Togo : Nobel de la dictature et de la corruption

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« La médiocrité ne veut rien supporter de grand, elle ressemble à ce tyran qui ajustait tous les hommes à la mesure de son lit » (Cécile Fée)

Le Togo de Faure Gnassingbé collectionne les tristes records au monde. En quelques jours, l’ancien havre de paix et Suisse de l’Afrique a eu le Nobel de la dictature et de la corruption. De quoi ternir davantage l’image de ce petit pays singulier de l’Afrique de l’Ouest déjà pas très reluisante.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le Togo sous les Gnassingbé n’a pas très bonne réputation. Le régime actuel connu comme une curiosité sur le continent se révèle à la face du monde pas de très bonne manière. Il est classé comme une dictature et l’un des pays les plus corrompus au monde. Ces performances à l’envers dénotent ce que le père et le fils ont fait de ce pays depuis 53 ans de règne.De quoi ne pas être fier. Un pays pourtant destiné à un avenir radieux et que les pères fondateurs de la République surnommait « l’or de l’humanité. »

 « Le Togo n’est pas une république, c’est une dictature», déclarait en 2013 l’ancien Pdg de la compagnie Elf Aquitaine, Loïk Le Floch-Prigent. Il était allé plus loin en comparant le Togo au régime nord-coréen.

Aujourd’hui, c’est le magazine britannique The Economist Group qui évalue le niveau de démocratie dans le monde qui donne raison au Français. Dans son dernier rapport, le journal qui se fonde sur divers critères comme les processus électoraux, le fonctionnement du gouvernement, les libertés publiques, etc. classe le Togo parmi les dictatures au même titre que la Corée du Nord.

Un classement qui n’étonne pas quand on sait que depuis que les Gnassingbé se sont emparés du pouvoir d’Etat en 1967 après avoir inauguré quatre ans plus tôt, le premier coup d’Etat sanglant en Afrique, le Togo n’a eu de cesse de régresser et ce, dans tous les domaines. Le clan n’offre aucune possibilité d’ouverture démocratique. C’est le seul pays d’ailleurs en Afrique de l’Ouest à ne jamais connaître l’alternance. Le pays est militarisé, le pouvoir est fermé, les institutions verrouillées et phagocytées, les libertés publiques remises en cause, la justice instrumentalisée, les élections tripatouillées, bref toutes les valeurs morales et spirituelles universellement admisessont foulées aux pieds pour garder le pouvoir dans le giron familial.

Après The Economist, c’est au tour de l’Ong internationale de lutte contre la corruption, Transparency International d’épingler le Togo de Faure Gnassingbé, classé parmi les champions de la corruption dans le monde. Au Togo, les crimes économiques, les scandales de détournements de deniers publics sur fond de rallonges budgétaires, surfacturations, rétro-commissions, prestations fictives sont les choses les mieux partagées. Comme l’avait reconnu Faure Gnassingbé lui-même.

Un demi-siècle de règne d’une famille est une aberration.Aussi curieux que cela puisse paraître, des intellectuels, universitaires, artistes, leaders d’opinion, etc. qui sont censés éclairés la masse, ne jurent que par un tel régime qui fait tant de mal à ce pays. On dirait que nous sommes maudits au Togo. Comme le préconise le rapport « Tournons la Page », il est temps de tourner la page des régimes autoritaires et construire les conditions d’une véritable démocratie en Afrique.  Oui, il faut restaurer l’espoir, rompre avec l’ordre ancien pour permettre à notre pays de retrouver sa place dans le concert des nations démocratiques et civilisées.

Médard AMETEPE

source : Liberté

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