Togo : Le prix du mépris et de l’arrogance

Pascal-Adoko

« Nous ne sommes plus en face d’une mal gouvernance, mais plutôt d’une absence de gouvernance ». C’est l’amer constant fait hier par Pascal Adoko, un responsable de la CDPA sur une radio privée de la capitale, en réaction à l’attitude de mépris du gouvernement, et particulièrement de Faure Gnassingbé à l’endroit des travailleurs togolais qui crient leur ras-le-bol depuis quelques semaines. Quelques semaines que Gnassingbé II s’est muré dans un mutisme sépulcral, laissant le soin à ses porteurs de sceaux et de valises d’entretenir le cafouillage au sommet de l’Etat sur les circonstances du décès d’Alain Douti Sinanlengue. Cette polémique macabre sur fond de manœuvres pour protéger les assassins comme il est de coutume au Togo, n’est pas de nature à faire baisser la tension sociale.

La preuve est le refus des enseignants de reprendre hier les cours suite à la décision du gouvernement de rouvrir les établissements scolaires après une semaine de fermeture. Pour la STT et les syndicats de base des enseignants, tant que les assassins de ces jeunes élèves ne sont pas exhibés publiquement et châtiés selon la rigueur de la loi, aucun d’eux ne se sent en sécurité pour retourner dans les classes. Du coté des autorités, le langage des intimidations, de la force et des menaces est toujours d’actualité.Après les tirs « tendus » sur les élèves à Dapaong, c’est le tour des renseignements de procéder à l’enlèvement de certains élèves considérés comme les agitateurs. Le major général du CEG Bè-Kpota en a fait les frais dans la nuit du dimanche à lundi avant d’être relâché vivant non sans interrogatoire. Des faits et gestes qui poussent les enseignants à durcir le ton et à mettre le pouvoir autiste de Faure Gnassingbé dans une situation inconfortable.

On l’aura donc compris, si l’objectif de la fermeture des établissements était de faire baisser la tension, alors c’est peine perdue. Les élèves sont de nouveau à la maison et rien ne garantit que si le mouvement d’humeur de leurs enseignants continue, ils pourront reprendre les rues avec toutes les conséquences. De toute évidence, le gouvernement de Faure Gnassingbé se fait prendre dans son propre jeu de dilatoire. Au Palais de la Marina, l’occupant ne donne aucune impression d’avoir en face une situation dangereuse qui risque de secouer sérieusement la citadelle si rien n’est fait. Une prise de conscience générale souffle actuellement sur le pays du Sud au Nord. Les intimidations, les manipulations et les manœuvres dilatoires ne sauraient prospérer, car la pauvreté dans ce pays a atteint des niveaux inimaginables.

Et Comme le disait bien Napoléon III, Empereur français dans son ouvrage L’extinction du paupérisme : « La pauvreté ne sera plus séditieuse, lorsque l’opulence ce sera plus oppressive ». Que ceux qui gouvernent ce pays dans une arrogance révoltante et le mépris total des populations s’approprient cette réflexion; autrement, la fin de cette aventure sera un tsunami pour eux et leurs progénitures.

Ferdinand AYITE

L’Alternative Togo

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