 16 et 17 avril derniers en Ethiopie, l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan, a profité de son passage pour rappeler aux présidents africains qui s’incrustent au pouvoir, le triste sort qui les attend. « Si un leader ne veut pas quitter, si un dirigeant reste trop longtemps au pouvoir et considère les élections comme étant un jeu et reste en place au terme de son mandat, peut-être l’alternative pour le faire partir, c’est un coup d’Etat ou que les populations prennent les rues », a adressé Koffi Annan aux présidents africains qui refusent de libérer le plancher.
 
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Visiblement, le prix Nobel de la Paix en 2001 regrette que le recours aux armes soit la solution finale. « Les coups sont plus ou moins rares, les généraux restent dans leurs casernes, mais nous créons des situations qui peuvent les ramener », a-t-il fait observer.
 
C’est pourquoi en guise de conseil, il exhorte les chefs d’Etat africain qui cumule des mandats à la tête de leurs pays, à sortir par la grande porte. « Partez au terme de votre mandat », a suggéré l’ancien Secrétaire général de l’ONU.
 
Ce message de Koffi Annan devait interpeller Faure Gnassingbé qui assistait au forum. En effet, le chef de l’Etat togolais manifeste des velléités de s’incruster au fauteuil présidentiel à l’image de son père.
 
Lors d’une visite à Accra en novembre 2014, il avait déclaré devant les journalistes : « Tout ce que je peux vous dire, c’est que la constitution sera rigoureusement respectée ». Devant le tollé général suscité par ces propos, ses apparatchiks avaient voulu éteindre le feu en intoxiquant la population sur le fait que le chef de l’Etat n’avait pas précisé la constitution (la Constitution de 1992 qui prévoit la limitation de mandat présidentiel à 2, alors que Faure Gnassingbé visait un troisième mandat, ce qu’il a d’ailleurs obtenu, ou celle tripatouillée en 2003 qui a sauté le verrou de la limitation).
 
A l’approche de la présidentielle de 2015, les réformes constitutionnelles avec en toile de fond, la limitation du mandat ont alimenté les débats. Curieusement, les députés UNIR majoritaires à l’Assemblée nationale ont fait porter le chapeau au parti l’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre de ne pas vouloir les réformes. C’est ainsi que tout a été mis en œuvre pour que les réformes constitutionnelles ne soient pas opérées.
 
Après l’élection présidentielle d’avril 2015, toutes les questions liées aux réformes constitutionnelles ne sont plus d’actualité. Le pouvoir en place semble décider depuis quelque temps à organiser les élections locales. Mais les irrégularités entachent d’ores et déjà le processus. Ce qui amène l’opposition à dénoncer la manière unilatérale dont le gouvernement conduit le processus.
 
Autant de faits qui illustrent la volonté de Faure Gnassingbé de se maintenir au pouvoir après avoir fait deux (02) mandats. Vivement que l’interpellation de Koffi Annan trouve un écho favorable au Palais de la Marina, car le Togo est devenu une curiosité (négativement, bien sûr) dans le monde.
 
source : Icilome.com
 

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