Togo : La grève lancée par la Stt largement suivie

stt_marsag

Malgré des manœuvres de diversion déployées par le pouvoir, le mot d’ordre de grève de 48 lancé par la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) a été une réussite à Lomé comme à l’intérieur du pays. En particulier les travailleurs des secteurs de l’éducation et de la santé, ont largement suivi le mouvement.

Le jeudi 04 comme le vendredi 05 mars, les enseignants ont déserté les salles de classe à Lomé comme dans les villes de l’intérieur du pays. Les intimidations des inspecteurs eux-mêmes sous la pression du ministre Esso Solitoki de l’Enseignement, n’y ont rien fait. Du lycée Technique d’Adidogomé, en passant par le Collège d’enseignement général (CEG) d’Amadahomé en passant par le CEG moderne et les autres établissements publics comme le lycée de Hédzranawoé et les écoles primaires publiques de Hountigomé, N’kafou et autres, la grève a été largement suivie et les enseignants semblent déterminés à par aboutir leurs revendications.

«Ici dans notre école, nous suivons à 100 % la grève depuis hier. Les élèves sont dehors. C’est vrai que se sont nos enfants, mais nous voulons l’amélioration de nos conditions de vie et de travail. C’est aussi pour le bien des élèves, car lorsque nous serons mis dans de bonnes conditions de travail, mieux nous allons enseigner et mieux encore le taux de réussite va augmenter. Le gouvernement fait pression sur les inspecteurs qui à leur tour font pression sur les directeurs d’écoles, les proviseurs et autres, mais nous ne sommes plus des moutons de panurge», a déclaré Eugène Panou, enseignant du secondaire rencontré devant son établissement.

A Aného, Atakpamé, Sokodé, Tsévié, Dapaong comme dans d’autres villes de l’intérieur du pays, le mouvement a été largement suivi dans l’enseignement. A Kara par contre, la pression exercée sur les travailleurs par le préfet Bakali, a eu raison de certains. Mais sur l’ensemble du territoire, la grève a été suivie à plus de 98%.

Dans des centres de santé publics, la situation est identique. Et le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Sylvanus Olympio est fortement touché par ce mouvement de grève. Plusieurs bureaux sont restés fermés le jeudi tout comme ce vendredi en milieu de matinée. La morgue du Centre est également fermée. Des parents qui ont débarqué avec les corps de leur défunt, n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Seuls les cas d’accidents sont admis. Un déploiement de forces de sécurité à la morgue dans la matinée de jeudi, a failli faire dégénérer la situation. Mais tout est rentré vite dans l’ordre avec le retrait des éléments de la police.

Le service minimum était assuré aux urgences et à la réanimation. «Nous sommes mobilisés et déterminés à lutter contre ces injustices dont nous sommes victimes. Le gouvernement joue au dilatoire. Lorsque la STT a été créée, les autorités ont envoyé dans les villes des camarades des centrales syndicales pour nous vilipender, mais malheur pour eux, ils ont été chassés par les camarades syndicalistes. Ce que nous exigeons n’est pas irréalisable. C’est la mauvaise volonté du gouvernement qui fait perdurer les choses. Mais nous on tient bon et on verra. Il ne me reste que trois ans pour que j’aille à la retraite. J’attends encore quoi, si cette grève peut faire changer et bouger les choses favorablement, je dirai un jour que moi aussi, j’ai participé à l’amélioration des conditions de vie et de travail des futurs fonctionnaires du Togo», a déclaré un médecin urgentiste dans un centre de santé à Tsévié.

Par contre cette grève de 48 heures dont les cours sont supposés faits par les enseignants, fait grincer les dents au niveau des élèves. Ceux de la classe de première dont l’examen est prévu pour le mois de mai, en particulier sont désemparés. On comprend bien les professeurs, mais nous aussi nous avons l’examen à passer et ce qui fait peur, c’est que les professeurs disent que les deux jours de grève sont considérés et qu’ils ne reviendront plus à la reprise sur les cours qui sont prévus pour ces jours de grève. Cela nous pénalise », explique un élève du Lycée de Tokoin. Les élèvent menacent de faire une marche de protestation si les cours devraient être considérés comme faits. On semble là parti pour un nouveau cycle.

A noter que le mouvement n’a pas été pareillement observé dans l’administration publique. Ici, les travailleurs se sont déplacés sur leurs lieux de travail, mais ont pour la plupart, observé un débrayage. La Confédération Syndicales des Cadres du Togo, dirigée par M. Tsikplonou a appelé à ne pas suivre le mot d’ordre de grève.

La Synergie des Travailleurs du Togo exige en huit points, l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation des traitements des fonctionnaires. Elle est créée pour parer à la démission des centrales syndicales, devenus des complices du pouvoir au détriment des intérêts des travailleurs.


koaci