Togo, Le cycle d’un assistanat maladif : 5 milliards FCFA de l’Allemagne pour la construction des mairies

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Sani Yaya (2e à droite), Matthias Veltin (centre) et Payadowa Boukpessi (2e à gauche) avec les responsables de la KfW et de la GIZ | Photo : RT
Sani Yaya (2e à droite), Matthias Veltin (centre) et Payadowa Boukpessi (2e à gauche) avec les responsables de la KfW et de la GIZ | Photo : RT
Sani Yaya (2e à droite), Matthias Veltin (centre) et Payadowa Boukpessi (2e à gauche) avec les responsables de la KfW et de la GIZ | Photo : RT

De l’aide, encore de l’aide et toujours de l’aide accordée au Togo ! L’Allemagne va doter le Togo des mairies toutes neuves. Presque soixante ans d’indépendance, rien n’a véritablement changé. Il y a manifestement une dépendance volontaire.

L’Allemagne a accordé mercredi un don de 8 millions d’euros au Togo dans le cadre de la 3e phase du Programme ’appui à la décentralisation (PAD 3). Cinq autres millions seront alloués prochainement » , annonce le site du gouvernement republicoftogo. Il précise que « le financement, assuré par la KfW, la banque de développement allemande, doit permettre de renforcer la décentralisation grâce à la construction de mairies dans les nouvelles communes » . Ainsi nos mairies feront peau neuve grâce à l’aide allemande.

L’aide, 8 millions d’euros, soit 5 milliards FCFA, n’est que la parfaite illustration d’état d’assistanat permanent du Togo. Il n’existe aucun secteur dans lequel le pays n’est pas pris en charge par les puissances étrangères. Les hôpitaux, les écoles, la justice, les prisons entre autres, bénéficient ou continuent de bénéficier de l’appui des anciens colons. Bientôt soixante ans, le pays n’est pas en mesure de se doter des infrastructures à ses propres frais. Il se fait toujours tout petit devant ses maîtres blancs qui aiment jouer les bons samaritains.

Et pourtant, il est clamé sur tous les toits que le pays est souverain. La rengaine vient souvent lorsqu’on refuse d’obéir aux injonctions des maîtres donateurs. La vérité, c’est qu’on ferme les yeux sur les détournements de fonds, les « gagies financières » , (Ndrl, gabegie financière) et les malversations. Autrement, un bref regard sur les principaux candidats ou les futurs et inombrables maires que le parti UNIR s’est tapés en bombant le torse, permet de se rendre compte qu’ils sont de près ou de loin impliqués dans des scandales financiers. C’est dire que s’il y a une véritable orthodoxie financière, on ne fera pas des louanges à la gloire des éternels donateurs à cause des miettes. Mais comme il faut toujours se plaire dans l’assistanat, notre souveraineté voguera toujours dans des mains aux desseins insondables ou inavoués.

Le Togo, c’est comme un bébé qui a délibérément refusé de grandir, de s’assumer. Il se plaît à être pouponné, malgré la soixantaine, par les puissances coloniales. Aussi ces « nounous blanches » sont promptes à le maintenir dans une dépendance sous le couvert de dons, en général des prêts déguisés, car comme les Ivoiriens le disent dans leur nouchi, « Blanc donne pas cadeau », il est toujours motivé. La dépendance se nourrit toujours de quelque chose. Dans notre cas, elle vit de l’incapacité à se prendre en charge et de la volonté de fermer les yeux sur les scandales économiques, juridiques, etc. Triste.

Anani Galley

Source : L’Alternative No.828 du 20 septembre 2019

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