Togo, Port de LomĂ© : Trafic du domanial-intĂ©rĂȘts sur les dĂ©couverts. Privatisations Criminelles. Comment le gĂ©ant s’est-t-il effondrĂ© ? Le Mode opĂ©ratoire d’un crime

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Port autonome de Lomé  (PAL), N°1 en Afrique de l’ouest, dit-on. Avec une profondeur atteignant 16,60 mĂštres, il accueille des navires de 3Ăš gĂ©nĂ©ration.

Assis sur des conditions naturelles particuliĂšres, son bassin est dĂ©limitĂ© par deux digues de 950 m et 1720 m de long, ceux-ci le protĂšge de l’ensablement. La position stratĂ©gique du PAL fait de lui le seul port sur la cĂŽte ouest africaine par lequel un navire peut joindre plusieurs capitales en un seul jour pour l’acheminement des marchandises. Ses activitĂ©s directes et indirectes devaient donc en faire un vecteur de l’économie nationale.

Le Port de LomĂ©, c’est aussi un domaine de plus de 900 hectares. Il met Ă  la disposition de ses partenaires des espaces dĂ©jĂ  amĂ©nagĂ©s ou Ă  amĂ©nager. En un mot, il a tout pour bien se porter. Mais que constate-t-on ? C’est devenu le symbole d’une baleine au large ; une baleine Ă©miettĂ©e par des privatisations criminelles, dĂ©chirĂ©e par des intĂ©rĂȘts multinationaux, pourrie de la mauvaise gestion administrative sous un regard plutĂŽt complice qu’impuissant d’un directeur gĂ©nĂ©ral grabataire. Tout ceci sous bonne escorte d’une race de voleurs Ă  col blanc appelĂ©s directeurs de dĂ©partements et de services. Comment est-on arrivĂ© lĂ  ?

Malaise de processus viciés

Pour comprendre la faillite nationale au Togo, il faut s’interroger sur le mode opĂ©ratoire des privatisations. Par rapport aux objectifs assignĂ©s par les institutions financiĂšres internationales qui, entre-temps, ont encouragĂ© les privatisations, ce mĂ©canisme dans les sociĂ©tĂ©s Ă©tatiques au Togo a produit un effet contre-productif. A confronter tous les motifs qui ont soutenu les privatisations, l’observateur averti arrive Ă  la conclusion que deux raisons ont militĂ© pour les privatisations au Togo :

  • d’abord, Ă  un moment de l’histoire, l’autoritĂ© publique s’est trouvĂ©e en panne de liquiditĂ© pour financer, non pas le dĂ©veloppement mais, sa survie politique. Alors, ayant Ă©puisĂ© les cartes des prĂȘts auprĂšs des bailleurs, les banques Ă©tant essoufflĂ©es si elles ne sont pas en faillite, l’administration des finances incapable de centraliser les fonds, ils ont dĂ©cidĂ© de vendre aux privĂ©s les sociĂ©tĂ©s qui tiennent encore debout. Cette vente appelĂ©e privatisation permet d’avoir en bloc les sommes escomptĂ©es pour financer les urgences politiques.
  • Ensuite, la deuxiĂšme raison est que certaines sociĂ©tĂ©s, dĂ©jĂ  Ă  genou, traĂźnent des scandales financiers que rien au monde ne peut expliquer. Alors, il faut les cĂ©der aux opĂ©rateurs privĂ©s afin de cacher la face hideuse de la gestion publique.

Ici commence la politique des privatisations et les sociétés étatiques les plus ciblées sont celles qui sont déjà en difficulté financiÚres. Elles sont privatisées avec leur passif, quitte à ce que des décideurs reviennent grossir le rang des actionnaires quand ces sociétés commencent à bien se porter financiÚrement.

Le pire est que toutes ces privatisations s’opĂšrent dans la plus grande opacitĂ©. Rien, par exemple, ne prĂ©sage la privatisation de Togocel. Cette boĂźte Ă©tait assez solide pour rĂ©sister Ă  n’importe quel concurrent quelque soient les opĂ©rateurs auxquels on ouvrirait le marchĂ© togolais. Mais en toute opacitĂ©, une dame a sĂ©journĂ© des mois dans des capitales europĂ©ennes et ensuite amĂ©ricaines pour rĂ©ussir les transactions liĂ©es Ă  ce qu’on veut bien designer par « ouverture du capital de Togocel ». On finira par en informer les Togolais que le gĂ©ant Orange de France est dĂ©sormais dĂ©tenteur de 65% des parts et l’Etat y garde les 35%. Ne demandez surtout pas quels sont les actionnaires qu’on dĂ©signe par «l’Etat».

Le domaine, le seul bien qui appartient à l’Etat au port

Les privatisations ont chacune sa petite histoire cousue de scandales. Tout est vendu au port sauf le domaine, c’est-Ă -dire les terres. LĂ  encore, il faut le dire, le ver est dans le fruit. Au port autonome de LomĂ©, les privatisations sont difficiles Ă  dissocier d’une race de cadres de la sociĂ©tĂ©. C’est ainsi qu’on se retrouve devant un triste constat lorsqu’on fait l’inventaire de la gestion du patrimoine foncier. La gestion du domaine portuaire est un manque Ă  gagner terrible pour la RĂ©publique. Et pourtant, aprĂšs avoir tout bradĂ©, le domanial devait ĂȘtre une des rares sources de revenue.

Nous vous disions plus haut que le domaine portuaire couvre 900 hectares. Un hectare en zone urbaine correspond Ă  12 lots. De cette superficie, une infime partie est occupĂ©e par le port pour des besoins administratifs. La grande partie est louĂ©e par les privĂ©s. Quels privĂ©s encore ? Ces terres sont louĂ©es, au mĂštre carrĂ©, par des opĂ©rateurs Ă©conomiques Ă  la limite des «opĂ©rateurs administratifs» qui y exercent diffĂ©rentes activitĂ©s, principalement la vente de tout ce qui est importĂ© d’Europe. Mais le paradoxe est que ces privĂ©s, dĂ©tenteurs de parcs et autres aires, se comptent aussi dans les rangs des dĂ©cideurs du port et des autoritĂ©s politiques. De toute Ă©vidence, Ă  ces opĂ©rateurs dits privĂ©s, le mĂštre carrĂ© est louĂ© Ă  400 FCFA par mois. L’administration du port mĂȘme se vente de ce que la location des terres au Togo soit la moins chĂšre : «Le Port de LomĂ© peut mettre Ă  la disposition de ces partenaires des espaces dĂ©jĂ  amĂ©nagĂ©s ou Ă  amĂ©nager aux prix le plus bas de la sous-rĂ©gion », peut-on lire sur le site de la sociĂ©tĂ©. A cĂŽtĂ© de ce bradage foncier Ă  400 F le mĂštre, il y a pire. Il existe une structure appelĂ©e la LCT, LomĂ© Terminal Container. Elle par exemple occupe la superficie Ă  elle lĂ©guĂ©e Ă  100 FCFA le mĂštre carrĂ©. Dans le contrat qui lie la LCT Ă  l’État togolais, il lui est louĂ© le mĂštre-carrĂ© Ă  100 FCFA. Mieux, le payement ne commence mĂȘme que douze ans aprĂšs le dĂ©but de ses activitĂ©s portuaires.

De nos recoupements, pour permettre au port de faire des recettes, des spĂ©cialistes du domanial estiment que les prix de location des terres sont trop bas et qu’il fallait faire le mĂštre carrĂ© Ă  1500 FCFA par mois. PrĂ©sentement les convoitises sont d’ailleurs fortes sur le domaine du port. C’est ainsi qu’il existe, Ă  l’heure oĂč vous lisez ces lignes, un bras de fer entre le ministĂšre des Finances et le traditionnel directeur dĂ©partemental qui gĂšre le domaine portuaire. Le premier souhaite s’approprier la gestion des terres de cette sociĂ©tĂ© Ă©tatique afin de porter le loyer du mĂštre carrĂ© de 400 FCFA Ă  5000 FCFA. Une telle flambĂ©e de prix serait aussi exagĂ©rĂ©e, d’aprĂšs les spĂ©cialistes de l’économie maritime. Le second, traditionnel gestionnaire du domaine, ne veut mĂȘme pas passer de 400 Ă  1500 CFA le mĂštre carrĂ© comme le souhaitent depuis des observateurs avertis. Pour cause, le port ne peut pas majorer sur le loyer domanial parce que la plupart de ces aires appartiennent aux cadres fonctionnaires de la boĂźte. Ne devient pas propriĂ©taire d’un parc au port qui veut, et depuis que c’est devenu la chasse gardĂ©e des agents indĂ©licats, on peut se demander si ces cadres du port Ă  la fois propriĂ©taires paient sur les locations des terres qui leurs sont cĂ©dĂ©es. S’ils paient le bien baillĂ©, est-il Ă©valuĂ© Ă  juste prix ? Inutile de rĂ©vĂ©ler que le DG en charge du domaine fait de certaines zones sa propriĂ©tĂ© d’aprĂšs nos investigations. Les Directeurs et chefs de services qui sont sensĂ©s inventer une ambition pour leur sociĂ©tĂ© sont devenus un problĂšme.

Contrairement donc Ă  ce qu’on voit, le port n’est pas louĂ© aux opĂ©rateurs privĂ©s mais, en bonne partie, Ă  une race de cadres de l’administration portuaire et aux dĂ©cideurs politiques. L’activitĂ© est tellement rentable que quand l’un des opĂ©rateurs abandonne un parc, sa reprise aiguise des appĂ©tits qui rĂ©veillent mĂȘme des guerres de clans. Ce fut le cas d’un diffĂ©rend qui a conduit des protagonistes Ă  Pya. AbandonnĂ© par un ancien prĂ©sident du Niger alors en difficultĂ©, la succession sur cette bande de terre, oĂč se vendent les voitures d’occasion, a conduit un dĂ©funt cadre du port et une maĂźtresse de la rĂ©publique devant Monsieur Faure GnassingbĂ©. Certes, on connaĂźt les Libanais et autres communautĂ©s Ă©trangĂšres friands de ces activitĂ©s. Mais ils sont parfois, si ce n’est souvent, mis devant la scĂšne que par des fonctionnaires afin de cacher les apparences.

La LCT

La LCT c’est une Ă©nigme qui fait perdre par an, beaucoup de milliards de CFA au trĂ©sor public. Mais Ă  son sujet le dĂ©bat est interdit, tous les barons et autres pontes du rĂ©gime y ont trouvĂ© un repĂšre pour faire des salaires consĂ©quents Ă  leurs enfants et protĂ©gĂ©s. Il vous souvient que dans un prĂ©cĂ©dent dossier, nous vous parlions du DG du port qui, en fin de l’exercice comptable 2016, lors d’une rĂ©union, s’est plein de ce que la LCT ait refusĂ© de lui verser plus d’un milliard de CFA. Ceci, sous le fallacieux prĂ©texte que « le contrat qui le lie au Togo ne lui fait pas obligation de payer les factures au titre desquelles le milliard lui est rĂ©clamĂ© ». Le directeur du port de poursuivre son exposĂ© en ajoutant qu’au mĂȘme moment, il ne pouvait pas faire mieux parce qu’il n’ « a jamais vu la couleur du contrat qui lie la LCT au Togo ».

Le Contre-Amiral, M. AdĂ©gnon, connu pour ses rĂ©actions impulsives, peut crier Ă  faire trembler les toits sur ses agents. Mais son pouvoir a bien des limites quand il veut se transporter dans certaines zones au port, et il en est conscient. Qui peut donc bien ĂȘtre le propriĂ©taire de la LCT pour que, construite Ă  324 millions d’Euros, le contrat signĂ© avec le terminal soit mĂ©connu du directeur gĂ©nĂ©ral du port, du moins jusqu’à l’époque couverte par notre rĂ©cit ? Et pourtant, le port a financiĂšrement participĂ© au ÂŒ les travaux de construction de la LCT. Monsieur AdĂ©gnon Ă©tait toujours prĂ©sent sur le chantier pour superviser les travaux que sa boĂźte a financĂ© Ă  travers un compte sĂ©questre ouvert dans une banque de la place. C’est ici que la thĂšse qui avance que cette nĂ©buleuse dit LCT, appartiendrait Ă  Monsieur Faure GnassingbĂ© devient sĂ©rieuse. Ce dernier Chef de l’Etat, un vĂ©ritable loup dans la bergerie, n’est pas mĂ©connu des environnements corrompus. Plus les Togolais dĂ©couvrent les avantages accordĂ©s Ă  cette sociĂ©tĂ©, plus cette information se confirme. Si la LCT n’est pas une des nombreuses faces visibles des paradis fiscaux de monsieur Faure GnassingbĂ©, quel est cet homme qui a inventĂ© le Togo au point de mĂ©riter ces avantages pour sa sociĂ©tĂ© ? Les Togolais veulent savoir.

Boluda, un prédateur qui asphyxie le port

Boluda est une entreprise espagnole mais sa filiale togolaise est dirigĂ©e par un français. Les conditions de la privatisation des activitĂ©s de remorquage et lamanage au port ressemblent d’aprĂšs notre analyse Ă  ce que les juristes appellent «le dĂ©lit d’initier». On parle de dĂ©lit d’initier quand le gestionnaire d’une activitĂ© donnĂ© voyant venir des pĂ©riodes de vaches grasses en initie la vente ou la privatisation en y introduisant quelqu’un pour anticiper sur les bons moments. La cession de ces activitĂ©s est venue dans les mĂȘmes pĂ©riodes que la construction de la LCT. M Gnofam Ninsao, ministre des transports Ă  l’époque, sait bien que l’arrivĂ©e de la LCT accroĂźtrait l’accostage des navires et donc ferait d’énormes bĂ©nĂ©fices aux services qui s’occupent des volets remorquage-lamanage.

Les techniciens nous renseignent que, Ă  destination au moment oĂč les navires Ă©voluent Ă  basse vitesse, ils sont sensibles au vent. Ils ont donc besoin d’ĂȘtre assistĂ©s. Le remorquage c’est quand les petits bateaux-remorqueurs tractent et poussent les grands navires pour les aider Ă  parvenir au quai sans dĂ©gĂąt. Le lamanage c’est le fait de se servir des «amarres» et autres outils pour fixer un navire au quai afin de le stabiliser et ensuite de le «larguer» en dĂ©liant les amarres pour son «appareillage» ou sa mise en mer. A la cession de ce marchĂ© gĂ©rĂ© de «main de loup» par Nissao Gnofam, le port qui avait dĂ©jĂ  achetĂ©, Ă  crĂ©dit, les Ă©quipements surtout les remorqueurs et autres instruments de travail, n’a fait que demander au nouveau preneur, Boluda, de payer le reste de la dette au fournisseur pour faire des instruments de travail sa chasse-gardĂ©e. Le jour oĂč cette convention fut signĂ©e, l’ex-ministre le brandissait comme Ă©tant « la meilleure des concessions ». Un chĂšque, dont personne ne connaissait la valeur, fut brandit au public prĂ©sent comme la part versĂ©e par le preneur espagnol. Inutile de rappeler que ce contrat fut signĂ© en catimini au dos du pauvre DG du port, fut-il un Amiral. La TVT y Ă©tait mais, Ă  la derniĂšre minute, il est demandĂ© aux techniciens de ne pas faire passer le reportage tournĂ©.

A l’arrivĂ©e du nouveau responsable de Boluda, l’emploi de plus de 104 agents fut menacĂ© et le preneur en difficultĂ© financiĂšre. Devant les 104 employĂ©s surexcitĂ©s, Fogan Adegnon n’a pu que faire d’une mauvaise fortune bon cƓur en ces termes, « je ne sais pas ce qui a Ă©tĂ© signĂ©, mais je sais que ce n’est pas mauvais pour vous ». Bref, tout porte Ă  croire que lĂ  aussi, monsieur Adegnon n’a rien vu du contrat.

Au port, les principales activitĂ©s portuaires, maritimes et extra-portuaires concernent, la Manutention qui s’éclate en quatre sociĂ©tĂ©s :

  • TOGO TERMINAL,
  • LOME CONTAINER TERMINAL (LCT),
  • LOME MULTIPURPOSE TERMINAL (LMT) et
  • TERMINAUX CONVENTIONNELS DE LOMÉ (TCL).

Entre autres activitĂ©s informelles se recensent les Parcs Ă  VĂ©hicule d’Occasion (PVO), un lieu de dĂ©veloppement par excellence des activitĂ©s informelles. Tous ces maillons clĂ©s de l’économie maritime sont tombĂ©s l’un aprĂšs l’autre aux mains des prĂ©dateurs et les diffĂ©rentes privatisations au port autonome de LomĂ© ont chacune sa petite histoire qui donne la nausĂ©e.

A l’évocation du nom de Progosa ou SE2M, on se rappel du bras de fer entre frĂšre ennemis. Pour une activitĂ© privatisĂ©e en 2003 par le biais de SE2M Togo, les Togolais ont eu droit en avril 2006 Ă  un Ă©pisode: l’arrestation Ă  l’aĂ©roport de LomĂ© de quatre pontes de BollorĂ© alors que leur Falcon 900 s’apprĂȘtait Ă  dĂ©coller pour Paris. Mauvaise pioche, ils Ă©taient en villĂ©giature pour fĂȘter une victoire judiciaire dans une affaire de dĂ©tournement d’actifs imputĂ© Ă  Progosa. LĂ  oĂč prospĂšre cette concurrence qui fait des heureux parmi les multinationales s’effondre une entreprise, jadis poumon de l’économie, qui prĂȘte dĂ©sormais pour assurer ses frais de roulement. Et quand une sociĂ©tĂ© Ă©tatique n’arrive pas Ă  payer ses agents sur fond propre, ne demandez pas aux journalistes de vous dire de combien elle participe au trĂ©sor public.

MĂȘme l’OTR est enrhumĂ© au port

L’OTR est crĂ©Ă© pour couper le robinet du vol aux petits agents en aval des secteurs financiĂšrement nĂ©vralgiques pour le pays. Histoire de permettre de canaliser les fonds collectĂ©s jusqu’à un guichet unique connectĂ© Ă  un grenier gĂ©rĂ© par une minoritĂ©. LĂ -bas, il n’est permis qu’à une petite Ă©lite de se servir Ă  commencer par la tĂȘte de liste, Faure GnassingbĂ©. C’est ainsi qu’une partie de l’argent collectĂ© ne loge pas forcement au trĂ©sor publique. Qu’on ne se leurre pas, en dĂ©phasage de ses ambitions, l’OTR est dĂ©sormais loin d’ĂȘtre un instrument de lutte contre la corruption. Le dĂ©partement anticorruption de l’OTR a beau initier des investigations parfois Ă  grand bruit et zĂšle pour faire croire qu’il travail Ă  mettre Ă  jour les cas de corruption d’agents. Mais les investigations commencent et finissent sans que les auteurs soient inquiĂ©tĂ©s. Les dossiers les plus heureux sont arrivĂ©s devant le juge, mais combien de cas prĂ©sentĂ©s devant le juge ont conduit les fraudeurs de l’OTR en dĂ©tention ?

Tout le monde le sait, des poches de corruptions continuent par prospĂ©rer ici et lĂ  dans le mĂ©canisme, soit par des manipulations de donnĂ©s informatiques, soit par des pouvoirs disproportionnĂ©s attribuĂ©s Ă  certains. Dans le domaine portuaire, on peut citer le cas d’un certain PiguendĂ©lĂ©wĂš AKAYA. Lui, c’est le chef division des opĂ©rations douaniĂšres au port. Ce monsieur fait partie de la minoritĂ© qui se paie encore le luxe des beaux vieux temps. Il serait de la race de ceux qui continuent par rentrer les soirs avec des sacs de jute remplis de liasses de par les prĂ©rogatives lĂ©guĂ©s Ă  leurs prĂ©cieux «poste de souveraineté». Il est sensĂ© travailler avec des tentacules logĂ©es ici et lĂ  : le CB, les responsables douaniers au niveau de la LCT, de BollorĂ©, de Togo Terminal et autres. Mais que constate-t-on ? Il n’est pas rare que le monsieur donne avis favorable Ă  un dossier parce que le propriĂ©taire lui en a graissĂ© les pattes alors que les adjoints qui sont sur le terrain ne sont pas d’accord sur la valeur imputĂ©e Ă  la marchandise. N’est-ce pas ridicule que pour un systĂšme qui se vente d’un guichet unique, de surcroĂźt informatisĂ©, des avis se contrarient sur la valeur d’une marchandise? Parfois pour donner un semblant de lĂ©galitĂ© Ă  la fraude, les grands importateurs recourent aux rabattements de valeur. Souvent les ‘‘rabattements de valeur’’ introduits au niveau de ce responsable souffrent d’incohĂ©rences, mais tout puissant, mĂȘme les interventions du contrĂŽle diffĂ©rĂ© ne le font pas plier. Oui, voilĂ  entre autres une pratique qui a existĂ© avant l’OTR et qui veut bien survivre Ă  l’OTR, et son symbole se porte bien avec la division douaniĂšre du port.

Le Sieur Akaya, c’est le poumon de l’évaluation douaniĂšre. La sortie d’un container pour lequel la valeur imposĂ©e atteint 5 millions CFA peut se nĂ©gocier Ă  son niveau Ă  1,5 ou deux millions. Le commerçant se sucre et le chef division a sa part du gĂąteau. Inutile de vous dĂ©montrer la raison pour laquelle la cour de ce directeur est tout temps animĂ©e de grands commerçants et autres transitaires qui renĂ©gocient les valeurs pourtant automatisĂ©es par un systĂšme. Bon Ă  suivre donc.

La corruption et ses monstres

La gestion de monsieur le prĂ©sident Faure GnassingbĂ© est parvenue Ă  cĂ©lĂ©brer un mariage entre la grande et la petite corruption au PAL. Cette union a accouchĂ© d’un monstre qui a effondrĂ© le port. Le propre de la corruption est qu’elle ne laisse pas de traces. L’objectif est de faire d’elle un vice impossible Ă  dĂ©noncer. Faut-il alors croiser les bras pour la regarder prospĂ©rer parce qu’elle se nourrit du mystĂšre du silence de monsieur Faure GnassingbĂ©? Nous sommes souvent devant ces Ă©vidences dont il faut prendre le courage de dĂ©montrer les fonctionnements, si on aime son pays. C’est ce que nous essaierons de dĂ©montrer dans ce dossier en nous basant sur le mode opĂ©ratoire de la corruption qui a Ă©croulĂ© le port autonome de LomĂ©. Le vice n’est pas spĂ©cifique au Togo. Toutefois au Togo, il touche de plus en plus les personnes bĂ©nĂ©ficiant d’un pouvoir de dĂ©cision. Heureusement, plus elle touche ces sommitĂ©s, plus elle fait peur mais devient difficile Ă  camoufler.

Dans nos environnements des personnalitĂ©s politiques, des fonctionnaires et cadres de sociĂ©tĂ©s Ă©tatiques se font les apĂŽtres de cette pratique. Et puisque cette race a le pouvoir de dĂ©cision, un vice se bat pour remplacer une vertu. Le Togo est passĂ© aux mains d’un prĂ©tendu diplĂŽmĂ© de l’universitĂ© de Georgetown, Faure GnassingbĂ©. Tous les secteurs nĂ©vralgiques sont enrhumĂ©s, certes, mais le port autonome de LomĂ© est celui qui, par le caractĂšre scandaleux de sa dĂ©gringolade, attire notre plume dans cette Ă©dition.

Au port de LomĂ©, ce ne sont pas des atouts qui manquent, nous en avons fait l’éloge plus haut. Mais pour bĂ©nĂ©ficier d’un vent favorable, il faut savoir oĂč on va. C’est alors que dans le mĂȘme port, M. Faure GnassingbĂ© a eu la cĂ©lĂšbre rĂ©putation de rĂ©unir la grande et la petite corruption pour gĂ©rer ce qui fut « le poumon de l’économie nationale ».

La grande corruption, c’est une corruption Ă  haut niveau oĂč les dĂ©cideurs politiques, en crĂ©ant des lois qu’ils font appliquer au grĂ© des opportunitĂ©s d’affaires, utilisent leur position officielle pour promouvoir leur bien-ĂȘtre, leur statut ou leur pouvoir personnel.

La petite corruption, c’est celle, bureaucratique, dans l’administration publique.

Les deux types de corruption ont trouvĂ© un terrain fertile au port autonome de LomĂ©. Dans un tel environnement, les barriĂšres entre la logique administrative d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et la logique Ă©conomique d’intĂ©rĂȘt privĂ© s’estompent. C’est ainsi qu’on voit dans cette sociĂ©tĂ©, surtout dans la classe des hauts fonctionnaires, des nids d’hommes riches dans un environnement public qui s’appauvrit de plus en plus.

Un exemple au port, dans un passĂ© rĂ©cent, un comptable, Ă  un moment de sa carriĂšre professionnelle, prĂȘtait son argent au port pour permettre de payer les agents avant de le rĂ©cupĂ©rer sur les recettes dont il maĂźtrise les rouages. Tout puissant, il lui est arrivĂ© de tenir tĂȘte au DG AdĂ©gnon qui finira par le faire remplacer. Ce n’est pas un hasard que, il y a quelques jours, devant les jĂ©rĂ©miades des agents face Ă  l’actuelle situation difficile du port, le DG leur a crachĂ© Ă  la face « allez voir les diffĂ©rents directeurs, ils savent oĂč se trouve l’argent». Le constat qui se dĂ©gage est donc que, partout oĂč passent l’argent, les inspecteurs des finances directeurs de dĂ©partement, chefs-service et autres rejoignent vite le privĂ© et deviennent par moment des bailleurs de fonds.

Monsieur Adegnon est venu Ă  la direction du port par la faveur de l’accord RPT-UFC. Mais la gestion n’a pas montrĂ© une rigueur qui doit rendre compte d’un tel accord. Au contraire, le DG-Maire, partagĂ© entre le port et la mairie, a laissĂ© faire ses directeurs et chefs-services. Il est entourĂ© d’un cĂŽtĂ© de directeurs proches de lui qui ne sont capables d’aucune innovation pour relancer le port, de l’autre de pesanteurs politiques qui lui considĂšrent comme un outil pour assouvir des ambitions financiĂšres Ă  partir des ressources liĂ©es Ă  l’exploitation maritime. Son entourage, soit-il politique ou professionnel s’est donc enrichis et bon nombre investissent au Ghana oĂč ils achĂštent Ă  tour de bras des maisons.

Il existe au port autonome de LomĂ© un lien trĂšs fort entre la multiplication des privatisations et les intĂ©ressements en pourcentage de certains fonctionnaires et dĂ©cideurs politiques. Nous ne voudrions pas vous informer que le jour oĂč AdĂ©gnon se plaignait de n’avoir jamais vu le contrat avec la LCT, l’ancien ministre Ayassor des finances, a promis en pleine rĂ©union de faire tout pour rĂ©cupĂ©rer ces fonds auprĂšs du crĂ©ancier indĂ©licat, mais tenez-vous bien, « ce n’est pas gratuit ». VoilĂ  un fonctionnaire, ministre des finances de son Ă©tat, qui demande un pourcentage pour aider une sociĂ©tĂ© d’État Ă  rentrer dans ses fonds.

Les administrations au Togo, surtout celles qui voient dĂ©filer l’argent comme le port, tolĂšrent la corruption. Elles s’y sont accommodĂ©es, ces environnements permettent de profiter de passe-droits. La corruption est devenue «l’oxygĂšne de la bonne marche» dans de telles entreprises d’Etat. Il est alors nĂ© une Ă©lite Ă©conomique arrogante qui ne rend compte Ă  personne pour peu qu’elle sait se servir en oubliant pas les sommitĂ©s. Au Togo, les dĂ©cideurs considĂšrent leurs positions comme un patrimoine dont ils usent Ă  satiĂ©tĂ© au grĂ© des besoins. Leur position de responsable est alors devenue un outil de chantage. Dans un tel environnement, un port a beau avoir tous les atouts, il deviendra un enfant mal Ă©duquĂ© qui ne peut rapporter que les problĂšmes Ă  ses gĂ©niteurs. Le PAL est alors devenu un cancer pour l’économie togolaise.

Il vous souvient que notre RĂ©daction avait dĂ©noncĂ© une grosse fraude Ă  la douane du port autonome de LomĂ© il y a quelques annĂ©es. La fraude c’est la falsification de donnĂ©es, de factures, la collusion et les sabotages. Le disque dur du systĂšme informatique de la douane fut alors grillĂ© Ă  dessein Ă  la douane du port. C’était Ă  l’époque de la naissance de l’OTR, quelques menus fretins ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s et l’affaire est noyĂ©e, des dizaines de milliards se sont envolĂ©s. A l’époque, un certain Bidamon Abbly Ă©tait DG de la douane. Rien n’a Ă©tĂ© fait pour l’inquiĂ©ter, il est prĂ©sentement ministre des mines.

Le PAL est l’exemple vivant de l’endettement de la RĂ©publique

Nous vous disions tantĂŽt qu’à un moment donnĂ© l’administration portuaire prend des sous auprĂšs des particuliers, soient-ils des agents du port, et les grands importateurs pour arrondir les fins de mois. Quand ce canal est essoufflĂ©, les banques ont pris le relais, ORABANK et Atlantic banque en savent beaucoup avec plus de dix milliards de dĂ©couverts destinĂ©s aux salaires des agents du port. PrĂ©sentement, les chiffres Ă  notre dispositions rĂ©vĂšlent que 1 milliard deux cent millions de CFA sont payĂ©s par an aux banques par le port au titre d’intĂ©rĂȘts sur les dĂ©couverts. Ces dĂ©couverts servent principalement Ă  payer les salaires. Chaque fin de mois est une sinĂ©cure pour ajuster les chiffres afin de payer les salaires. Pour le mois de janvier les fonctionnaires n’ont eu droit Ă  leur salaire que le 15 fĂ©vrier. Pour les salaires de fĂ©vrier, l’administration a fait un exploit pour ĂȘtre dans les dĂ©lais afin d’éviter les dĂ©bats mĂ©diatiques alimentĂ©s par le retard de fĂ©vrier. Il faut dire que les intĂ©rĂȘts sur les dĂ©couverts sont diffĂ©rents des intĂ©rĂȘts Ă  payer sur les prĂȘts principaux. Et quand les dĂ©couverts atteignent le taux tolĂ©rĂ© et que les banques deviennent rĂ©fractaires, le port fait des prĂȘts principaux pour payer les intĂ©rĂȘts. Inutile de rappeler que les taux des dĂ©couverts sont plus Ă©levĂ©s que celui des prĂȘts principaux. Ce n’est pas un hasard si au port prĂ©sentement, des fonctionnaires se renseignent dĂ©jĂ  sur les conditions de dĂ©part anticipĂ© Ă  la retraite.

Le port subit une rĂ©elle pression financiĂšre pour participer Ă  certaines rĂ©alisations. Ceci l’oblige Ă  s’endetter sans oublier que la boĂźte est dĂ©jĂ  mal gĂ©rĂ©e dans les mĂ©andres d’une privatisation aux ordres de la minoritĂ©. Au nom du fait qu’il en est le premier bĂ©nĂ©ficiaire, le PAL a contribuĂ© Ă  financer au ÂŒ du budget la LCT, le grand contournement de LomĂ©, les contournements d’AlĂ©djo, de Bafilo et de DĂ©falĂ©. Tout ceci a dĂ» ĂȘtre rĂ©alisĂ© aussi avec la contribution des prĂȘts principaux. Une bonne partie de tout cet «effort de guerre» est un endettement qui attend Ă  ĂȘtre payĂ© aux banques. Au titre de l’exercice 2018, le PAL n’a versĂ© aucun franc pour le payement des dettes contractĂ©es. L’administration du port autonome de LomĂ©, c’est aussi une boĂźte qui a du mal Ă  recevoir la livraison des gadgets et autres comestibles de l’administration parce que les fournisseurs ont du mal Ă  se faire payer aprĂšs service. On se demande d’ailleurs s’il faille en rire ou pleurer puisque c’est les mĂȘmes cadres du port et autres proches des sphĂšres de dĂ©cision qui ont crĂ©Ă© ces entreprises de livraison et services.

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Tout comme la SNPT, SociĂ©tĂ© Nouvelle des Phosphates du Togo, le PAL, Port Autonome de LomĂ©, est un don du ciel Ă  gĂ©rer par l’autoritĂ© publique. C’est un bras gĂ©nĂ©reux de mer Ă  saisir pour rendre heureux tout un peuple. Mais, mal gĂ©rĂ©, plus le temps passe, plus il devient difficile d’en occulter les tares qui s’affichent Ă  la grande cour. Tous les ingrĂ©dients de la corruption sont rĂ©unis au Togo. Le port ne veut pas se faire conter le rĂ©cit, il en paie les frais.

Parlant de la corruption, il faut dire que notre pays est aussi une terre fertile pour l’extorsion qui se porte bien, sinon trĂšs bien. L’extorsion, c’est l’argent obtenu par la coercition ou la force. Inutile de vous rappeler que, si on veut se limiter Ă  un seul exemple, les braquages qui, parfois sur fond de mort d’homme font disparaĂźtre d’importantes sommes ont tous les Ă©lĂ©ments pour ressembler Ă  une extorsion organisĂ©e au sommet. Les DĂ©tournements de fonds, c’est le sport favori de certains hommes publics. Tous ces exemples viennent du sommet de l’Etat. Devant un tel clichĂ© grossi du nĂ©potisme, les fonctionnaires d’une sociĂ©tĂ© d’Etat ont des motifs pour collaborer avec les mauvaises maniĂšres. C’est le fruit de la mauvaise gouvernance, d’un cadre lĂ©gislatif tronquĂ© par des institutions caporalisĂ©es qui autorisent aux fonctionnaires d’ĂȘtre des hommes d’affaires afin de justifier les biens dĂ©jĂ  mal acquis. Le systĂšme judiciaire qui balbutie au biberon d’un manque de transparence ne peut aucun miracle dans une dĂ©mocratie aux ordres d’un gouverneur Ă  la fois prĂ©sent et absent partout oĂč passe l’argent.

Au Togo, la gouvernance par l’exemple se fait dans le sens de la pyramide inversĂ©e. L’indĂ©licatesse des cadres de la RĂ©publiques se nourrit donc de ces exemples de tous les jours. Le port autonome de LomĂ© est, de toute façon, une caricature vivante de la gestion de la RĂ©publique togolaise. Voici oĂč nous en sommes avec la corruption dans sa version portuaire au Togo. En l’absence de mesures efficaces, le flĂ©au tel que dĂ©crit au port peut compromettre notablement les efforts d’un pays pour l’instauration d’une bonne gouvernance en rĂ©duisant considĂ©rablement les ressources disponibles pour la lutte contre la pauvretĂ©.

Au Togo, chaque entreprise Ă©tatique traĂźne ses casseroles, comprenez donc qu’à dĂ©faut du mieux, on vende aux populations des programmes de dĂ©veloppement sans lendemain financĂ©s par un endettement insolvable. Bonjour les PND, Programme National de DĂ©veloppement, et ses ancĂȘtres. VoilĂ  qui augmente l’incertitude, qui crĂ©e un environnement d’insĂ©curitĂ©, une tendance Ă  la mise en cause de la stabilitĂ© sociale et politique. Une autoritĂ© corrompue peut tout sauf exercer un contrĂŽle rigoureux sur les actes des fonctionnaires et des opĂ©rateurs Ă©conomiques.

Le niveau atteint par la corruption au Togo ne permet plus de dissocier l’image de monsieur Faure GnassingbĂ© de la mafia qui anime ce flĂ©au. D’oĂč le dĂ©sintĂ©ressement des bailleurs de fonds Ă  un tel environnement mĂȘme si des promesses sont dĂ©jĂ  servis Ă  la table pour les plus naĂŻfs des opĂ©rateurs. Le plus compliquĂ© au Togo, c’est l’impossible diagnostique. Il est impossible de savoir de quel mode de gouvernance souffre le Togo. Le systĂšme politique n’est pas suffisamment Ă©quilibrĂ© pour poser les bases d’une solution, quelle qu’elle soit. On se trouverait sous une monarchie de droit divin, oĂč le pouvoir du monarque Ă©mane de la grĂące d’une divinitĂ©, que Monsieur Faure aurait eu un minimum d’égard et d’écoute pour les ordres religieux. Alors, c’est une monarchie constitutionnelle ? On s’y retrouverait Ă  l’aise si dans la pratique, les dĂ©marches de monsieur le prĂ©sident Ă©taient limitĂ©es par une constitution forte qui a des garde-fous que l’autoritĂ© n’ose pas violer. Enfin, on se venterait d’une monarchie constitutionnelle si le prince et sa gestion se reconnaissaient redevables devant un parlement digne d’une reprĂ©sentativitĂ©.

Une seule certitude, les Togolais se savent malades d’une monarchie. Une monarchie Ă  la limite d’une dynastie qui tolĂšre mal la reddition des comptes tout comme la contestation. A dĂ©faut de se faire diagnostiquer pour poser les bases d’une solution, un tel mythe, oĂč le trait d’union entre la politique et l’économie est la corruption, tarit d’abord ses sources de revenue avant de d’imploser de son mystĂšre.

Abi-Alfa

 
Source : Le Rendez-vous 337 du vendredi 08 Mars 2019
 

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