Togo, Nouvelle hausse des prix des produits pétroliers : Le calice jusqu’à la lie ?

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Lundi 18 mars 2019, par le biais d’un communiqué, les Togolais ont été informés que les prix des produits pétroliers ont été revus à la hausse. Une augmentation qui intervient deux mois après la longue crise politique qui a secoué le Togo entre août 2017 et décembre 2018.

Depuis hier mardi, les prix des produits pétroliers connaissent une hausse de 3%. Ceci, suite à un message du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP). En effet, l’essence super sans plomb passe de 548 à 564, le pétrole lampant de 490 à 505, le gasoil de 550 à 567 et le mélange deux temps grimpe de 646 à 661F CFA, soit une augmentation de 16, 15, 17 et 15 francs CFA.

Si aucune explication n’a été donnée par le Ministère du commerce, certaines sources font référence à « politique de la vérité des prix » à la pompe instaurée par le gouvernement depuis quelques années. En effet, le baril de Brent a atteint 68 dollars jeudi dernier, un record depuis janvier 2019. Mais selon l’Opep, il y a touours des stocks bruts en grande quantité chez les pays consommateurs comme le Togo. Donc cette hausse n’est pas de nature a fait flamber les prix à la pompe. d’ailleurs, le baril a connu 20% de baisse en 2018 mais les prix n’ont pas suivi le même rythme. Ce qui fait que cette décision fait couler beaucoup d’encre.

La LCT monte au créneau…

Quelques heures seulement après la sortie du communiqué, la Ligue des consommateurs togolais (LCT) est montée au créneau pour protester contre cette décision. « Nous venons d’apprendre à travers les réseaux sociaux et par le biais d’une copie d’une lettre que le sieur ADJAKLY S. Francis a adressée aux sociétés pétrolières faisant cas des nouveaux tarifs à la hausse des produits pétroliers à la pompe », a indiqué Emmanuel Sogadji, président de la LCT dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, avant d’ajouter vigoureusement: « La Ligue des consommateurs du Togo ne saurait, en aucun cas, se taire sur ce énième coup de force qui plonge de nouveau les Togolais dans la misère ambiante. Sur la forme de la note qui circule, il est inadmissible et inconcevable que le sieur ADJAKLY s’arroge les pouvoirs des Ministres autorisés pour procéder à l’augmentation des prix à la pompe ».

Cette organisation de la société civile pointe également du doigt la manière dont cette décision qui revient au ministère du commerce a été prise. Pour elle, « ce qui vient de se produire traduit parfaitement le gangstérisme dans lequel le Comité de suivi de fluctuation des prix des produits pétroliers opère depuis des années ».

Par conséquent, la LCT appelle les togolais a manifesté leur désapprobation. « Les Togolais doivent s’indigner de cette augmentation. La LCT s’apprête à déposer une lettre d’information et de protestation contre cette énième hausse des prix des produits pétroliers dans les prochaines heures pour une manifestation pacifique le 26 mars 2019 devant le Ministère du Commerce », a lancé la LCT. Et pour cause, selon la LCT, cette nouvelle augmentation « porterait un coup dur aux consommateurs ».

Une décision difficile à avaler…

La crise politique qu’a traversé le Togo récemment a eu d’énormes répercussions négatives sur l’économie déjà à terre. Outre les entreprises qui ont vu leurs bénéfices dégringolés et donc des licenciements, les commerçants font face à d’énormes difficultés. Au centre de ces difficultés, la mévente. Du petit commerçant de quartier aux grands commerçants, tous crient leur détresse. Dans un pays où l’économie informelle tient une partie importante, cette situation impacte directement la vie des citoyens.

Surtout que l’augmentation des pétroliers engendre une hausse des tarifs de transport et par conséquent le prix des produits de première nécessité. « La hausse du prix du carburant ne fera qu’envenimer notre situation déjà compliquée à vivre », s’inquiète Flore, employée dans une entreprise de BTP.

Aujourd’hui, pour une bonne majorité de togolais face à la situation sociale de plus en plus révoltante du pays, le désespoir se mêle à une colère latente. Cette majorité aura l’occasion le 26 mars prochain, à l’occasion de la manifestation projetée, de se faire entendre.

 
Source : Fraternité No.307 du 20 mars 2019
 

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