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Togo : Mgr Kpodzro dans le collimateur du pouvoir

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Mgr Philippe Fanoko Kpodzro

Le pouvoir de Lomé est de plus en plus secoué jusque dans ses retranchements. Des déclarations de Mohamed Loum dans l’affaire des incendies des marchés du Togo aux nombreuses sorties de Monseigneur Kpodzro sur la situation actuelle du pays en passant par les répétitifs coups d’arrêt portés au Parti National Panafricain lors de leurs différentes réunions, le cocktail est prêt pour faire sauter un pouvoir tel que celui du Togo. Et pour éviter l’explosion, le pouvoir togolais est prêt à tout. Comme cela a toujours été la stratégie des dictatures. La persécution.

Au Togo, à quelques mois de la présidentielle, tout semble tourner au vinaigre pour le pouvoir de Lomé. Tout d’abord, c’est le prélat, Monseigneur Kpodzro qui a commencé à s’exprimer sur l’actualité politique. Ses prises de positions avec le temps dérangent le pouvoir de Lomé au cas où celui-ci serait dans le collimateur du régime des Gnassingbé. Selon les indiscrétions, l’homme de Dieu qui depuis un temps ne fait pas de cadeau à Faure Gnassingbé et à son régime crache ses vérités. Il déclare ouvertement le caractère cynique du premier responsable du pays dans tous les sens du terme. Son rapprochement avec l’opposition et son refus face à un quatrième mandat de Faure Gnassingbé ne plait pas du tout au fils du père. Et depuis lors, l’archevêque émérite de Lomé ne cesse de recevoir des menaces.

Selon son chargé à la communication, des appels et autres menaces viennent depuis la présidence togolaise et la vie de l’homme de Dieu serait en danger. Les menaces sont claires. Soit vous restez et vous vous taisez ou vous quittez le pays. Lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière à Lomé, celui qui aujourd’hui semble faire l’unanimité au sein du peuple laisse entendre que «si quelque chose m’arrive, Faure Gnassingbé sera responsable », a indiqué l’homme qui avait présidé la conférence souveraine de 1990.

Si la vie de l’homme de Dieu est en danger, ce n’est pas Mohamed Loum, le principal acteur dans le feuilleton des incendies des marchés de Lomé et de Kara qui sera épargné. En effet tout remonte à janvier 2013. Les grands marchés de Lomé et de Kara ont pris feu. Les heures qui ont suivis, une bonne partie de l’opposition a été prise pour responsable avec à la manette l’activiste de l’opposition Mohamed Loum.

A sa sortie de prison, le jeune activiste n’a attendu que quelques mois pour se faire entendre et cette fois sous forme d’une confession à qui ? A monseigneur Philipe Fanoko Kpodzro. «Monseigneur, avec tout le respect et l’honneur que je vous dois, je vous réitère que je ne suis pas l’auteur des incendies. Ils m’ont tout simplement pris comme bouc émissaire en me proposant un passeport diplomatique, une somme d’argent et une résidence en Malaisie!», a-t-il confessé.

Mohamed Loum va plus loin avec des précisions, les incendies des grands marchés de Lomé et de Kara selon lui sont plutôt l’œuvre «des gens sans foi ni cœur qui sont dans l’entourage du Chef de l’Etat. Il s’agit de ses collaborateurs qui sont prêts à tout crime d’Etat pour permettre à Faure d’être toujours au pouvoir».

Les criminels, confie-t-il, « bénéficient de la protection de Faure Gnassingbé qui «jouit aussi de ce crime». En terme de précision, Loum Mohammed, donne le nom du Chef de l’Etat-major des Forces Armées Togolaises (FAT), Félix Katanga, le Capitaine Akakpo, ancien directeur du SRI aujourd’hui commandant, Solitoki Esso, conseiller à la présidence de la république, Ingrid Awade ancienne tout puissante directrice des impôts et entre autre Christian Trimua actuel ministre des droits de l’homme mais aussi mêlé dans les affaires de tueries de jeunes filles à Agoè, quartier situé au banlieue nord de Lomé.

Quelques heures après ces déclarations de Mohamed Loum, les rumeurs courent que celui-ci serait porté disparu. Est-il déjà tombé dans les guêpiers du régime dont la spécialité est aussi le kidnapping puis l’élimination physique de l’adversaire comme l’indique le rapport de la LTDH? Nul ne saurait le dire pour le moment. Mais l’exemple de l’écrivain politologue Atsutsè AGBOBLI est toujours vivant dans les esprits.

Monseigneur Kpodzro et Mohamed Loum ne sont pas les seuls à troubler le sommeil du pouvoir en place. Le Parti National Panafricain tourne aussi la tête du régime RPT/UNIR.

Le jeune étudiant activiste et militant du PNP, le nommé AMOUSSOU Comlan Nathaniel a été pris à partie selon son témoignage par les éléments lors d’une réunion du PNP. Coup de bottes, de cordelettes supplice de l’eau etc. ont été ses témoignages de torture. Les mêmes sévices ont été infligés à d’autres citoyens togolais comme l’a bien décrit le rapport sur la torture de la ligue Togolaise des Droits de l’Homme. A leur siège à Lomé, plusieurs fois, les réunions du PNP ont été troublées, interdites voir réprimées par les forces de l’ordre. Le samedi 16 Novembre dernier, les militants du PNP ont encore fait les frais d’un régime aux abois qui jette ses dernières dévolues sur le peuple. Alors que le parti de Tikpi ATCHADAM préparait sa réunion hebdomadaire, le siège du parti au cheval noir a été envahi par les forces de l’ordre et de sécurité empêchant ainsi la tenue de la réunion.

Un peu plus d’un mois en arrière, c’est-à-dire le 05 Octobre 2019, une réunion du PNP a été aussi empêchée au même lieu et dans les mêmes conditions. Le parti de Tikpi Atchadam dans un communiqué dénonce ce qu’il qualifie de harcèlement du pouvoir et de l‘Etat. Selon le PNP, ce comportement prouve l’inexistence des libertés collectives et individuelles au Togo.

Comme l’a si bien remarqué les responsables du PNP, le pouvoir est dans l’intimidation et la provocation, il met les pieds dans les plats, signe d’une véritable peur. Des observateurs ont toujours souligné que cette attitude du pouvoir est le signe d’une fébrilité et d’une perte de confiance sans précédent.

Loin de faire peur à la classe politique de l’opposition et à la population, elles doivent plutôt se mobiliser pour atteindre ses objectifs. Le pouvoir est en train de perdre, il se noie et tente de s’accrocher à tout, même aux serpents.

Richard Aziague

Source : L’Indépendant Express

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