Togo, Mango, meurtre à des fins rituelles de feu Assanatou Fambaré : Le chef Nambiema T. Zakar coupable ou complice?

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Nambiema Tabi Zakar, le chef canton de Mango et larbin de Faure Gnassingbé | Photos : Peuples Observateurs


S’il existe de ces faits sociaux qui s’apparentent trop à de la fiction pour trouver une place dans nos colonnes, la ville de Mango en a été témoin, il y a quelques années. Certains faits dramatiques se sont donc produits dans la cité des Guerriers.

Le lundi 28 mars 2016 à Mango, une matinée ordinaire qui laisse un trait indélébile dans la conscience collective. Nos investigations, à l’époque, n’ont pas pu révéler grand-chose et nous avons fini par estimer que le crime était tellement crapuleux entre fils et filles d’une même famille que nos sources ont préféré le silence. Ceci, pour donner la chance à la justice de punir dans le silence ce scandale qui n’honore pas l’espèce humaine moins encore une famille royale. A la lumière donc des preuves qui nous autorisent aujourd’hui à enfin parler de ce scandale, le quartier Djabou a connu un évènement que le temps refuse de dissoudre.

Alors que rien ne laissait présager un climat trouble dans la grande et respectable concession de la famille Nambiema, dame Assanatou Fambaré revenait des besoins naturels après la prière de 5h. Pendant qu’elle revenait de ce besoin naturel, elle est interceptée par deux femmes et deux hommes, tous de même père même mère : Maïmouna, Aïchatou, Aboulaï et Salou. Ils prennent la dame à parti et la terrassent. Maïmouna se pose sur sa poitrine et l’étouffe. Les autres l’éventrent et y retirent des organes dont le cœur. Une scène analogue à une série de la chronique sauvage où les carnivores usent des embuscades pour se faire la peau. En dehors des organes retirés, ils se sont servis de deux seringues pour recueillir le sang de la victime avant de transporter son corps, emballé dans une natte, dans sa chambre. Mission accomplie pour une opération qui n’a pas eu assez besoin ni de discrétion moins encore de précautions particulières, donc devant des témoins quelque peu hypnotisés qui n’ont constaté que les dégâts. Mais une telle scène ne pouvait passer inaperçue et la famille ayant reconnu les auteurs exige d’eux de ramener le corps au lieu de leur forfaiture. Ce qui fut fait. La police alertée arrive sur les lieux avec des agents de santé pour le constat. Séance tenante, puisqu’il n’existe pas de crime parfait, les témoignages ont permis de mettre la main sur trois des quatre meurtriers : Maïmouna, Aïchatou, Aboulaï sont alors en garde-à-vue. Conformément à la tradition musulmane et dans l’impossibilité de garder le corps dans un tel état, l’enterrement a eu lieu le même jour après le constat de la police. Le commissaire de police de l’époque est présentement encore en service à Aného.

Pendant leur garde-à-vue, Aboulaï se plaint de l’absence d’un certain Salou, de son vrai nom Adjekpin Bonsafoh, parmi eux, alors qu’il devait être le moteur du drame. La police met alors la main sur lui et le 31 mars tous sont déférés à la prison civile de Mango. Entre fils et filles de la grande famille royale de Mango, l’affaire fait grand bruit mais finit par se taire pendant que les prévenus attendent leur procès. A l’époque, notre Rédaction a eu de la peine à croire en ces évènements, et pourtant ! Entre-temps, le crime commence par révéler ses faces cachées. Le chef canton de Mango, Nambiema T. Zakar, rentre en jeu en laissant tomber le masque. D’abord en famille, ayant constaté un froid à son égard du fait de son accointance trop prononcée avec les criminels, le chef approche les enfants de la défunte et leur fait comprendre que le nommé Salou, que tout le monde sait comme son homme, fait bel et bien partie des meurtriers de leur maman. Mais ils ne l’ont pas informé de leur forfait; lui, il a appris ce qui s’est passé comme tout autre habitant. Bref, qu’il n’est pour rien dans ce qui est arrivé à leur maman. Le premier jour du meurtre, le chef Nambiema va voir feu Kantchati pour démontrer que Salou n’est pas impliqué. Cet ancien ministre est le parrain de Nambiema. Mais feu Kantchati a refusé d’être solidaire au crime et le criminel est alors envoyé en détention. De l’autre côté, il va voir un autre cadre de Mango dont nous gardons le nom pour confirmer que son protégé est effectivement l’auteur du crime.

Pendant la détention, l’ancien préfet était toujours présent en prison à leurs côtés et principalement aux côtés du nommé Salou, le bras armée du crime. Salou est le «John Brick» de la ville qui, par sa force de nuisance physique et spirituelle, tient tout le monde au respect. C’est un monsieur de triste moralité ; il est très proche du chef à qui il sert de bras à tout faire : c’est son coursier, son homme des basses besognes dans les affaires de terrains et autres. A chaque fois, le chef visite ce prévenu particulier et quand il s’annonce les geôliers le sortent et ils causent puis on le ramène dans sa cellule. Tout récemment, de sources introduites parmi les détenus, le prisonnier Salou a commencé à proférer des menaces comme quoi s’il n’est pas libéré, il risque de dénoncer le rôle du chef dans ce qui les a conduits en prison. C’est alors que, le chef a fait feu de tout bois pour obtenir sa libération à travers une procédure tout autant bancale que le crime.

Le 06 juin 2018, le nommé Adjekpin Bonsafoh Salou, introduit une demande de mise en liberté provisoire au juge d’instruction de Mango.

La première surprise, à la lecture de la demande de libération provisoire dont nous avons copie, est que, sur le document, la personne à contacter le cas échéant est l’actuel chef canton de Mango, Nambiema T. Zakar. La deuxième surprise est que la demande de libération introduite au juge a été notifiée au plaignant M. NADJI Issifou, le 07 Juin 2018 « au fin des éventuelles observations conformément à l’article 115 alinéa 2 du code de procédure pénale ». Le 12 Juin 2018, le plaignant adresse en réponse une opposition à la demande de mise en liberté provisoire à monsieur le Juge. Mais avant cette réponse, le juge a déjà libéré le prévenu. Le cerveau présumé du crime, Salou, est donc désormais libre. Après cette libération, la nommée Aïchatou, une des criminels, fait une crise de folie dans son lieu de détention. Présentement elle est internée à Zébé (Hôpital Psychiatrique, NDLR) pour les soins appropriés. Il ne reste plus en prison que Dame Maïmounatou et Monsieur Aboulaï. Comme pour achever la mission qui consiste à étouffer une procédure judiciaire encombrante, le chef canton est à pied d’œuvre pour que les deux restants soient libérés sous prétexte que c’est la folle internée qui est le cerveau du crime. Par conséquent, en son absence, il n’aurait pas de raison de détenir le reste des présumés.

Les deux seringues utilisées pour recueillir le sang de la victime ont été obtenues auprès d’une infirmière du nom de Amina. Elle a été plusieurs fois entendue par la police de Mango. Un autre témoin de la scène s’appelle Rafiatou, elle a suivi le crime par sa fenêtre. Plusieurs fois écoutée par la police, elle autre finira par quitter la ville pour se réfugier à Lomé.

Commentaire

Il faut souligner que Nambiema T. Zakar, c’est l’ancien préfet d’Assoli. Il est devenu chef de circonstance suite aux violents évènements de contestation contre la faune. Ces violences, vous-vous en souvenez, ont connu la mort d’un officier à Mango et ont coûté au régent de l’époque, Namaro Moussa, un ancien agent du DRDR, son trône. C’est alors que l’ancien préfet d’Assoli, sous le soutien du défunt feu ministre Kantchati Okolou Issifou, est imposé comme chef canton malgré beaucoup de cadres de Mango qui avaient des raisons valables de douter de l’intégrité morale de l’ancien préfet. A sa nomination, ils étaient donc nombreux à s’y opposer pour cause de son sombre passé de préfet. L’ancien président du parlement, Natchaba Fambaré s’y est ferment opposé. Mais grâce à Kantchati, il finit par recevoir le samedi 06 Août 2016, son décret présidentiel de nomination. Ce n’est pas le moment pour nous de revenir sur le palmarès de monsieur Nambiema à Bafilo.

Aujourd’hui il trouve pour argument que son homme Salou est le moteur de UNIR à Mango et que sa détention risque de faire perdre au parti. L’argument est bien trouvé, sauf que au gré des évènements, allant du récent viol filmé du sieur Donald Sodji à d’autres crimes commis par des proches du régime RPT-UNIR sous couvert de l’impunité, l’opinion finit par conclure que UNIR devient décidément un repère de délinquants qui y trouvent refuge pour exercer. Les fils et filles de la grande famille Nabiema ne demandent qu’une chose, le retour du criminel Salou dans son lieu de détention. Si la moralité du chef est bonne pour l’image de la chefferie traditionnelle au RPT-UNIR, tant mieux, s’ils en ont fait un préfet ils peuvent en faire un chef. Mais il faut au moins que le Sieur Salou retourne en détention par respect à la mémoire collective et à la défunte en attendant que la justice fasse son travail. La famille Nabiema et la population de Mango méritent mieux. Bon à suivre

Abi-Alfa

Le Rendez-vous No.333 du 26 octobre 2018
 

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