Togo : Pour avoir «volé» le décret de Dieu: Faure face à un mandat qui s’annonce éprouvant !

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Depuis le 3 mai 2020, par sa prestation de serment, Faure Gnassingbé est de plain-pied dans son nouveau et quatrième mandat. Une réélection contestée par la Dynamique Kpodzro qui accuse le pouvoir de Lomé d’usurpation d’un décret divin, sans conséquence. Comme semble le témoigner, d’ores et déjà, la succession des faits.

Le feuilleton «22 février» et ses épisodes

Vol du décret de Dieu. Le terme est de Mgr Kpodzro, au lendemain de la victoire de Faure Gnassingbé que la Dynamique Kpodzro qualifie toujours d’un énième Hold Up électoral. Convaincu de sa victoire, le candidat de cette Dynamique, Gabriel Messan Kodzo, malgré les tentatives d’intimidation du pouvoir, au travers de ses multiples convocations par le Service central de renseignements et d’investigations criminelles (Scric) et sa présentation au parquet, ne désarme toujours pas. Même placé sous contrôle judiciaire, l’ancien Premier ministre continue par clamer sa victoire. Par conséquent, croit toujours à la jouissance du pouvoir, se basant surtout sur les éléments en sa possession. Une ferme conviction qu’il tient, selon ses dires, de sa ferme assurance de l’opérationnalisation de la promesse de Dieu.

En effet, la Dynamique Kpodzro qui porte le nom de son promoteur, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro a bâti sa genèse sur la foi en Dieu, une conviction qu’elle définit comme la clé de voute qui va ouvrir les portes de l’alternance au Togo.

Défiance à Dieu…

Dans ses incessantes charges et piques contre le pouvoir de Lomé, l’ancien Président du Haut Conseil de la République (HCR), par des prédictions aux allures de malédictions, promet un mandat des plus difficiles aux conséquences désastreuses pour le régime de Lomé et ses dignitaires. Ceci, pour avoir commis le crime de lest majestueux d’avoir défié Dieu, dans son omnipotence. Un engagement politico-religieux plein et ouvert en faveur de l’alternance, à tout prix, qui vaut au doyen des évêques du Togo, injures, railleries et bien d’autres qualificatifs discourtois, voire révoltants de la part des adeptes de l’immobilisme et de la léthargie politique. Mais alors…

Des faits qui interrogent

Qu’à cela ne tienne, force est de constater que depuis la prestation de serment de Faure, pour son quatrième mandat, le pays enregistre une série de décès qui interroge la conscience collective. D’une part, l’assassinat du Col Toussaint Bitala Madjoulba, Chef corps du Bureau d’Intervention Rapide (Bir), retrouvé sans vie, dans son bureau, dans des conditions jusqu’alors non élucidées, et l’accident mortel, quelques jours après, d’un convoi de militaires de retour mission à Kara dans lequel ont tous péri, les quatre Forces de Défense et de Sécurité (Fds) dont le Secrétaire Général du Chef d’Etat Major des Force Armées Togolaises (Fat).

De l’autre part, l’assassinat, par un élément des Fds, de Mohamed, le jeune débrouillard, laveur de voiture à Avedzi Sun City, puis ceux des victimes du couvre-feu à Adakpame, à Baguida et à Avedzi, pour ne citer que ces quelques exemples.

Au coeur de toutes ces bavures qui ont ôté la vie à des togolais, les Forces de défense et de sécurité censées plutôt protéger la vie de leurs concitoyens.

Par ailleurs, l’on ne passera pas sous silence les décès successifs de Edem Kodjo et Yawovi Agboyibo, deux Premiers ministres de Faure. Deux tristes événements, certes naturels, mais pas anodins. Ceci, en ce sens que les deux (2) regrettés chefs de gouvernement qui ont eu à collaborer avec le fils du général ont, chacun, pris soin de le conseiller, mieux, l’avertir de renoncer à un quatrième mandat avant qu’ils ne quittent finalement le monde des vivants. Un vœu nourri par la majorité des togolais mais toujours resté sans suite. Tout simplement par le bon vouloir d’une minorité de personnes qui, pour plaire au Prince, torpillent allègrement les lois de la République aux fins d’une continuité profitable à la clique.

Les lueurs d’un mandat éprouvant

De toute analyse faite, il s’avère que les dernières évolutions de l’actualité, surtout en son sein, renvoient des signaux évidents que l’armée dans sa globalité, malgré son silence, ne sera plus jamais aussi soudée derrière le Prince, si ce n’est la poignée de quelques officiers caïd et caciques aux intérêts vaniteux, familiaux et tribaliste. Ceci ajouté à la complexe équation politique, donnent de l’eau au moulin du Prélat qui, dans sa «langue serpentine» contre tout fossoyeur de la volonté du peuple, prédit un mandat assez éprouvant et fastidieux pour Faure, aussi bien longtemps qu’il gardera avec lui le décret de Dieu, au détriment du propriétaire, Agbeyome Kodzo.

Source : Fraternité

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