Togo / politique : le peuple aboie Faurevi passe

«Le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême » – Henry Kissinger

 
« Qu’y a-t-il de plus urgent que les réformes politiques ? » C’est la question que s’est posée le confrère icilome.com qui reprenait les réflexions d’un leader de la société civile. Pour la grande majorité des Togolais, en effet, l’impératif des reformes politiques est nécessaire au règlement durable de la crise sociopolitique qui mine le Togo depuis des décennies, mais aussi à la consolidation de la démocratie, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la réconciliation nationale au Togo.
 

Caricature : Donisen Donald / Liberté
Caricature : Donisen Donald / Liberté


« Une fois que les réformes seront faites, vous verrez que le pays va s’apaiser tout seul. Ça lui permettra lui-même, en tant que chef de l’Etat, de gérer le pays dans la sérénité », disait Pascal Adoko.
 
Faure Gnassingbé, lui, ne voit pas les choses de la même manière. Deux choses le préoccupent essentiellement. Primo, comment rester au pouvoir et se ménager une présidence à vie comme son père et secundo, et le sommet sur la sécurité maritime. Voilà les deux choses les plus importantes à ses yeux. Pour le reste, il s’en moque éperdument.
 
Faure Gnassingbé a suffisamment démontré aux Togolais qu’il n’adhère pas aux principes démocratiques en se soustrayant au respect des divers engagements pris. Par son refus obstiné de mettre en œuvre les réformes politiques prescrites depuis 2006 par l’Accord Politique Global (APG) et circonscrites dans le rapport de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), son refus d’organiser les élections locales, etc., le Prince apporte la preuve aux Togolais qu’il n’est pas un dirigeant moderne soucieux des règles démocratiques et de l’aspiration de son peuple. Sa propension à perpétuer contre vents et marées, le règne héréditaire sur le Togo a même eu raison de la volonté de la Commission de la CEDEAO d’imposer l’alternance démocratique dans les 15 pays membres. Faure Gnassingbé et son ami de la Gambie Yahya Jammeh ont opposé un refus catégorique à la signature du protocole de la CEDEAO pour la limitation des mandats présidentiels.
 
Le jeune Prince fait également tout pour être dans les bonnes grâces de la communauté internationale et se présenter comme le seul garant de la stabilité du Togo. D’où le grand intérêt qu’il porte sur le sommet sur la sécurité maritime pour tenter de ripoliner son image à l’extérieur. Le sujet aurait même été abordé lors du dernier sommet de l’Union Africaine à Kigali. Les chefs d’Etat auraient apporté leur soutien au Togo dans l’organisation du sommet. «Le Président Faure Gnassingbé a rassuré tous ses homologues à Kigali sur la préparation du sommet de Lomé. Donc, le sommet aura bel et bien lieu le 15 octobre prochain », a indiqué Robert Dussey.
 
«Un chef d’Etat qui pense qu’il doit forcément rester au pouvoir, et qu’il est le seul garant de la prospérité et de la stabilité de son pays est un leader qui a échoué. Cela veut dire que pendant ses mandats règlementaires, il n’a pas pu apporter cette prospérité et cette stabilité à son pays. S’il lui faut plus de deux mandats pour y arriver, c’est qu’il n’est pas celui qu’il faut », disait Barack Obama.
 
Malheureusement, Faure Gnassingbé pense qu’il a le droit divin de gouverner les Togolais. S’il pouvait comprendre que la sagesse ne se repose pas seulement en sa seule personne et céder la place à quelqu’un d’autre pour continuer là où il s’est arrêté, le pays avancerait.
 
Source : Médard Amétépé, Liberté